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30/04/2009

Un projet de "éco-rénovation urbaine"

Le quartier Vesterbro à Copenhague au Danemark : une requalification qui intègre les habitants
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TYPE DE QUARTIER

Ville : Copenhague 500 000 habitants
Site : Quartier ancien de Vesterbro
Initiative, Volonté initiale : Etat du Danemark, puis ville de Copenhague

ACTEURS

La ville de Copenhague
Le bureau coopératif de consultants pour la rénovation urbaine
Le centre pour la rénovation de Vesterbro
L’Etat
Les associations de quartiers
Les propriétaires
Les consultants

CONTEXTE

Copenhague, ville capitale de 500 000 habitants, forme le coeur d’une région urbaine abritant 1,7 millions d’individus, soit près du tiers de la population danoise.

Copenhague appartient à la vaste région Öresund qui englobe les régions de Scanie (Suède) et du Zealand (Danemark). Depuis l’an 2000, le pont Öresund - qui assure la liaison directe entre Copenhague et Malmö - enjambe le détroit pour mieux les relier.

Construit entre 1850 et 1920, le quartier de Vesterbro autrefois appelé “Inner Vesterbro” aligne des immeubles de 5 ou 6 étages maximum datant, pour 90% d’entre eux, d’avant 1900. L’insalubrité y est répandue :

64% des appartements ne possèdent pas de chauffage central ni d’alimentation en eau chaude sanitaire,

71% ne sont pas équipés de salles de bain

et 11% n’ont pas de WC.

Environ 6 100 habitants vivent à l’origine dans ce quartier très dense : étudiants principalement, mais aussi immigrés, retraités, chômeurs,... souvent en grande précarité. Propriété de particuliers ou de la ville, la plupart des appartements étaient en location.

Inéluctablement, le quartier commence à se transformer en ghetto où règnent le trafic de drogue et la criminalité et où le taux de chômage (20%) est deux fois supérieur à la moyenne nationale.

À l’issue d’une enquête, le Gouvernement décrète un “Acte de renouvellement urbain et d’amélioration des logements” qui fixe les grandes lignes des actions à mener, charge aux municipalités d’assurer les projets de rénovation.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU QUARTIER

• Objectifs politiques et dispositifs de management du projet

En 1990, la ville de Copenhague crée un groupe de travail, au sein du département de l’Énergie, de l’Eau et de l’Environnement, chargé de réfléchir à la mise en oeuvre d’un plan de rénovation urbaine écologique sur le quartier ancien de Vesterbro.

Les premiers objectifs sur le quartier ont principalement pour but de réduire l’insalubrité ambiante.

En 2001, 10 objectifs de développement durable sont ajoutés :

système de chauffage urbain
énergie solaire passive
économies d’eau
économies d’électricité
murs végétalisés
gestion des déchets
pollution des sols
centre d’information écologique
mobilité
zones vertes

En 2004, la ville met en place des agences locales de l’Agenda 21 de Copenhague dans chacun des grands quartiers.

• Coproduction locale avec les habitants

L’une des originalités du projet de rénovation de Vesterbro est sans conteste la participation active des habitants à chaque étape du programme.

L’équipe de consultants a pu dialoguer avec les résidents pour finaliser les choix de rénovation. Pendant près d’un an avant le démarrage des travaux, un processus de concertation s’est déroulé selon plusieurs étapes, allant de la planification des axes et des objectifs généraux à une liste de priorités par blocs d’immeubles. Un délai de 8 semaines leur a été laissé pour faire connaître leurs objections au projet et leurs suggestions. Une fois les différentes remarques compilées et étudiées, les plans d’actions par îlots ont pu être définis.

Pendant la rénovation, certains résidents ont été relogés temporairement par la société de rénovation urbaine, en fonction de l’importance des travaux à réaliser dans les appartements. Quelques-uns uns ont été complètement refaits à neuf et voient leur surface habitable modifiée : combinaison de deux appartements pour n’en faire qu’un, division d’un grand appartement ou destruction et disparition de certains autres avec une expropriation à la clé...

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Les espaces semi-privatifs de l’îlot

• Suivi, évaluation, capitalisation et partage, bilan des impacts sur les modes de vie

Des critères d’évaluation, spécifiques au quartier, ont été mis en place. Ils assurent le suivi de l’opération dans son ensemble et des progrès réalisés. Les projets de rénovation alimentent également une banque de données nationales sur l’écologie urbaine.

PERFORMANCES ENVIRONNEMENTALES DU QUARTIER

• Energie

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L’objectif général est l’intégration de techniques de réduction de consommation d’énergie dans la rénovation des immeubles du quartier. Cette démarche recherche en priorité une bonne qualité de l’air intérieur, un confort thermique pour les occupants et des économies, grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Le choix s’est surtout porté sur le solaire. Bonne orientation (au sud) des bâtiments, chauffe-eau solaire, cellules photovoltaïques, etc... On notera aussi l’utilisation de compteurs électriques individuels.

• Eau

Des critères d’évaluation, spécifiques au quartier, ont été mis en place. Ils assurent le suivi de l’opération dans son ensemble et des progrès réalisés. Les projets de rénovation alimentent également une banque de données nationales sur l’écologie urbaine.

• Déchets


Les communes danoises gèrent l’ensemble des déchets (ordures ménagères, déchets industriels...) : 50% vont à l’incinération, 3% sont mis en décharge et 47% dont destinés au recyclage.

A Vesterbro, des containers sont mis à disposition dans les cours intérieures des immeubles pour effectuer le tri d’une douzaine de types de déchets : verre, plastique, fraction biodégradable, métal, journaux, emballage cartons, vêtements, médicaments, peintures, acides, outils de nettoyage, compost...

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• Déplacements

Durant ces dix dernières années, le trafic a augmenté de 15% à Copenhague. Les services municipaux ont donc décidé d’élaborer un nouveau plan de déplacements urbains respectueux de l’environnement.

Ce document détaille la stratégie pour une mobilité durable dans la ville et la manière dont les impacts sur l’environnement peuvent être réduits.

Quelque 45 000 appartements dans Copenhague sont exposés au bruit du trafic à un niveau supérieur à 65 dB. À Vesterbro, l’isolation renforcée des immeubles a été choisie à la fois pour ses performances thermique et phonique.

Conséquence inattendue de la rénovation du quartier, la hausse du nombre de voitures particulières - pour se rendre sur les lieux de travail, situés dans les banlieues, mais également pour partir en week-end à la campagne - due à la croissance des revenus des habitants.

Cette augmentation des véhicules génère des problèmes de stationnement et de maîtrise des espaces publics. En conséquence, des places de parking ont dû être aménagées en périphérie du quartier.

La ville de Copenhague soutient fortement l’utilisation de la bicyclette en zone urbaine. Elle entretient un réseau de pistes et de routes cyclables qui est un modèle en Europe, et poursuit ses efforts par des mesures pratiques : développement de location gratuite de vélos dans plusieurs endroits de la ville (système de consigne), construction d’abris...

À Vesterbro, grâce aux cheminements piétonniers, les habitants profitent des efforts engagés en matière de verdissement du quartier. La mixité fonctionnelle de ce dernier leur permet, la plupart du temps, de se rendre à pied au supermarché, chez le médecin, à l’école et au travail.

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

La ville de Copenhague applique la politique architecturale en vigueur au Danemark, à savoir privilégier le remplacement des vieux immeubles dont le caractère historique ou les éléments de façades ne sont pas indispensables à l’harmonie du quartier ou des îlots d’immeubles.

Encourager la construction de nouveaux bâtiments, dont l’architecture s’intègre au quartier, permet d’offrir des logements aux normes actuelles de qualité avec des espaces de vie plus grands.

Les bâtiments sont parfois dotés de murs végétalisés. Les anciennes cours intérieures des îlots ont été remplacées par des espaces verts pouvant être équipés d’abris pour les vélos, de containers à déchets, mais également d’étendoirs à linge.

Armés de ce principe, les architectes danois ont su créer à Vesterbro des blocs d’immeubles harmonieux mêlant des constructions d’architecture très contemporaine avec des bâtiments existants rénovés

• SOURCES Bibliographie/entretiens


www.miljoe.kk.dk/la21

www.areneidf.org
WWW.EUROPEANGREENCITIES.COM/DEM

Munich, une aire compacte, urbaine et verte.

Munich en Allemagne, "une ville durable" :

Le " München Perspektiv " est le schéma de planification de la ville. Il a été adopté en 1998 après plusieurs années de discussion entre les différents partenaires. Son slogan est de garder l’aire urbaine de Munich compacte, urbaine et verte. Ce plan couvre tous les domaines du développement urbain : l’économie, les problèmes sociaux, le transport, l’environnement et l’urbanisme. Le principal objectif est d’éviter l’expansion urbaine non maîtrisée en réutilisant systématiquement les friches urbaines et en promouvant la mixité fonctionnelle (résidentielle, commerciale et services) afin de garder la ville compacte.

CONTEXTE

• Un engagement ancien

Munich a participé en 1994 à la Conférence d’Aalborg. En signant la Charte du même nom, la Ville a adopté ses lignes directrices. Dès l’année suivante, la ville décide de créer son agenda 21.

• Une tradition de coopération

La ville de Munich a depuis longtemps laissé une place importante à la coopération et à l’engagement civique dans ses choix de développement.

Le principe de " négocier au lieu de diriger" traduit bien cette tradition de coopération.


DEMARCHE

• Une approche holistique


Le plan intègre les dimensions économiques, sociales, régionales et écologiques au développement spatial. Les directives du plan concernent l’emploi, la prospérité économique, la coopération dans la région, la compétitivité de l’espace économique, le renforcement du rôle des quartiers, l’utilisation des potentiels d’espaces existants en ville pour créer des structures d’habitat durables, la mobilité pour tous et la maîtrise de la circulation automobile.

Il adopte donc une approche intégrée qui décloisonne les différents domaines du développement urbain.

• Une structure flexible

Le " München Perspektiv " prend en compte cette culture coopérative grâce à sa structure ouverte et flexible.

Au lieu d’accumuler des mesures et des objectifs très détaillés, le plan propose des modèles, des cibles à atteindre et des principes généraux qui doivent être mis en oeuvre dans les projets pilotes.

Des objectifs plus précis sont ensuite concrétisés dans des programmes d’action budgétisés et minutieusement planifiés.

Ces programmes d’action sont en général élaborés avec la participation intensive des différentes chambres professionnelles, des associations, des entreprises et du public, en particulier avec les élus des 25 conseils d’arrondissements. Ils sont adoptés après de longues discussions publiques au sein du conseil municipal.

• Les grandes lignes

Le plan définit sept grandes lignes d’action pour le développement de Munich : la prospérité économique, la coopération régionale, l’apaisement social à travers des politiques sociales au niveau local, l’aménagement des quartiers, le développement du centre prioritairement au développement périphérique, une architecture mêlant tradition et modernité, une mobilité adaptée à la ville. Le " München Perspektiv " a été évalué et révisé deux fois en 2000 et 2005. De nouvelles grandes lignes ont été ajoutées concernant la sécurité, la cohésion sociale, la politique familiale, l’écologie, la culture, les nouveaux médias et le sport. Pour mettre en oeuvre les projets pilotes et les programmes d’action, des groupes de travail incluant les acteurs privés ont été créés.

MONTAGE

• Une myriade de projets

Les résultats de la consultation et de la planification ont été par exemple :

un recueil dont le titre est "Munich, une ville durable" où 60 contributions de différents partenaires et experts exposent la richesse des sujets liés au processus de l’Agenda 21 ;
un accord sur 44 projets conformes aux exigences du développement durable ;
un programme "Eco-profit" auquel participent 27 entreprises avec 13 000 salariés ;
la décision du parlement municipal de financer la construction de la "Maison du Monde" ;
en coopération avec les habitants et la Ville la création de la fondation " Munich durable " ; (Zukunftsfähiges München) qui soutiendra la réalisation des projets conçus dans le cadre de l’Agenda 21 ;
le projet " compas de la durabilité " qui vise à élaborer des indicateurs pour un développement durable de Munich.

• Une action pour les espaces naturels publics

Il faut mentionner par ailleurs l’adoption d’une série de décisions du parlement municipal qui vont dans le sens de la création d’espaces publics, dans la ville. Elles concernent, entre autres, la mise en réseau des espaces verts à l’intérieur de la ville, mais aussi leur liaison avec les corridors verts des environs, la mise en place d’un réseau de biotopes au sein de la ville, la réalisation d’une cartographie des biotopes, le développement d’une ceinture verte qui communique avec les environs, l’aménagement d’une partie des berges de l’Isar, la création d’un parc paysager de 200 ha à l’endroit où se trouvait l’ancien aéroport de Riem, à l’est de Munich, l’aménagement d’espaces paysagers dans la ville, l’enquête sur le besoin en terrains de jeux pour enfants, l’analyse, tous les trois ans, des arbres dans la ville aux rayons infrarouges.

• Une Gestion De L’eau Avant-Gardiste : création d’un " filtre naturel d’épuration de l’eau "

Tout commence il y a plus de quarante ans.

A cette époque, le système d’alimentation en eau de la ville à partir des eaux de la vallée du Mangfall est mis en place. Bien que distante de 40 km, cette vallée, qui assure aujourd’hui 80 % de l’approvisionnement de l’agglomération est choisie pour sa pluviométrie élevée, la capacité filtrante des sols, et surtout pour son altitude, qui permet une adduction gravitaire.

La municipalité procède à l’acquisition des terres agricoles du bassin hydrographique du Mangfall. La plupart des terrains sont ensuite boisés.

L’idée, avant-gardiste pour l’époque, est de créer un filtre naturel épurateur des eaux, lequel est "propriété de la ville " sur 1600 ha. La gestion et l’exploitation de ces boisements est assurée par le service forestier municipal pour le compte du service municipal des eaux. Une stratégie payante puisque - 1200 analyses microbiologiques et 200 tests chimiques mensuels en font foi - les 110 millions de m3 consommés chaque année par les habitants de Münich et ses 20 communes environnantes sont, sans traitement préalable, d’une qualité qui s’apparente à celle d’une eau minérale.

Début des années 90, toutefois, le service des eaux note la très lente (mais constante) augmentation des teneurs en polluants d’origine agricole. Certes, les chiffres sortis des éprouvettes sont loin d’être inquiétants, très loin de tout seuil de dangerosité mais l’alerte est tout de même prise très aux sérieux. Acquérir des terres dans le périmètre des zones de captages pour les boiser est une solution vite écartée compte tenu des tensions sur le foncier.

La ville décide donc d’encourager l’agriculture biologique sur l’ensemble des terres agricoles situées en amont de la vallée du Mangfall. Elle va intervenir très directement, sur tous les maillons de la filière, de la production à la commercialisation, se faisant par ailleurs fort d’assurer des débouchés aux produits biologiques dans ses propres établissements : crèches, cantines...

Par ailleurs des aides sont mises en place pour convertir les agriculteurs. La première année (1993) 23 exploitations contractualisent pour une surface totale de 800 ha. En 1999, ils sont 92 sur environ 2200 ha dont 1600 ha dans la zone proprement dite de conversion et 600 ha à l’extérieur. Il reste 15 derniers agriculteurs qui ne sont pas encore convertis. Pour la municipalité, le coût du programme de soutien à l’agriculture biologique - 0,83 M euros /an (soit 1 centime d’euro par m3 d’eau distribué) - n’est pas excessif dans la mesure où la ville évite de coûteux traitements. A titre de comparaison, le coût de la seule dénitrification est estimé en France à environ 30 centimes d’euros/m3. Le projet est une réussite, la progression de la pollution des eaux s’est arrêtée.


• La redistribution de la plus-value foncière

La ville de Munich a développé un modèle de prélèvement sur la plus-value foncière engendrée par des opérations d’aménagement. Les deux-tiers de l’augmentation du prix du foncier revenant normalement à un aménageur doivent être réinvestis dans l’amélioration des infrastructures et dans le logement social. Cette mesure découle de la loi fédérale sur l’équité sociale, adoptée en 1994. Selon cette loi, une municipalité peut décider de changer le statut d’occupation du sol d’un terrain à faible valeur foncière, comme par exemple un terrain industriel, en un terrain à haute valeur foncière, afin qu’il devienne un terrain destiné à recevoir des bureaux ou un terrain résidentiel, créant ainsi une augmentation artificielle du prix foncier. Un tiers de cette plus-value foncière revient au propriétaire, et le reste est redistribué pour les infrastructures et financement de logements sociaux.

• Le contrôle des projets urbains

Un comité consultatif examine attentivement chaque projet urbain avant la phase de réalisation. Il est constitué d’experts, de politiciens du conseil municipal et du conseil d’arrondissement ainsi que d’aménageurs et de techniciens de la ville qui vérifient que le projet ne s’oppose pas aux grandes orientations d’aménagement choisies pour l’agglomération.

• Un lieu d’interface : le bureau d’information sur l’aménagement urbain

Un bureau d’information sur l’aménagement urbain, " PlanTreff ", offre une interface entre les différents acteurs de l’aménagement. Il organise des manifestations, des expositions, des visites guidées pour le public intéressé, les comités de quartiers, les architectes, les universitaires, les médias... Il présente aussi des projets venant d’autres pays européens pour susciter le débat sur la manière de faire de l’aménagement urbain durable. Des cours et des concours sont organisés spécialement pour impliquer les jeunes générations sur la question de la ville durable.

EVALUATION

• Une gestion globale et évolutive du durable

Malgré la complexité de la tâche qu’elle s’était imposée, la ville de Munich a su développer une dynamique complète et évolutive de la gestion de son territoire créer grâce, notamment, à la participation de très nombreux acteurs. La municipalité a su être conciliante et attentive lors des phases d’élaboration, mais aussi ferme et entrepreneuse lors de la mise en place des projets.

Résultat : un espace réfléchi, maîtrisé, et en constante amélioration.

25/04/2009

L'écoquartier, brique d'une société durable

L'écoquartier - ou quartier durable - cristallise en ce moment une énorme attention en France, en Suisse et en Allemagne. C'est vrai aussi bien dans la société civile qu'au sein des autorités publiques, tandis que les professionnels de la construction n'ont aucun intérêt à rester à l'écart de cette tendance.

L'écoquartier vise tout à la fois pour le milieu urbain des économies d'énergies et de matière, une meilleure gestion de l'eau, la mobilité douce, une qualité de vie faisant la part belle à la nature en ville et, plus fondamentalement, un urbanisme et des styles de vie durables. A la fois vitrine et symbole d'une évolution positive en profondeur de la société, l'écoquartier est l'expression tangible d'une politique intelligente de la ville et, en même temps, un fair-valoir pour ses promoteurs.

Au vrai, l'écoquartier propulse une écologie habituée à provoquer rejet et dénonciation en fer de lance d'un projet de société constructif et enthousiasmant, associant un mieux-être immédiat à la prise en compte à long terme de l'environnement. En apportant en outre une réponse à la dimension collective du défi écologique et en permettant de réelles avancées sur ce plan, l'essor des écoquartiers maintient à flot l'espoir que l'humanité saura relever la tête.

Ce blog est dédié aux écoquartiers en Europe et tout particulièrement à l'écoquartier Vauban situé à Fribourg-en-Brisgau en Allemagne. Il fait référence en Europe et de nombreuses collectivités s'en inspirent. Il concentre toutes les applications concrètes d'un quotidien écologique : maisons basse énergie, maisons passives, architectures solaires, production d'énergies renouvelables centralisée et décentralisée, mobilité douce, mixité sociale... etc.

Découvrez maintenant l'écoquartier Vauban dans toute sa dimension urbanistique, sociale, environnementale au travers des rubriques, liens et album photos. Je vous invite notamment à une visite virtuelle et en français en cliquant sur le premier lien intitulé "visite virtuelle du quartier Vauban". Laissez le temps aux vidéos de se télécharger pour mieux les visionner. De même, attendre une bonne minute pour visionner le diaporama de la centaine de photos prises sur place en avril 2009.

Vous êtes...
- dirigeant et/ou cadre dans les domaines de l'économie, de la politique, de l'éducation ou des sciences,
- spécialiste dans l'artisanat, le commerce, l'industrie, le tourisme ou l'administration,
- membre d'un groupement d'intérêts, d'une association ou d'une initiative citoyenne,
- une entreprise de production et de distribution d'énergie, une banque ou assurance,
- promoteur, architecte, ingénieur, installateur, urbaniste, sociologue ou écologiste,
- professeur, étudiant ou écolier,
... intéressé par les applications concrètes du développement durable, des énergies renouvelables ou de l'architecture écologique, ce blog est fait pour vous et pour la promotion des écoquartiers.

Quartier Vauban : en résumé

L'écoquartier Vauban de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne : en chiffres et en résumé
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TYPE DE QUARTIER

Site : Situé en périphérie de Fribourg (263 000 habitants), à moins de 3 km du centre ville, le quartier Vauban s ‘étend sur 38 ha ou se trouvaient d’anciennes casernes de l’armée française, quittées par celles-ci en 1992.

AVANCEMENT DU PROJET


Début des travaux en 1994, fin en 2006.

LES ACTEURS

- Maîtrise d’Ouvrage publique : ville de Fribourg
Maîtrise d’Ouvrage construction : agence Stuttart Kohlhoff et Kohlhoff

EMPRISE AU SOL


Superficie de l’opération : 38 ha

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FORMES URBAINES

Hauteurs : 4 étages au maximum
Typologie : cité jardin

PROGRAMME


Nombre de logements : 200 dits alternatifs, 600 étudiants et 2 000 individuels et collectifs à terme = 5 500 habitants pour 2 000 logements

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ANALYSE
CONTEXTE


Début des années 1970 : mise en route d’une politique de transport écologique assortie d’un plan de déplacement : promotion des transports publics et mode de transport non motorisés, extension du réseau du tramway et cyclables.
Milieu des années 1980 , naissance du concept de planification énergétique insistant sur les énergies renouvelables et les économies d’énergie.
1989 : décision de classer les rues principales de Fribourg en zone 30 km/h
1996 : plan global de protection du climat adopté par le conseil municipal avec pour objectif de réduire de 25% les émissions de CO2 d’ici 2010.

Objectif :

Réaliser une cité jardin qui propose une synthèse entre la ville et la campagne
1997 : la viabilisation démarre
1998 : les premières constructions (450) sont livrées
1999 : la 2ème tranche démarre, elle concerne 86 parcelles d’une surface de 160 à 620 m2 destinées à la construction de maisons en bande, maisons jumelées et petits collectifs de 4 étages.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER


Outils de management du projet (volonté politique, objectifs politiques)

Mixité des emplois, des habitations et des couches sociales
Création de 600 emplois regroupés pour la plupart sur les 6 ha destinées aux activités industrielles et artisanales.

Coproduction locale avec les habitants :

Association « Forum Vauban » au double objectif :
permettre à la population de participer au processus d’aménagement et de construction
coordonner cette participation

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DEVELOPPEMENT SOCIAL ET ECONOMIQUE DE L’UNITE DE VIE LOCALE

Outils de management du projet (volonté politique, objectifs politiques)

Respect du principe de mixité sociale
En 1995 la ville initie le processus de participation citoyenne et reconnaît l’association Forum Vauban, outil de participation qui est consulté dès le démarrage de la planification du quartier.

Démocratie locale

Une maison de quartier
Aménagement urbain dans le respect des personnes handicapées
Centre d’information « Forum Vauban »
Eglise, commerces le long du boulevard principal, marché de petits producteurs
Formation des enfants à la culture écologique.

Organisation de la mixité culturelle et générationnelle


Maison de quartier et centre socioculturel accueillant les associations locales : Burgerhaus 037 (ancienne baraque)
Les anciennes baraques rénovées sont occupées par le collectif SUSI (soit une partie des individus ayant occupé illégalement les casernes dès leur libération et qui sont à présent régularisés).
Forte participation citoyenne par la constitution de baugruppen (groupes désireux de construire leur logements et d’organiser la vie dans leur îlot).
Ecole élémentaire, jardins d’enfants.

PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie, Eau et Déchet + Paysage et Biodiversité
Ambiances et formes urbaines

Le quartier Vauban est l’un des plus grands quartiers solaires d’Europe.

Les sols des terrains ont été dépollués Maîtrise énergétique, puisque la référence de consommation sera le label habitat à basse énergie (65KM/m2/an)
Préservation des biotopes du terrain (bord du ruisseau qui traverse le site)
Priorité accordée aux piétons, cyclistes et transports en commun
Utilisation rationnelle de l’énergie (réseau de chaleur de proximité sur la base d’une centrale de cogénération)
Préservation des arbres centenaires, jardins privatifs non clôturés d’où l’impression d’espace ouvert
Exploiter les eaux de pluie (lavage du linge, arrosage des jardins chasse d’eau des toilettes de l’école élémentaire)
La toiture des petits immeubles accueille 2 500 m2 de panneaux voltaïques raccordés au réseau national de distribution électrique qui rachète les KWh excédentaires et des panneaux solaires sont installés sur l’un des garages à silos du quartier

Objectifs de conception architecturale et urbaine (évolution, adaptabilité, réversibilité)

Découpage du terrain en petites parcelles
Recherche de la diversité architecturale selon des pratiques anciennes revisitées (mitoyenneté des maisons)
1 place de parking au maximum par logement
Personnalisation des logements par la couleur, fortement appréciée par les habitants.

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

Diversité fonctionnelle, formelle et spatiale


1ère livraison : maisons en bandes et collectifs + commerces et 4 bâtiments rénovés de l’ancienne caserne.
11 des anciennes baraques ont été conservées et rénovées, elles occupent une superficie de 4ha. 4 d’entre elles sont affectées à 200 log alternatifs formant le collectif SUSI.

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Sécurité et risque, sûreté et santé.

Le piéton et le cycliste sont rois, tout le quartier et un grand nombre de larges ruelles leur sont réservés, les vélos sont tous équipés d’une remorque pour le transport.

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SOURCES


http://alliance21.org/fr/themes/territ/terr01.htm/
http://www.vauban.de
http://www.forum-vauban.de
http://www.susi-projet.de
http://www.genova-freiburg.de

Le programme "Home Energy Strategy"

Eco-réhabilitation à Leicester en Angleterre :
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Le programme " Home Energy Strategy " se focalise sur la réhabilitation énergétique des bâtiments existants en mettant en place des mesures réglementaires, incitatives et de sensibilisation.

CONTEXTE

• Pourquoi parler d’éco-réhabilitation ?

Parce que le quartier durable se fait à partir du quartier d’aujourd’hui. Ce n’est en effet qu’avec une action efficace et systématique sur le tissu urbain existant que la ville durable pourra se mettre en place. La priorité est de réduire la consommation énergétique des logements, qui représentent, selon l’Agence Internationale de l’Energie, plus du tiers de la consommation d’énergie dans le monde. L’amélioration de l’efficacité énergétique doit permettre de résoudre ce problème. Il existe beaucoup de solutions techniques pour améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment. La question n’est donc pas comment améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment, mais plutôt, comment inciter les propriétaires à réaliser les travaux et comment les aider à financer ces travaux?

• Le durcissement progressif de la réglementation nationale


En 1965, la " Building Regulations " introduit pour la première fois des objectifs énergétiques dans les constructions nouvelles.

Cette limite est fixée par la " u-value " qui mesure le total des pertes de chaleur par mètre carré pour chaque degrés Celsius de différence entre l’intérieur et l’extérieur.

En 2003, l’" Energy White Paper " formule des orientations pour une meilleure efficacité énergétique dans la construction des bâtiments. Et en 2006, la réglementation sur l’efficacité énergétique est renforcée. La "u-value " est remplacée par la " Dwelling Carbon Dioxide Emission Rate " (DER), qui mesure la quantité d’émissions de dioxyde de carbone par m2 de surface bâtie. Cet indice prend aussi en compte l’étanchéité à l’air d’un bâtiment, l’efficacité du système de chauffage et l’utilisation d’autres sources d’énergie. Pour la première fois, il devient obligatoire d’améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment existant lors de travaux d’extensions ou de rénovations. Depuis août 2007, il est devenu obligatoire, conformément à la Directive Européenne, d’obtenir un d’un " certificat de performance énergétique " pour pouvoir vendre son logement.

En 1995, la loi HECA " Home Energy Conservation Act " oblige les autorités locales à promouvoir l’amélioration de la performance énergétique des logements sur leur territoire.

• Leicester, une ville leader


Leicester est engagée depuis longtemps dans le domaine de la maîtrise de l’énergie. En 1983, la ville a créé le " Leicester Ecology Trust " qui incite les instances européennes à financer un programme d’action sur dix ans portant sur la réhabilitation écologique du tissu urbain. La municipalité lance en 1991 une action globale de réhabilitation environnementale de la ville.

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DEMARCHE

• Le partenariat et des organismes pour multiplier les actions


1. Le " Groundwork Leicester & Leicestershire " est aujourd’hui l’association d’intérêt public la plus importante dans le domaine de l’environnement en Grande-Bretagne. Elle fournit des informations, des conseils et des aides techniques aux particuliers et aux organisations décidés à s’engager vers un future plus durable. Cette Agence de l’Energie de Leicester est chargée de promouvoir la maîtrise de la consommation énergétique auprès du grand public et des petites et moyennes entreprises.

2. Le Centre de l’Efficacité Energétique ouvert depuis 1998 est l’un des 43 centres britanniques soutenu par le "Energy Saving Trust" pour promouvoir la campagne nationale "Energy Efficiency Campaign" destinée à impliquer le public et à le sensibiliser aux questions d’efficacité énergétique.

Tous ces organismes aident la municipalité à mettre en place le programme "Home Energy Strategy".

• La démarche " Home Energy Strategy "

Le nombre de constructions nouvelles sur le territoire urbain est très limité. Par conséquent, la Ville a comme objectif prioritaire la réhabilitation du bâti existant. Cependant, la réhabilitation des immeubles par leurs propriétaires est ardu du fait de la situation économique difficile. Afin de réduire la consommation totale d’énergie de la ville (30% provient du secteur de logements privés), la Ville a défini le programme "Home Energy Strategy" qui vise à aider et inciter les propriétaires à réhabiliter leur logement.

MONTAGE

• Des mesures obligatoires

Différentes mesures ont été prises dans le cadre du programme " Home Energy Strategy ". En ce qui concerne les constructions nouvelles, les standards énergétiques doivent atteindre 9,5 sur l’échelle du " National Home Energy Rating Scheme " (NHER). Le NHER est le système national de classement énergétique dans l’habitat, qui va de 0 (mauvaise qualité), à 10 (très bonne qualité), la moyenne britannique se situant entre 4 et 5. De plus, quand la municipalité loue des logements, les lieux doivent être réhabilités. Malheureusement, ces mesures sont limitées à cause des contraintes budgétaires de la Ville. Si la Ville vend des terrains pour construire de nouvelles maisons, elle impose comme condition de vente, un standard NHER de 8 au minimum.

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• Des mesures incitatives

Dans le secteur des logements privés, la municipalité a développé une stratégie globale d’action pour informer et motiver cinq groupes cibles : les habitants, les artisans du bâtiment et de l’électricité, d’autres services de l’administration, les compagnies d’électricité, les banques et les sociétés de construction.

Cela permet de donner de la cohérence à l’ensemble du secteur.

En partenariat avec l’Agence de l’Energie, la municipalité a développé un service à destination des propriétaires afin de les inciter à investir pour réaliser des économies d’énergie. L’opération vise à développer un marché pour des technologies et services économes en énergie. Pour cela, les entreprises productrices de matériaux et d’équipements, ainsi que les installateurs et les vendeurs, sont invités à devenir gratuitement partenaires du l’opération.

Chez ces partenaires, les clients obtiennent une réduction sur présentation d’une carte. Les membres peuvent aussi demander gratuitement un bilan énergétique de leur logement pour calculer le meilleur moyen de faire des économies d’énergie et identifier les subventions dont ils peuvent bénéficier.

• Des mesures de sensibilisation

En 2000, le "Groundwork Leicester & Leicestershire", a développé avec le soutien du Conseil Municipal un modèle de maison écologique en rénovant une maison individuelle des années 1930. La maison écologique constitue une exposition permanente pour montrer comment réduire les dépenses énergétiques.

Des campagnes thèmatiques sont régulièrement organisées pour informer les gens des problèmes d’environnement qui les affectent directement et les encourager à une action simple et pratique pour améliorer leur qualité de vie et l’environnement.

Chaque campagne fait appel à des media locaux et régionaux pour diffuser largement son message. Des offres promotionnelles ou des subventions sont mises en place pour réduire la barrière des coûts et favoriser des actions simples et concrètes.

Pendant la campagne sur l’énergie, on pouvait ainsi acheter des panneaux réfléchissant la chaleur des radiateurs à prix coûtant et 30 000 ont été vendus. Les bénéfices individuels apportés par une participation à l’action, ainsi que les bénéfices pour l’environnement, sont mis en évidence pour motiver le public.

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EVALUATION

• L’importance de la communication

La ville de Leicester a bien compris l’importance de l’information et de la sensibilisation du public. Plusieurs organisations spécialisées dans ce domaine travaillent de façon coordonnée en partenariat avec le Conseil Municipal et des entreprises privées. Elles donnent en permanence des conseils pratiques adaptés aux besoins des particuliers et des formations à l’utilisation de technologies énergétiques.

SOURCES :


La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
http://www.energie-cites.org/
http://www.oecd.org
Damien Petit, stagiaire MAD (DGUHC)

Un projet de quartier durable situé sur la péninsule de Greenwich dans la banlieue est de Londres.

Greenwich Millennium Village à Londres en Angleterre :
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Le « Greenwich Millennium Village » est un projet de quartier durable situé sur la péninsule de Greenwich dans la banlieue est de Londres. Le projet se déroule en deux phases : une première phase, déjà achevée, de 1999 à 2006 où 1100 logements ont été construits et une deuxième phase de 2007 à 2014 durant laquelle 1650 logements supplémentaires doivent être construits.

CONTEXTE

• Le programme “Millennium Communities”

Ce programme a été lancé par l’agence nationale de rénovation urbaine, « English Partnerships », et par le ministère des collectivités et du gouvernement local afin de créer sept quartiers durables exemplaires au Royaume-Uni.
Le programme “Millennium Communities” se donne l’objectif de montrer comment des communautés durables peuvent être construites au XXIème siècle afin de donner de l’inspiration aux industriels du bâtiment et aux acheteurs.

• La reconversion de la péninsule de Greenwich

Le site de la péninsule de Greenwich, ancienne zone industrielle, fait l’objet d’une opération de reconversion de grande ampleur (121ha). Il s’agit de créer à l’est de Londres un nouveau quartier multifonctionnel comptant à terme 10 000 habitants. La construction proche du Dôme du millénaire, le plus grand du monde, a joué un rôle moteur dans cette opération. La péninsule est desservie par la ligne de métro Jubilee, récemment prolongée. L’originalité du projet est d’organiser un développement reposant sur le concept de développement durable, en utilisant des techniques d’aménagement et de construction d’avant-garde. C’est dans ce cadre que le quartier « Greenwich Millennium Village » a vu le jour.

DEMARCHE

• Un concours international

En juillet 1997, le vice-premier ministre, John Prescott lance un concours international pour trouver un aménageur capable de créer un quartier exemplaire en matière de développement durable. En février 1998, le vainqueur du concours est sélectionné. Le quartier va être aménagé par « Greenwich Millennium Village Limited », un consortium comprenant « Countryside Properties PLC », une société privée d’aménagement, et « Taylor Woodrow Developments Limited », un promoteur privé.

• Un quartier vitrine

Le « Greenwich Millennium Village » se veut un quartier vitrine des nouvelles techniques de construction plus durables. Les objectifs d’innovation technique fixés pour la première phase sont élevés : réduire la consommation d’énergie primaire de 80%, l’énergie utilisée pour la construction de 50%, la consommation d’eau de 30%, le prix de la construction de 30% et la durée des travaux de 25%. Les objectifs de la deuxième phase de 2007 à 2014 sont encore plus ambitieux.

MONTAGE

• L’application des labels environnementaux

Le projet met en application la « BREEAM Rating » (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) pour évaluer la qualité environnementale d’un bâtiment. C’est la méthode de labellisation la plus largement reconnue au niveau international. Elle a été initiée en 1990 par l’organisme principal de recherche dans la construction au Royaume-Uni, le BRE. L’évaluation est basée sur des cotations attribuées selon un ensemble de critères de performance. Les neufs critères principaux sont : la gestion, santé et confort, énergie, transport, consommation d’eau, matériaux, utilisation du sol, écologie du site et pollution. Le contenu de la méthode est mis à jour tous les ans pour s’assurer de la prise en compte des meilleures pratiques en vigueur et tenir compte des évolutions techniques et législatives.

• Un plan d’aménagement à taille humaine

Le plan d’ensemble du quartier est organisé autour d’un parc écologique. Le principe du square londonien est réintroduit afin de rendre l’espace public à taille humaine, vivant et convivial. Le parc écologique couvre 50 hectares. Il est constitué d’une dizaine de milliers d’arbres et d’arbustes. Un lac est relié à des étangs avec des roseaux et des îles pour attirer les oiseaux. La gestion de ce parc est assurée par English Partnerships. Le village promeut les modes de transport durable comme la marche à pied et le vélo. Une ligne de bus relie le quartier à la nouvelle station de métro situé dans le nord de Greenwich. Un important réseau de cheminements piétons et cyclables a été aménagé pour inciter les habitants à se déplacer à pied ou à vélo. De même, des stationnements pour vélo ont été installés un peu partout dans le quartier.

• L’efficacité énergétique des bâtiments

Tous les logements ont des équipements peu consommateurs d’eau et d’énergie. Le plan d’ensemble du quartier et l’orientation des immeubles ont été conçus pour maximiser les gains d’énergie solaire. La chaleur et l’électricité dont le quartier à besoin est produite directement sur le site grâce à des petites centrales combinées chaleur et électricité au gaz. Ces centrales ont l’avantage de produire une source d’énergie peu chère et peu polluante. Enfin tous les logements ont une isolation thermique de qualité.

EVALUATION

• Des résultats prometteurs

Les résultats de la phase initiale sont prometteurs. La consommation d’énergie primaire a été réduite de 65% (amélioration des standards d’isolation, utilisation combinée de la chaleur et de l’électricité), la consommation de l’énergie utilisée pour la construction de 25% (sélection de matériaux recensés par le « BRE green guide », utilisation de produit recyclés), la consommation d’eau de 25%. Enfin, le prix des constructions a été diminué de 20% grâce à une valorisation de l’ingénierie, à une coopération avec les fournisseurs et à une standardisation des procédés de construction.

• Mettre en marche le secteur privé

Derrière les performances techniques, ce qui est intéressant, c’est la volonté de l’Etat de mettre en marche le secteur du développement durable en stimulant le secteur privé. Des partenariats sur le long terme ont été arrangés avec les industriels de la construction. Ils sont ainsi encouragés à investir dans la recherche et l’innovation sur le développement durable.

SOURCES :

La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
Damien Petit, stagiaire MAD (DGUHC)

24/04/2009

Un bon exemple de développement urbain durable en Europe.

Quartier de la Südstadt à Türbingen en Allemagne :
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La Südstadt est constituée de deux quartiers, anciennes casernes militaires françaises, séparés par une voie routière d’importance régionale, la « Stuttgarter Strasse ».

CONTEXTE

• Le réaménagement du centre ville

Dès les années 1980 et 1990, le centre de Tübingen a été réaménagé selon les principes du développement durable : construire un centre ville compact, avec une densité élevée, une mixité fonctionnelle importante, tout en réduisant au maximum la place de la voiture.

• Un individu moteur

Andreas Feldtkeller, responsable du réaménagement du centre ville de Tübingen, a initié l’idée de construire un quartier mixte à la place de l’ancienne base militaire française au Sud de la ville. Il a été l’initiateur et le moteur de ce projet expérimental.

DEMARCHE

• La Ville pilote du projet

L’ambition de l’équipe municipale est, sur le long terme, d’apporter un bon exemple de développement urbain durable en Europe.

Toutes les décisions d’orientation stratégique sont votées au sein du conseil municipal par un comité spécialement créé pour le réaménagement du quartier Südstadt.

Les objectifs généraux sont d’endiguer la péri-urbanisation en concentrant le développement urbain à l’intérieur de la ville, de réduire les déplacements individuels motorisés, de promouvoir les modes doux, d’améliorer les conditions de vie et de travail dans la ville et, plus généralement, de revaloriser l’ensemble du quartier.

Le projet est coordonné par le service municipal de rénovation urbaine, le « Stadtsanierungsamt », en charge pendant 25 ans du réaménagement du centre-ville.

Ses compétences incluent la planification, l’attribution des options de construction, la vente des terrains, l’aménagement des équipements publics, la coordination avec le public, et la communication sur le projet. Le service reçoit l’assistance d’autres services municipaux et celle d’entrepreneurs privés.

• Des citoyens aménageurs

La ville a demandé aux habitant d’être de véritables acteurs, des « fondateurs de ville ».

Pour cela, elle les incite à former des groupements de constructions. Ce sont des groupes d’individus ou de familles qui collaborent pour construire leur maison sur une base coopérative.

La démarche est initiée par une campagne de communication : publicités sur les terrains à vendre dans les médias locaux, organisation d’évènements publics qui servent de plate-forme participative où les gens intéressés pour former un groupement de construction peuvent se rencontrer.

Lorsqu’un groupement est formé, la Ville peut décider de lui accorder une option sur un site pour une période de six mois. Pendant ces six mois, les groupements de construction doivent commanditer un architecte avec une ébauche de projet et savoir quel type d’activité non résidentielle pourrait s’implanter au rez-de-chaussée des immeubles. Pendant cette période, les groupements peuvent encore décider d’agrandir ou réduire leur terrain.

Une rencontre publique est ensuite organisée pour sélectionner les groupements qui vont pouvoir réaliser leur projet. La ville doit justifier chaque rejet de candidature. Une fois que le projet est validé, la vente du terrain est achevée. Lorsque la construction des immeubles est terminée, les groupements de construction se transforment en associations de propriétaires, légalement équivalent à des syndicats de copropriété.

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MONTAGE

• Un plan d’aménagement flexible


Le projet urbain ou « Rahmenplan », est constitué d’une partie écrite fixant les objectifs physiques et sociaux, et d’un plan d’ensemble réalisé par une équipe d’étudiants en architecture sélectionnés par appel d’offre.

Le document a été enrichi en parallèle par un processus de participation publique rythmé par une série d’ateliers.

Un « Bebauungsplan » est ainsi élaboré après le « Rahmenplan ». Il définit la forme et la taille des parcelles, les densités maximales, pour un ensemble de 2 à 5 îlots. Ces deux documents d’urbanisme, couramment utilisés en Allemagne, ont une valeur réglementaire.

Dans le cas de Südstadt, ils ont été élaborés de manière plus flexible afin de laisser la possibilité aux groupements de construction de moduler les règles en fonction de leurs besoins et de leurs intérêts.

Le plan d’ensemble du quartier ne définit que l’alignement des îlots. La hauteur, la profondeur, la forme et le style architectural des immeubles peuvent varier selon une certaine fourchette. Ce principe génère une grande diversité architecturale qui rappelle les quartiers urbains qui se sont développés au fil du temps.

Le plan d’ensemble se soustrait aux zones réglementaires définies par le plan d’urbanisme de Tübingen. A la place, il exige des groupements de construction qu’ils implantent une fonction résidentielle aux rez-de-chaussée des immeubles.

• Une incitation à la mixité sociale

Il n’y a pas de logements sociaux planifiés.

A la place, la taille des parcelles doit rester flexible. De cette manière, les ménages à revenu modéré peuvent acheter une parcelle de petite taille et construire dessus la densité maximale autorisée. Le prix du foncier est ainsi répercuté sur un grand nombre de personnes.

Les coûts peuvent être encore diminués par une contribution à la construction. Ces mesures permettent de rendre possible la mixité sociale dans le quartier, mais ne suffisent pas à la rendre effective.

La municipalité a donc gardé un autre levier pour favoriser la diversité des origines sociales. Lorsqu’un groupement de construction est formé, elle peut décider de lui accorder une option sur un site pour une période de six mois. Cette option est accordée à condition que chacun des membres du groupement ait une garantie de solvabilité de leur banque et qu’ils réalisent une évaluation de la composition sociale du groupe. La municipalité peut ainsi promouvoir la mixité sociale dans le quartier en obligeant le groupement à déterminer sa composition sociale.

• Un droit de préemption adapté

La « Städtebauliche Entwicklungsmassnahme » permet à la municipalité d’acheter du foncier à bas prix (car non aménagé), pour ensuite le viabiliser en construisant les infrastructures nécessaires (réseaux divers). En revendant les terrains constructibles au prix du marché, elle peut couvrir les frais avancés pour l’achat et la viabilisation du foncier.

L’outil « Städtebauliche Entwicklungsmassnahme » offre beaucoup de possibilités d’innovation en termes de planification et de réalisation. Il permet à la municipalité de contrôler jusqu’au bout l’aménagement du quartier. Cette procédure peut être invoquée par une collectivité locale « si cela est nécessaire pour servir l’intérêt général... particulièrement en cas de pénurie de logements ou pour l’emploi » et « quand ces objectifs ne peuvent pas être atteints par des contrats conventionnels ».

• Les groupements de construction : un outil de développement urbain


La municipalité acquiert l’ensemble du foncier et le partage en plusieurs petits lots qu’elle revend à des groupements de construction, constitués généralement de 5 à 30 parties (individus, copropriétés, couples, familles...).

Ces groupements de construction commanditent ensuite un architecte et un entrepreneur pour effectuer la conception et la construction de leurs maisons. Ainsi aucun promoteur privé n’est impliqué dans le processus.

Ce système engendre un développement à partir des lots de terrain : comme chaque groupement ne peut s’occuper que d’un volume limité de bâtiments, chaque îlot est constitué d’immeubles originaux. Le principe de ces groupements est simple. Des maîtres d’ouvrages privés s’associent dès le début de la phase de planification. Le bâtiment n’est alors pas réalisé par un maître d’ouvrage unique. Des économies sont faites par la suppression des frais de publicité et d’agence et permettent ainsi de mieux satisfaire les besoins spécifiques des habitations. Les habitants sont ainsi responsabilisés lors de la construction de leur maison. Ils s’impliquent donc plus dans la planification du quartier et s’identifient davantage avec leur environnement.

• Un quartier dense

Le GRZ (Grundflächenzahl) est, dans l’urbanisme allemand, une mesure de la densité qui indique le pourcentage de terrains qui peut être construit sur une parcelle (emprise au sol). Dans le quartier de la Südstadt, le GRZ doit être compris entre 0,6 et 0,8 (soit entre 60% et 80%), ce qui est relativement élevé.

En combinant cet indice à la hauteur moyenne des immeubles (entre 4 et 6 étages), on arrive à une densité urbaine comparable à celle des centres urbains des villes moyennes.

• Le piéton roi

Le stationnement est interdit à l’intérieur du quartier sauf pour les personnes à mobilité réduite.

Les conducteurs sont autorisés à s’arrêter pendant trois minutes pour charger et décharger. Les voitures doivent être garées dans des parkings automatiques à plusieurs étages situés à 300 m des immeubles résidentiels. Ces parcs de stationnement sont gérés par des sociétés privées.

Une mesure innovante permet aux habitants de devenir facilement et prioritairement actionnaires de cette société privée. Il est impossible de posséder sa propre place de stationnement afin d’optimiser au maximum le parc de stationnement et pour qu’il puisse aussi être utilisé par les visiteurs et les employés travaillant dans le quartier.

La sécurité et le confort des piétons est assuré par des mesures de restriction du trafic routier (dans la plupart des rues la vitesse autorisées ne dépasse pas 7 km/h) et par l’éclairage des rues et des cheminements piétonniers.

EVALUATION

• Une alternative à la périurbanisation

La plupart des appartements sont habités par des propriétaires occupants et il y a une sur-représentation des familles avec enfants en bas âges. Cela reflète la volonté de la municipalité de rendre ce quartier accessible aux familles à revenu moyen, primo-accédantes, qui sont les éléments moteur de l’étalement urbain.

• Des coûts moindres


Les immeubles coûtent moins cher car la marge habituellement prélevée par les promoteurs sur le coût total de la construction est supprimée grâce à cette méthode participative.

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• Une ambiance urbaine

Le processus incrémental de développement du quartier a créé un tissu urbain organique, visuellement très varié. Le quartier a développé un caractère urbain original et vivant. Les courtes distances à pied et l’atmosphère vivante du quartier ont attiré beaucoup de commerces.
L’absence de stationnement sur rue offre un environnement agréable pour les piétons qui est aussi propice pour les jeux des enfants.

• Une qualité architecturale variable

Sur le plan des bâtiments, le résultat reste mitigé. Certains immeubles sont d’une qualité architecturale moyenne. Mais l’implication des futurs propriétaires constitue une véritable valeur ajoutée, surtout au niveau des finitions et des jardins. Beaucoup de groupements ont notamment investi dans les techniques écologiques comme des panneaux solaires et des systèmes de chauffage performants.

• Une mixité sociale controversée

La mixité sociale reste controversée. Une étude a montré que le nombre de résidents diplômés de l’université est au dessus de la moyenne nationale. De même, les résultats électoraux montrent une surreprésentation des électeurs de gauche. La composition en fonction du revenu est par contre beaucoup plus variée. On ne sait toujours pas si la flexibilité dans la conception et la réalisation d’un projet urbain peut réellement remplacer des subventions ou des logements sociaux. Dans le cas de Suedstadt, les ménages à revenu modéré ont bénéficié d’avantages fiscaux au niveau national qui ne sont aujourd’hui plus en place.

Quoi qu’il en soit, le quartier de Sütdstadt à Tübingen est une grande réussite. C’est un très bon exemple de réutilisation de friches, de densité, de diversité, et de participation citoyenne.

Encore plus d'informations sur les écoquartiers

Le développement d'éco-quartiers est plus que jamais à l'ordre du jour
AMENAGEMENT - Actu-Environnement.com - 21/10/2007

http://www.actu-environnement.com/ae/news/eco_quartiers_g...

Le dossier spécial Ecoquartiers de la revue des équipes d’urbanisme Diagonal extrait de la revue diagonal n°178 de nov 2008 (format PDF - 6.4 Mo) :
Cliquer sur le lien suivant puis dans Actualité et Eco-quartiers : un concept qui prend forme
http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/

Orléans s'inspire de l'écoquartier Vauban

Un écoquartier à Orléans ? L’exemple de Fribourg Vauban - 11 décembre 2008 par Baptiste CHAPUIS

Un Écoquartier est un quartier urbain conçu de façon à minimiser l’impact négatif sur l’environnement, visant une autonomie énergétique et en cherchant à diminuer l’ empreinte écologique mais aussi à assurer un lien social de convivialité entre les citoyens.

Il permet d’intégrer à une échelle restreinte toutes les dimensions de la ville durable, de la qualité des bâtiments aux modes de déplacement, de la production de l’énergie à la gestion de l’eau, de la mixité des fonctions à celle des catégories sociales.

Exemple de Fribourg :

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Fribourg-en-Brisgau, ville de 217 000 habitants, située de l’autre côté du Rhin, à 50 km de Mulhouse, a atteint sa notoriété internationale grâce à la réalisation d’un éco-quartier novateur, « Le quartier VAUBAN ».

…..VAUBAN, c’était à Fribourg le nom d’une caserne des Forces Françaises en Allemagne qui a quitté le site en 1992. En 1994, la ville a acheté le terrain d’une superficie de 34 ha, afin d’y construire un quartier pilote en matière écologique. La construction a durée de 1998 à 2006, pour accueillir près de 2000 logements et à terme 5500 habitants, ainsi que de créer des pôles d’activités offrant près de 600 emplois.

VAUBAN est aujourd’hui le quartier de Fribourg où la moyenne d’âge est la plus basse. On y voit aussi une architecture étonnante : des toits équipés d’installations solaires, des immeubles modernes et colorés, bâtis par des collectifs de construction (une sorte de coopérative de construction) et non par de gros promoteurs.

Des habitants aménageurs :

Le quartier VAUBAN est aménagé avant tout par les habitants eux-mêmes. Ceux-ci s’identifient à leur quartier. On y voit des tramways qui circulaient bien avant que les derniers immeubles ne soient construits, mais pas de voitures. De même, l’école, les jardins d’enfants, les terrains de jeux et une maison de quartier étaient déjà en place lorsque les habitants se sont installés.

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Les citoyens ont été associés aux discussions et ont pu faire part de leur vision du quartier dès la première étape du projet, dans le cadre d’une procédure participative. C’est ainsi qu’est né un quartier conçu non pas de manière bureaucratique, sans se préoccuper des gens, mais élaboré en commun avec eux.

Cette voie est plus difficile que les procédures de planification habituelles. Elle demande plus de temps et exige que toutes les parties : citoyens, conseil municipal, administrations et architectes, soient prêtes à faire des compromis, à accepter des opinions différentes et à se respecter mutuellement. Mais cette voie conduit aussi à de meilleurs résultats.

Avec les citoyens, nous avons défini les objectifs directeurs et les principes de base établissant le cadre structurel du nouveau quartier. Ces objectifs sont les suivants :

· - un quartier pour les familles,

· - un quartier où les enfants peuvent grandir dans un environnement de qualité,

· - un quartier écologique pour l’approvisionnement énergétique, les transports, l’aménagement des terrains de jeux et des espaces non bâtis,

· - un quartier où les habitants peuvent vivre agréablement sans voiture et disposer néanmoins de bons moyens de transports,

· - un quartier avec de nouvelles formes d’habitats, par exemple avec des collectifs qui conçoivent et construisent ensemble leur immeuble,

· - un quartier où l’on peut vivre et travailler avec de bonnes infrastructures publiques et privées, avec une école, des jardins d’enfants, des commerces pour les besoins quotidiens et des emplois.

Objectifs atteints :

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Aujourd’hui, l’aménagement du quartier VAUBAN est terminé, plus de 5000 personnes y vivent. Dans aucun autre quartier de Fribourg ne vivent autant de jeunes familles avec de jeunes enfants. Dans aucun autre quartier les enfants et les adolescents ne trouvent d’aussi bonnes infrastructures.

Le concept écologique du quartier est unique. Une centrale thermique à bois a été construite pour fournir chaleur et électricité. Des standards d’isolation thermiques plus exigeants que les dispositions légales sont en vigueur dans le quartier : constructions à basse consommation d’énergie, maisons à énergie positive, c’est-à-dire des maisons qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. La plupart des toits sont équipés d’installations solaires.

VAUBAN est un quartier pratiquement sans voiture particulière. De nombreux habitants ont choisi de vivre là car ils peuvent se passer de leur voiture personnelle et se déplacer en tramway ou à vélo et utiliser le covoiturage pour leurs autres déplacements privés. Aujourd’hui, moins de 90 habitants de VAUBAN sur 1000, utilisent une voiture particulière. Alors qu’en Allemagne 50% de la population possède une voiture. Ce nombre est de 40% pour la ville de Fribourg et de 9% pour VAUBAN.

70% des immeubles et des appartements ont été conçus et construits par les habitants eux-mêmes, selon leurs propres idées et en fonction de leurs besoins personnels, dans le cadre de collectifs de construction ou de projets individuels. Cette démarche se traduit par une architecture créative, très variée, attractive et un esprit communautaire particulier. Les gens vivent ensemble et non pas de manière anonyme, les uns à côté des autres.

Plusieurs centaines d’emplois ont été créés à VAUBAN. Différents commerces permettent de se procurer tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne.

Un développement durable :

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Le développement urbain durable implique, dans la pratique, que nous pensions la ville avant tout comme un espace où vivent des êtres humains, que nous déterminions notre politique essentiellement en fonction des besoins et des attentes des citoyens. Ce principe sera fructueux si nous réussissons à impliquer les citoyens, Les gens ne veulent pas d’un projet tout prêt, élaboré de manière bureaucratique. Ils veulent avoir la possibilité et les moyens de prendre part aux décisions. Ils veulent présenter leurs propres idées, car ce sont eux, en fin de compte, qui vivront dans cet espace et ils veulent s’y sentir bien.

Celui qui a participé activement à la conception et à l’aménagement de son quartier s’identifie au résultat et se sent responsable de ses biens et des équipements publics. Pour nous les Maires, pour nos Mairies, nos Conseils Municipaux et nos administrations municipales, cette voie implique que nous modifions notre façon de penser. Nous devons partager nos compétences en matière d’aménagement urbain avec les citoyens et en retour, nous gagnerons leur engagement.

C’est pourquoi la réalisation du quartier VAUBAN, à Fribourg, est bien plus qu’une simple expérience. C’est un modèle de conception du développement urbain pour l’avenir, pour et avec les citoyens.

Un exemple à suivre pour le terrain des Groues à Orléans…

L'écoquartier Vauban à Fribourg-en-Brisgau

Quartier Vauban, Quartier zéro voiture à Fribourg.

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Je me suis rendu sur place le 13 avril 2009. Il se dégage de ce quartier une réelle atmosphère de bien être et de plénitude. Sa réputation dépasse les frontières de l'Allemagne puisque plus de 5.000 visiteurs, essentiellement francophones (belges, français, québécois), viennent chacun année le découvrir.

La diversité de l'architecture, l'importante présence de verdure, les larges allées entre les immeubles, les très nombreux parcs verts pour se divertir toutes générations confondues, le nombre très importants de bicyclettes et l'absence de voiture sont les premiers éléments qui frappent le visiteur. Puis la magie des lieux opère : une véritable réussite. L'urbanisation au service des personnes et non l'inverse.


L'écoquartier Vauban en 91 photos : (Diaporama photos taille réelle en cliquant sur l'album photos colonne de droite).

La très forte participation citoyenne pour la conception et la réalisation de ce projet est sans aucun doute une donnée essentielle quant à la réussite de cet écoquartier. La population a pu largement s'exprimer au travers de groupes de travail sur les aspects liés à la mobilité, à l'énergie, au social, aux logements, à l'économie...

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Le quartier Vauban est un écoquartier de la ville de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne. Situé à 3 km au sud du centre-ville de Fribourg, ce terrain accueillait une caserne construite en 1936 et occupée après la Seconde Guerre mondiale par les forces françaises stationnées en Allemagne (FFA). En août 1992, les militaires libèrent cet espace, posant de fait la question de son avenir.

Après une période durant laquelle les baraques sont occupées illégalement par des populations marginales, la municipalité lance en 1996 les opérations de renouvellement du secteur, en s’appuyant sur une démarche de développement durable.

Onze anciennes baraques ont été conservées et rénovées, occupant un terrain d’une superficie de 4 hectares. Quatre d’entre elles sont affectées à 200 logements alternatifs formant le collectif “SUSI” (Selbstorganisierte unabhängige Siedlungsinitiative). Ces logements sont habités par une partie des personnes ayant occupé illégalement les casernes dès leur libération et qui sont à présent régularisées. Six autres baraques accueillent 600 logements pour étudiants. Une ancienne baraque enfin, nommée Burgerhaus 037, est transformée en maison de quartier et en centre socio-culturel
accueillant les associations locales.

Les 34 hectares restants ont été restructurés et consacrés à la création de 2000 logements et de 600 emplois, dont la plupart sont regroupés sur 6 hectares destinés aux activités industrielles et artisanales. Pour 2006, cette implantation devrait donc compter 5000 habitants répartis dans 2000 logements, avec une densité d’une centaine de logements à l’hectare.

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Une démarche participative :

Selon Ina RANSON (1), la ville de Fribourg proposa dès les débuts de la planification du quartier une “participation élargie” dépassant le cadre indiqué par la loi. Les personnes intéressées ont pu se réunir dans des cercles de travail coordonnés par le “Forum Vauban”. Constitué en association des citoyens, le Forum qui est financièrement soutenu par la Ville dispose d’un bureau qui sert aussi comme centre d’information.

Le quartier Vauban a ainsi connu une forte participation citoyenne au projet et a connu la constitution de nombreux baugruppen. Ces “groupes de construction” sont le fait de personnes désireuses de construire leur logement. Elles se regroupent ainsi afin de définir l’organisation de leur îlot ou de leur immeuble au cours de multiples réunions précédant la transmission de leur projet à un maître d’œuvre. Ces baugruppen apportent quelques avantages par rapport aux démarches classiques :

- création de relations de voisinage antérieures à la construction de l’habitat ;
- réduction des coûts de construction par des économies d’échelle ;
- possibilité de mettre en commun quelques équipements, tels que l’approvisionnement en énergie solaire, le chauffage ou encore les jardins, afin de réduire leurs coûts.

Un quartier des courtes distances :

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Vauban est un “quartier des courtes distances” où les habitants peuvent facilement aller à pied pour rejoindre les magasins, jardins d’enfants, école, services divers… Les urbanistes considèrent comme “distance courte” un chemin de moins de 700 m ; la distance la plus agréable ne dépasse pas 300 mètres. Le quartier Vauban se trouvant à environ 3 km du centre-ville de Fribourg, cela représente un déplacement de moins de 15 minutes à vélo.

La Ville a prévu la construction d’une ligne de tramway pour Vauban. Entre-temps, la liaison avec le centre-ville est assurée par un bus.

Le Forum Vauban propose de renoncer, dans la majeure partie du quartier, aux garages et aux places de stationnement et de les remplacer par des garages collectifs aux abords du quartier ; ce choix permet d’économiser jusqu’à 20% de l’espace total du quartier.

Ce report du stationnement automobile en périphérie du quartier permet de rentabiliser au mieux cette occupation d’espace, car le stationnement sert à la fois aux habitants, aux employés et aux visiteurs du quartier. De plus, Il est prévu de diminuer le nombre de parkings si des habitants renoncent à la voiture privée et optent plutôt pour l’auto-partage.

Dans le secteur sans voitures – majoritaire – du quartier, les voitures peuvent circuler occasionnellement mais le stationnement est interdit. Pour y vivre, une condition : renoncer officiellement à son véhicule ou se procurer une place de parking (18 000 euros à l’achat ou 1500 euros en location annuelle) dans l’un des deux parkings périphériques. Cette obligation, qui représente finalement une économie substantielle pour les foyers sans voiture, constitue indirectement une incitation financière à l’abandon de la voiture personnelle.

Les gens font donc leurs courses à vélo avec une remorque, prennent l’une des quatre lignes de bus pour rallier le centre de Fribourg, ont éventuellement recours à un service d’auto-partage et attendent le tramway pour 2006.

L’axe central de développement du quartier, la rue «Vauban-Allee», est aménagée en zone 30 km/h et sert uniquement au raccordement du nouveau quartier. Les terrains de construction adjacents à la Vauban-Allee sont aménagés en zones résidentielles à vitesse limitée. Du fait du rattachement routier en forme de U, il n’y a pas de trafic de passage dans les zones d’habitation.

Dans le quartier Vauban, 50 % des ménages n’ont pas de voiture. Les ruelles du quartier se caractérisent par une architecture très variée, la présence de petits parcs à vélos devant les immeubles et un aménagement privilégiant la vie sociale. Les enfants peuvent jouer dehors en toute sécurité.

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Planification urbaine à Vauban :

Les objectifs de la planification urbaine sont :

- mixité des emplois et des habitations,
- préservation des biotopes du terrain notamment au bord du ruisseau,
- priorité pour les piétons, cyclistes et transports en commun,
- utilisation rationnelle de l’énergie : installation d’un réseau de chaleur de proximité à base d’une centrale de cogénération (produisant électricité et chaleur),
- construction des habitations selon les normes de “très faible consommation d’énergie” (65 kWh/m2 par an),
- mixité des couches sociales,
- un centre de quartier avec des magasins pour les besoins de tous les jours,
- une école élémentaire et des jardins d’enfants,
- des espaces verts publics,
- une diversité architecturale,
- des parcelles de taille réduite,
- un climat accueillant pour les familles et les enfants.

Mais l’expérimentation ne s’arrête pas là : avec ses maisons solaires et ses terrasses végétalisées qui récupèrent l’eau de pluie, Vauban est également un creuset de toutes les techniques de construction écologique. Dernier progrès en date, on y trouve même quelques maisons «actives» qui, grâce à des capteurs photovoltaïques, produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

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Assurer la mixité sociale :

Il a été prévu de promouvoir, pour la moitié des habitations, des formules de logement social. Après de longues préparations, de futurs habitants fondèrent, en juin 1997, une coopérative qui réalisera un projet de logements sociaux particulièrement intéressant. Les fondateurs ont imaginé différents modèles de financement basés sur la solidarité de partenaires plus riches pour permettre aussi aux personnes relativement pauvres d’accéder à un logement. La coopérative favorise aussi la mixité des générations en incluant dans ses planifications les recommandations du groupe de travail “Cohabitation des Vieux et des Jeunes”.

Question sociologie, la répartition des habitants du quartier Vauban est la suivante: 25% d’ouvriers, d’employés et de fonctionnaires ; 55% de cadres supérieurs ; 10% de professions libérales. A ces chiffres, rappelons le, il convient d’ajouter 600 logements pour étudiants et demandeurs d’asile et 200 logements autogérés.

On y trouve également 10 % de parents célibataires, 65 % de foyers avec enfants et 25 % de foyers sans enfants.

Quelques chiffres :

Le site a donc une superficie de 38 hectares que la ville a acheté 20 millions d’Euros à l’Etat qui a payé 90 % des 10 millions d’euros nécessaires à la dépollution du site (décapage des terres sur 40 cm).
- 5000 habitants, 2000 logements,
- 2 garages collectifs de 460 places,
- la location d’une place de parking coûte 1500 euros à l’année,
- le terrain viabilisé est vendu entre 400 et 450 euros/m² pour un prix oscillant de 400 à 600 euros/m² à Freiburg.
- le volume financier total à engager par la municipalité pour l’ensemble des 3 tranches du projet Vauban est de 85 millions d’euros (achat de terrain, viabilisation, travaux, publicité, aides financières,…)
- le prix au m² des logements de promoteurs est 250 Eu/m² plus cher en moyenne
- 40 % des habitants sont locataires,
- 60 % des habitants sont propriétaires

Conclusion :

Le quartier Vauban constitue un nouveau quartier innovant offrant une qualité de vie exceptionnelle conciliant ambiance urbaine et vie familiale. Une diversité sociale, une diversité dans les couleurs, les matériaux, dans les volumétries qui produisent autant de variations architecturales dans un environnement réglementaire structuré : unité d’alignement, unification dans le traitement du sol, densification, maîtrise avec des objectifs environnementaux importants : gestion de l’eau, gestion de l’énergie, gestion des déchets, gestion de la mobilité, fait du quartier Vauban un exemple en direction des futures générations et des professionnels de l’aménagement et de la construction.


(1) RANSON I., Le nouveau quartier Vauban à Fribourg/Brsg, CEDIPELP (Centre de Documentation International pour le développement, les Libertés et la Paix), mai 1998.