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02/05/2009

Quartier résidentiel écologique de Viikki

Le quartier Viikki à Helsinki en Finlande :
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TYPE DE QUARTIER

• Ville : 566 000 habitants

• Site : Quartier nouveau « ex nihilo »

• PRO Nombre de logements : 600, dont 180 locatifs.

• Surface Commerces et services : 1500m² SHON (commerces de proximité, crèche/halte garderie de 60 places, pôle hôtellerie et restauration, gymnase et salle de réunion pour association)

FORMES URBAINES

• Hauteurs : R+1 à R+4

• Typologie : maisons en bande d’un étage jusqu’à immeuble R+4

EMPRISE AU SOL

• Superficie de l’opération : 1 000 ha

ACTEURS

• Maîtrise d’Ouvrage publique : Ville d’Helsinki

• Maîtrise d’Ouvrage construction : Etela-Suomen YH (coopérative d’habitat), VVO Developers OY, Skanska South Finland oy, YIT-Corporation , Helsingin seudun Asumisoikeusyhdistys

• Maîtrise d’oeuvre construction : Jukka Turtiainen, Ahto Ollikainen , CASE Consulting, Kirsti Sivén, ERAT, Hunga Hunga Osuuskunta, Reijo Jallinoja, Matti Porttinen, Arrak ar.

FINANCEMENTS

Enjeux financiers : 100 474 322 € HT

AVANCEMENT DU PROJET

En cours, première phase achevée en l’an 2000 (2000 habitants et 2000 emplois)

objectifs : en 2010, 13000 habitants et 6000 emplois

CARACTÉRISTIQUES
PRESENTATION DE L’OPERATION


Le site de Viikki est situé à une dizaine de kilomètres du centre d’Helsinki, à 20 minutes en voiture de l’aéroport.

Il occupe un terrain de 1100 ha à proximité d’une réserve naturelle protégée. Seulement 300 ha seront construits, 800 ha restant couverts de forêts, champs, et espaces verts.

A l’initiative de la ville d’Helsinki le site de Viikki a été selectionné pour expérimenter la réalisation des objectifs environnementaux sur la construction et la planification adoptés par la Finlande dans les années 90.

Le site s’est développé autour du nouveau campus universitaire, et du Viikki Science Park, un centre de recherche, d’études et d’entreprenariat sur la biologie et les biotechnologies.

Aujourd’hui coexistent un parc universitaire et technologique, des quartiers résidentiels et une réserve naturelle. Le quartier est destiné à accueillir 6000 emplois, 6000 étudiants et 13000 habitants. Des coulées vertes alternent avec des ensembles de logements, dont l’exposition au soleil est optimisée ; ils constituent avec les équipements, des îlots ouverts, auxquels les bâtiments ont directement accès. La circulation automobile est séparée des voies piétonnes et cyclables.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER

Evaluation, Capitalisation et partage (dont bilan des impacts sur les modes de vie)

L’outil d’analyse Pimwag mis en place inclut une évaluation des performances des bâtiments.

DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET ÉCONOMIQUE DE L’UNITÉ DE VIE LOCALE

Organisation de la mixité culturelle et générationnelle

1 800 personnes vivent à Viikki, principalement des jeunes couples avec enfants.

Le projet a encouragé le développement de nouvelles formes bâties adaptées aux personnes handicapées et aux enfants, et la mixité des statuts d’occupation : accession à la propriété, logements locatifs et logements dont l’occupation est contrôlée par l’Etat occupent les mêmes îlots.

En outre, une coopérative d’habitat (Etela-Suomen YH) a pris en charge un des lots.

PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie, Eau et Déchet + Paysage et Biodiversité

Lors du concours, une grille de 17 critères environnementaux particulièrement stricts a été appliquée pour sélectionner les équipes. Ces 17 critères concernent 5 grands thèmes : les émissions de polluants, l’utilisation des ressources naturelles, les impacts du projet sur la santé, la préservation de la biodiversité et la production locale de nourriture. Voulant faire de ce quartier un exemple en matière d’économies d’énergies, et la plus grande expérimentation finlandaise, un soutien particulier a été accordé aux énergies renouvelables, avec une dizaine de systèmes de chauffages solaires indépendants. 400 logements sont dès aujourd’hui concernés ; 1240 m² de surface de capteurs sont intégrés dans les toits, représentant, dans un pays au climat très froid, 1/3 de la chaleur exigée et plus de la moitié de l’énergie nécessaire à l’eau chaude domestique.

Un fort encadrement des services municipaux de l’urbanisme, assistés des partenaires chargés de la maîtrise de l’énergie, a permis de veiller à l’application d’un certain nombre de principes considérés comme prioritaires : place des espaces verts et des jardins, nombreux équipements de proximité, choix des matériaux, traitement des eaux grises, récupération des eaux pluviales et de la chaleur, recyclage des déchets, diversité des méthodes de maîtrise de l’énergie, énergie solaire passive et active.

QUALITÉ ARCHITECTURALE ET URBAINE

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Une école a ouvert en 2003, du primaire au secondaire et une autre école devrait ouvrir en 2007.

UN CONCOURS SUR CRITERES ENVIRONNEMENTAUX

Des concours furent organisés sur ces bases pour les différents lots et pour les nombreux équipements. 13 lots ont été distribués à 8 groupements regroupant promoteurs et architectes. En outre, un quartier expérimental d’immeubles en bois fut programmé et soutenu pas l’industrie du bois.

Pour vérifier l’efficacité des projets présentés et le respect des principes affichés par la Ville, une méthodologie d’analyse de critères a été mise au point autour d’une grille : « Pimwag » qui définit des objectifs à atteindre. Ceux-ci sont classés en trois niveaux dans cinq secteurs d’intervention. C’est le nombre de points obtenus sur l’ensemble de ces secteurs qui conditionne l’obtention du permis de construire, ce qui autorise les équipes à des orientations et des choix écologiques divers. Le nombre maximum de points attribués est de 30 ; un projet qui en obtient 10 peut être qualifié d’excellent du point de vue écologique, plus de 20 points représente un projet particulièrement innovant dans ses principes écologiques. Mais l’accent peut être également mis sur d’autres éléments tels que la qualité des volumes, l’efficacité, les matériaux de façades, les équipements. Les cinq secteurs permettant l’attribution de points sont les suivants (In « The experimental building area of Viikki, Ritta Jalkanen, Arkkitehti n° 3, 1999, "Helsinki city planning department publication" 1998/6 -Ecological building criteria for Viikki 25 May 1997, et « l’Architecture Ecologique-29 exemples Européens », Dominique Gauzin-Muller, Le Moniteur 2001) : pollution (CO2, eaux usées, élimination des déchets de construction et domestiques, labels écologiques) : ressources naturelles (utilisation de combustibles fossiles dans l’énergie de chauffage, énergie électrique, flexibilité des habitats et des espaces communs) ; santé (climat intérieur, contrôle de l’humidité, de l’exposition au vent et au soleil, variété des plans de logements) ; bio-diversité (choix des plantes et gestion des eaux de pluie) ; production de l’alimentation (utilisation de compost, eaux de pluies, choix des plantations potagères et sols).

Il est requis un niveau de base pour tous les bâtiments ; le dépasser permet l’obtention de points. Ritta Jalkanen (entretien effectué en août 2003, au bureau d’urbanisme de la ville d’Helsinki), urbaniste à la municipalité d’Helsinki qui s’était très impliquée dans la maîtrise environnementale de cette zone, espère en utiliser les résultats pour accroître les exigences écologiques et économiques, lors des opérations d’aménagement urbain futures, en particulier sur le vieux port d’Helsinki à Kruunuvuorenrenta où est prévu un nouveau développement, dont le financement des logements serait moitié social, moitié privé, mais dont seulement 15% de constructions ne seraient pas contrôlées par l’Etat.

SOURCES :

Réalisation : CETE du Sud-Ouest/DAI/GPVT/N. BLONDEL et N. KOROBOFF- mai 2007

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