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28/05/2009

Toulouse sans voitures... à la demande des Toulousains

 

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Le périmètre sans voitures s’étend à Toulouse, pour le plus grand bonheur des Toulousains. Selon un sondage, les Toulousains sont en effet favorables à 73 % à l’interdiction pure et simple du centre-ville aux voitures. Etonnant phénomène de rejet, sans doute motivé par l’apoplexie endémique qui asphyxie la ville depuis trente-cinq ans.

Depuis le dimanche 3 juin 2001, chaque premier dimanche du mois est sans voitures dans une partie du centre-ville de Toulouse. Ce dimanche-là, la mairie de Toulouse propose ainsi une journée sans voiture dans le cœur historique de Toulouse, de 10h à 18h. Les Toulousains peuvent circuler librement à pied ou à vélo dans un périmètre de près de 60 hectares délimité par le quai Lombard, le quai de la Daurade, les rues de Metz, d’Alsace-Lorraine, Bellegarde, la place Saint-Sernin et les rues Lautmann et Valade.

Le périmètre n’est pas ouvert à la circulation des véhicules, à l’exception des résidents, des taxis, des secours et urgences médicales. Le parking du Capitole situé au sein de ce périmètre n’est pas accessible entre 10h et 18h.

Après le 1er dimanche du mois interdit aux véhicules en centre ville c’est désormais une partie de l’avenue Alsace Lorraine qui passe au régime sans Voiture et sans moto. L’entrée Sud -Musée des Augustins, place Esquirol- de la célébré artère toulousaine restera désormais fermée aux voitures, scooters, motos, quads. Exception faite des riverains dûment identifiés, des taxis, des livreurs et des véhicules de secours.

Le périmètre sans voitures s’étend donc à Toulouse, pour le plus grand bonheur des Toulousains. Selon un sondage, les Toulousains sont en effet favorables à 73 % à l’interdiction pure et simple du centre-ville aux voitures. Etonnant phénomène de rejet, sans doute motivé par l’apoplexie endémique qui asphyxie la ville depuis trente-cinq ans.

“Lorsque nous préconisions cette solution il y a trente, vingt ou même dix ans, on nous prenait pour des fous, se souvient Henri Bouchard, président d’honneur des Amis de la Terre. Aujourd’hui, l’idée a fait son chemin dans l’opinion publique…”

Une ville sans voiture… ce rêve plébiscité par une majorité de Toulousains, Carfree France l’a déjà proposé il y a quelques temps pour la ville de… Toulouse: le concept d’une ville sans voitures deviendra-t-il réalité à Toulouse?

PUBLIÉ LE 08/11/2000 | LADEPECHE.FR
Centre-ville: non au tout voiture
TOULOUSE : Les Toulousains sont favorables à 73 % à l'interdiction du centre-ville aux voitures


Ras-le-bol de la bagnole! Près de trois Toulousains sur quatre seraient prêts à accepter une interdiction des voitures au centre- ville de Toulouse. Etonnant phénomène de rejet, sans doute motivé par l'apoplexie endémique qui asphyxie la ville depuis trente-cinq ans.

Cette fois, l'idée d'une mesure radicale fait son chemin: les personnes interrogées doivent éprouver un sentiment d'impuissance devant le raz-de-marée automobile qui envahit leur ville. Et ne voient plus que les solutions extrêmes pour en venir à bout:

« Lorsque nous préconisions cette solution il y a trente, vingt ou même dix ans, on nous prenait pour des fous, se souvient Henri Bouchard, président d'honneur des Amis de la Terre. Aujourd'hui, l'idée a fait son chemin dans l'opinion publique... » A cette réponse qui apparaît comme massive, il faut tout de suite ajouter quelques bémols. D'abord, il n'y a que 22 % de Toulousains « tout à fait favorables » à cette mesure. Le détail de l'enquête montre qu'il s'agit essentiellement de personnes de plus de 35 ans, appartenant plutôt à la famille écologiste ou à l'extrême- gauche.

Plus de la moitié des personnes interrogées répondent qu'elles sont « plutôt favorables » à cette interdiction. Sous-entendu: si on ne peut vraiment pas faire autrement.

Enfin, 17 % des Toulousains y sont plutôt opposés, et 7 % tout à fait opposés. Cette proportion double, cela n'étonnera personne, lorsque ce sont des commerçants qui répondent.

NE PAS DEPLACER LE PROBLEME
Second bémol: c'est la position psychologique classique de certains Toulousains qui pensent que l'interdiction serait une bonne mesure... pour les autres! Ceux-là mêmes qui étaient ravis de l'arrivée du métro, pensant que cela faciliterait leurs propres déplacements... en voiture!

On peut se demander aussi si les Toulousains qui répondent favorablement à une telle mesure y croient vraiment. Elle n'est pour l'instant dans les cartons d'aucun candidat. Le plan de déplacements urbains que vient de rédiger le SMTC est loin de préconiser une solution aussi radicale, se contentant de demander davantage de rigueur dans la gestion du stationnement.

Toute initiative un peu rapide ne ferait que déplacer les problèmes de périphérie en périphérie.

Le principal enseignement de ce sondage est plutôt un avertissement. Les Toulousains veulent désormais des mesures fortes: ils ne supportent plus l'absurde tohue- bohue de l'hypercentre. Que ce soit pour la circulation et le stationnement, ils attendent autre chose que des demi-mesures, quitte à déplaire à certains.

Ces 73 % pourront-ils donner du courage au prochain maire?

Dominique DELPIROUX


Bordeaux pionnière en la matière
Le vieux Bordeaux compte quatre artères piétonnes très animées: la rue Sainte-Catherine, la rue Porte- Dijeaux, la rue des Remparts et la rue des Trois Conils. Débarrassé de toute circulation automobile, le promeneur comme le chaland goûtent ici de pouvoir marcher au milieu de la chaussée, de traverser sans crainte afin de profiter des vitrines des nombreuses enseignes installées dans ce périmètre de la vieille ville. En la matière, la capitale de l'Aquitaine fut même l'une des toutes premières en France à tenter l'expérience: la piétonnisation de le rue Sainte-Catherine, longue de plus d'un kilomètre, a en effet commencé dans les années soixante-dix.

Aujourd'hui, l'équipe municipale réunie autour d'Alain Juppé s'attache à étendre l'espace réservé aux piétons, par exemple place de la Bourse, mais se préoccupe d'aménager ces quartiers en se souciant de l'intérêt de leurs résidants.

« Il faut se méfier des quartiers piétons qui ont tendance à favoriser le commerce mais à exclure l'habitant », précise Michel Duchène, adjoint à la vie des quartiers, « nous pensons donc que la solution d'avenir consiste à aménager un secteur semi-piétonnier à contrôle d'accès. Déjà, dans les rues piétonnes comme la rue Sainte-Catherine, nous avons installé des bornes, dotées d'un système de cartes à puce, permettant de ne laisser entrer le soir que les voitures des riverains ou des services d'urgence. Nous voulons ainsi éviter que les rues piétonnes ne deviennent la nuit un immense parking. Dans certains quartiers du secteur sauvegardé, le stationnement illicite constitue une vraie nuisance pour les habitants. Cette circulation peut être dégagée vers les parkings souterrains. Nous allons en construire un nouveau de huit cents places sous la place de la Bourse. Car les gens vivant dans ces secteurs doivent pouvoir mener une vie de quartier sans être perturbés par la vie nocturne ».

A.-M. CHOUCHAN


Rêver n'est jamais ridicule
Une ville sans voiture... ce rêve plébiscité par une majorité de Toulousains, commerçants compris, aura sans doute germé sur les trottoirs des boulevards de la Ville rose, asphyxiés un dimanche de septembre, lors de l'exercice de « grand écart » annuel de la municipalité qui s'échine à programmer la journée du même nom à contre-courant des autres villes de France.

A Toulouse, on ne fait pas les choses comme les autres. Pas question donc de priver en semaine les automobilistes de leur terrain de jeu favori et les commerces de leurs clients. En optant pour la pause dominicale, on ne vexe personne en se dédouanant une fois par an devant les piétons.

Pour les quelques marcheurs ou cyclistes, qui ont arpenté les rues ce jour là, le contraste était édifiant. Une place du Capitole et des quais de Garonne agréablement déserts et gardés impeccablement par les policiers municipaux... juraient au même moment avec l'embouteillage de centaines de véhicules bloqués aux abords du marché Cristal. Une habitude, certes.

Il n'empêche qu'en ce jour d'interdiction de la bagnole, l'effet recherché était visiblement inversement proportionnel au résultat. Y compris au niveau de la concentration en gaz d'échappements, jamais terribles pour les fruits et légumes. A trop vouloir ménager la chèvre et le chou, on ne va jamais très loin. Même en voiture.

G.-R. S.

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