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10/10/2009

Phytoremédiation : les plantes dépollueuses

Encore méconnue, la phytoremédiation permet de rendre des eaux potables, de dépolluer un air chargé en ammoniac ou de transformer des boues d’épuration en compost rien qu’en faisant pousser des plantes. À la fois écologique, économique, et esthétique, la phytoremédiation a déjà plusieurs réalisations de taille à son actif, et le potentiel pour devenir une solution incontournable.
Remplacer les stations d’épuration, peu esthétiques et souvent malodorantes, par des jardins, agréables et fleuris, c’est loin d’être une utopie. Cela existe déjà, à Honfleur (Calvados), où les eaux usées sont traitées en partie par phytoépuration, ou au parc du Chemin de l’île, à Nanterre (Hauts-de-Seine), où l’eau de la Seine devient utilisable pour la baignade. 
Depuis l’Antiquité, les hommes ont compris que les plantes pouvaient être utilisées pour améliorer la qualité de l’eau. Mais ce n’est que dans les années 1990 que la phytoremédiation a suscité des recherches suffisantes pour trouver des applications à grande échelle. Dépolluer un sol contaminé, des eaux usées, un air chargé en composés chimiques, ou valoriser des boues d’épuration, pour toutes ces missions, les plantes sont capables de remplacer l’industrie. Elles dégradent des composés chimiques complexes, qu’elles utilisent pour se nourrir, et leurs racines abritent des microorganismes, qui font le même travail que les stations d’épuration.
Le parc du Chemin de l’île, à Nanterre, assure sur 15 hectares le traitement d’une partie des eaux de la Seine. ©Phytorestore
Sécurité sanitaire

Phytorestore
, première société française spécialisée dans les « Jardins filtrants » utilise divers types d’installation selon le but : épurer de l’air, de l’eau, ou des boues d’épuration. Dans tous les cas, le substrat à dépolluer est isolé de l’environnement jusqu’à son traitement complet, pour assurer la sécurité sanitaire. Le travail de dépollution est principalement effectué par les plantes, et complété par un système de filtres à changer tous les 10 ans, qui se chargent de piéger les éléments non-phytoassimilables. Le résultat est garanti. 
«  À condition de lui réserver suffisamment d’espace, un jardin filtrant peut totalement remplacer une usine d’épuration », explique Énée Bussac, responsable des ventes de Phytorestore. Bureau d’étude qui propose des jardins clés en main aux collectivités et aux entreprises qui sollicitent ses services, Phytorestore s’est occupé par exemple d’un écoquartier de 50 000 habitants dans la ville industrielle de Wuhan, en Chine, sur les bords du Yangtsé. «  En France, la phytorestauration est encore méconnue. Les collectivités s’y intéressent de plus en plus, mais hésitent à se lancer dans de très grands projets. Pourtant, techniquement, c’est possible. » La plus grande réalisation française de Phytorestore, la station de phytoépuration de Honfleur, sur 4 hectares (l’équialent de six terrains de football), assure le traitement de l’eau pour 26 000 personnes.

Des solutions émergent

La recherche en phytoremédiation est très active. Si plusieurs substances chimiques restent problématiques (certains métaux lourds, les polychlorobiphényles - PCB), au fur et à mesure que la connaissance des propriétés dépolluantes des végétaux avance, des solutions émergent. Pour les métaux, sont utilisées des plantes hyperaccumulatrices, capables de concentrer du nickel, de l’or, du cobalt... dans leurs tiges ou leurs feuilles. Aux États-Unis, certaines sociétés se spécialisent même dans le phytominage : l’exploitation des métaux contenus dans les plantes utilisée à la phytoremédiation : lentilles d’eau, osier vert ou trèfle rouge. 
La phytoremédiation, outre le traitement de l’eau, de l’air ou des boues, permet aussi d’améliorer la biodiversité des zones urbaines et péri-urbaines. Elle recrée des zones humides, refuges pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de batraciens, « et dans la mesure du possible, toujours avec des végétaux locaux », affirme Énée Bussac. L’entretien des jardins est donc facile, assuré par les services espaces-verts des collectivités, et surtout, peu coûteux.

Commentaires

Très bon site

Écrit par : Gautier | 31/12/2009

je voudrais savoir plus sur la phytoremediation depollution par les plates car je fais un projet de foire scientifique dessus.
et votre site donne des bonnes informations.

Écrit par : cassy | 09/02/2011

"Remplacer les stations d’épuration, peu esthétiques et souvent malodorantes, par des jardins, agréables et fleuris, c’est loin d’être une utopie."

Très prometteur ! par contre quels sont les inconvénients (car il doit y en avoir)

Écrit par : blog etourisme | 06/08/2011

je souhaite avoir des informations sur le traitement des paraffines ou des boues de forage à eau ou à huile dans l'industrie pétrolière si par la méthode phytoremediation l'on pourra mieux traiter. il va s'en dire que nous utilisons déjà les méthodes landfarming et biopile.

Écrit par : valentin TCHIBOTA GOMA | 07/09/2011

je suis viticulteur bio en drôme provencale et j'aimerai savoir si il est possible de faire de la phytoremédiation sur une exploitation agricole merci.

Écrit par : ODE | 01/04/2012

Réponse au viticulteur BIO en drôme,
nous sommes spécialisé sur la phytorémédiation et cherchons une ouverture dans le monde agricole pour donner l'exemple d'installation de zone tampon avant de relarguer en milieu récepteur. si vous êtes toujours en recherche, merci de nous contacter.
bien cordialement
0682158412

Écrit par : obio | 06/02/2014

ce que je cherchais, merci

Écrit par : helryreni | 30/05/2012

Les commentaires sont fermés.