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04/05/2009

RuralZED : un concept anglais de maison en kit zéro carbone débarque dans le Nord

RuralZed à Grande-Synthe dans le Nord :

Frédérique Vergne | 22/01/2009 | 16:04 | Innovation chantiers

L'un des derniers concepts d'éco-habitat créés par ZEDfactory, agence londonienne pionnière en matière d'architecture durable, vient de voir le jour dans le Nord de la France. Cette écomaison affiche une très haute performance énergétique grâce à la combinaison de différents procédés et équipements.

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Fruit du travail des équipes de l'architecte anglais Bill Dunster, concepteur du fameux quartier BedZed, RuralZed se décline avec un degré de « durabilité » allant du niveau 3 au niveau 7. A Grande-Synthe, en vue d'implanter un futur éco-quartier basé sur cette maison en kit, un modèle de niveau 6 vient d'être monté. Tour du chantier.

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La structure est constituée de poutres usinées en lamellé-collé.

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Les poutres verticales et horizontales de la structure sont jointes ensemble, grâce à un assemblage « tenon et mortaise »
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Deux « cheminées de ventilation » sont posées. Baptisées « Windcowl » par les équipes de ZedFactory, elles sont associées à un échangeur de chaleur.

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Le système de ventilation « Windcowl » fonctionne sans électricité, simplement grâce au vent.

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Le choix du béton pour les murs a été guidé par la recherche de matériaux à forte inertie thermique.
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Le choix de la terre cuite pour le plafond a aussi été guidé par la recherche de matériaux à forte inertie thermique.

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25 m2 de panneaux photovoltaïques convertissent l'énergie solaire en électricité, avec un rendement supérieur à 15%.
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Un panneau solaire thermique de la ruralZED, d'une surface de 1,7m2, permet de chauffer 123 litres d'eau de 20 à 60°.
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Côté sud, l'éco-maison est équipée d'un jardin d'hiver protégé par des storesrétractables en cas de forte chaleur. Côté est, pour éviter les ponts thermiques, le balcon est simplement accroché à la façade.
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Côté Nord peu d'ouverture.
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L'appoint en eau chaude est fait par un poêle à granulés (rendement de 95 %), qui prend le relais des panneaux solaires thermiques, surtout en hiver.

Une maison en kit zéro carbone, à ossature bois lamellé certifié FSC, préfabriquée en usine, et construite en six semaines : voilà RuralZED, nom donné à cette écomaison, en référence au cabinet britannique ZED Factory qui a conçu le célèbre quartier londonien BedZED.
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Les différentes options de la maison

La Ville de Grande-Synthe dans le Nord de la France a décidé de promouvoir ce nouveau type d'habitat en faisant l'acquisition d'un prototype, exposé en entrée de ville.

Construite en septembre et octobre 2008, par ZEDfactory associée à l'architecte Claude Debrock, avec le concours des entreprises locales, cette maison, destinée dans un premier temps à la visite du public, répond à un double objectif : servir de laboratoire en vue d'un futur écoquartier et sensibiliser les habitants à ce nouveau type d'habitat. « Un écoquartier, c'est une logique d'ensemble, explique Damien Carême, Maire de Grande-Synthe, : des maisons qui consomment peu, - une consommation de 50 kWh/m² à l'horizon 2010, pour aller à du 30, voire du 0 -, une densité élevée pour éviter l'étalement urbain qui contraint à plus de déplacements, un espace végétalisé avec des cours d'eau, où la voiture ne règne pas, un éclairage public économique et des transports en commun proches ».

Construction hermétique
Pour réduire la consommation d'énergie, l'écomaison associe plusieurs principes. Elle est orientée Nord-Sud, plutôt que Est-Ouest pour maximiser les apports solaires.

Les pertes de chaleur sont réduites grâce à une surisolation. La structure poteau-poutre en bois est secondée par une ossature plus légère créant ainsi un vide de 300 mm, comblé par un isolant. L'ensemble du bâtiment est ensuite entouré d'une membrane respirante (frein vapeur) qui permet à la maison d'être hermétique tout en laissant transiter l'humidité, pour une bonne régulation hygrométrique. Afin de réguler la température à l'intérieur de la maison, 21 tonnes de masse à forte capacité d'absortion thermique sont intégrées à travers les murs (béton écologique), le plafond (terre cuite) et le sol (pierre naturelle de Lens). En hiver, la masse thermique absorbe la chaleur passive pour la restituer dans des périodes plus froides, comme la nuit. Inversement, en cas de forte chaleur l'été, elle permet de maintenir une certaine fraîcheur dans la maison. Sur le toit, 25 m2 de panneaux photovoltaïques assurent la production d'électricité. D'où l'importance de l'orientation Sud, pour bénéficier au maximum de la lumière directe et des apports solaires passifs. L'excédent d'électricité produit est réintroduit dans le réseau EDF, grâce à un onduleur fourni.A consommation raisonnable d'un ménage, le surplus d'électricité injecté l'été et la quantité consommée l'hiver devrait s'équilibrer, pour une facture nulle. Les cellules pressées sont montées dans une structure en aluminium anodisée. A l'arrière du module se trouve une boîte de jonction étanche avec branchement.
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Les différents niveaux de la maison

Ventilation naturelle contrôlée
L'écomaison est également équipée d'un «sunspace», une véranda sur deux niveaux avec de hautes fenêtres, pour un apport de lumière naturelle et un gain de chaleur optimum. En cas de forte chaleur, des stores rétractables protègent le «sunspace» des rayons directs du soleil et évitent la surchauffe.

A l'intérieur, la ventilation naturelle à récupération de chaleur, sans besoin électrique, est privilégiée. Elle fonctionne grâce à un système passif qui aspire l'air frais et rejette l'air vicié de toutes les pièces de la maison à tout moment. Situés sur le toit, deux «wind Cowl», qui permettent de sentir le vent tourner, utilisent un échangeur de chaleur, conçu par ZEDfabric, une filiale de ZEDfactory. L'air chaud sortant réchauffe l'air frais entrant. Ce système permet de récupérer 70% de la chaleur de la maison qui aurait été perdue dans un bâtiment standard tout en renouvelant trois fois par heure l'air intérieur.
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Le système constructif

Chauffe-eau solaire et chaudière à granulés en relais
L'eau est chauffée grâce à un chauffe-eau solaire. Ces tubes sous vide, situés sur le toit, ont été conçus spécialement pour les climats où les températures extérieures sont basses. Ils contiennent un tuyau collecteur qui chauffe l'eau au soleil. Celui-ci est renfermé dans un tube de verre double paroi comme une bouteille thermo pour minimiser les pertes de chaleur.

Il est généralement difficile de faire des ratios de la puissance et du rendement des panneaux thermiques solaires qui dépend de beaucoup de paramètres: orientation, angle d'inclinaison, ombre, temps et conditions locales spécifiques. Mais il est généralement admis qu'un été moyen en Angleterre a un potentiel de 700 w/m2. En hiver, ce chiffre descend à 400 w/m2. Pour 4h d'ensoleillement, le capteur générera 1,76 kw par jour (440w x 4h), de quoi chauffer 27 litres d'eau de 5 à 60° ou 60 litres à 30°. L'appoint est alors fait par un poêle à granulés (rendement de 95 %), qui prend le relais notamment en hiver. La maison n'est pas équipée en radiateur, seuls deux porte-serviettes sont reliés au réseau d'eau chaude.

Dans le même esprit, les équipements sont pensés pour réduire les consommations d'électricité et d'eau. Ainsi, l'éclairage est à basse consommation, les appareils ménagers économes A+++ (taille non excessive du réfrigérateur, lave-vaisselle de 12 litres d'eau par cycle pour éviter tout usage excessif) avec possibilité de stopper la consommation d'électricité par un interrupteur. Afin de limiter les pertes en eau, le jet du robinet est aéré, pour réduire le débit tout en conservant la sensation d'un jet normal. Les toilettes possèdent une double chasse d'eau : de 4 et 6 litres.

Conçu par les services techniques de la Ville de Grande-Synthe et ZEDfactory, l'aménagement du jardin encourage la biodiversité au moyen d'une noue paysagère et d'espèces végétales diversifiées: essences régionales, saules tressés, arbres fruitiers. Une terrasse en bois et une passerelle amenant jusqu'aux bacs-potagers destinés à promouvoir l'autonomie alimentaire et la qualité des fruits et légumes. Les matériaux proviennent pour la plupart de la récupération, comme l'acier de la jardinière offerte par l'usine sidérurgique voisine, ou encore la réutilisation des pierres concassées issues des travaux de l'autoroute A25 pour les places de stationnement.

Conçue pour 5 générations (125 ans), l'écomaison RuralZED, construite en 6 semaines, devrait préfigurer l'écoquartier de Grande-Synthe, constitué de plus de 400 logements zéro carbone, dont 50% en collectif et 30% en individuel. « On espère commencer à construire dans les deux-trois ans, il faut mettre les bouchées doubles », explique Damien Carême, dont la volonté est de faire du site un référentiel d'excellence en matière d'aménagement et de construction écologique.

FOCUS
Fiche d'identité du futur écoquartier *
11 hectares de terrain
8 hectares constructibles
429 logements :
- logements intermédiaires : maisons jumelées ou isolées construites sur une seule mitoyenneté, dotées d'un jardin, en rez-de-chaussée surmontées d'un comble (R+C).
- maisons de ville en bande: maisons mitoyennes, (R+1+C). Elles conviennent particulièrement à l'accession primaire éligible au prêt à taux zéro.
- maisons résidentielles : maisons isolées réalisées par la cession de lots libres avec un cahier des charges architectural et paysager pour le respect de l'image urbaine et des contraintes énergétiques et environnementales.
- logements collectifs: immeubles n'excédant pas trois étages et aménagés de façon à favoriser les énergies renouvelables (soleil, vent...).
Densité moyenne: 47 logements par hectare.
560 stationnements.

* Données susceptibles d'évoluer
Frédérique Vergne | Source LE MONITEUR.FR

02/05/2009

Et en France, qu'en est-il des écoquartiers ?

En 2007, la France commence à peine à entendre parler d'écoquartiers. Depuis, dix-huits écoquartiers sont en gestation aux quatres coins du territoire français.

A Bordeaux (Gironde), le maire s'inspire du quartier Vauban de Fribourg.

A Bonneville (Haute-Savoie), les élus partent visiter l'écoquartier Vauban.

Deux communes, deux projets et un seul et même exemple : Vauban.

Un éco-quartier à Troyes (Aude) : la gauche fait la fine bouche ou quand la politique s'en mêle au détriment de l'objectif essentiel : faire véritablement progresser la ville.

A Strasbourg (Bas-Rhin), bientôt des éco-quartiers.

Bordeaux (Gironde) :

Voici l'article publié par Metro en décembre 2007. On pouvait y lire qu'à cette date, il n'y avait pas encore d'exemple d'écoquartier en France.

 

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12-12-2007 01:23
Vers un écoquartier à L
a Bastide à Bordeaux, une expérimentation inspirée de l’étranger.

 

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Cette friche industrielle située à La Bastide accueillera le premier écoquartier de la communauté urbaine de Bordeaux.

Dans la CUB, il y a sept parkings gratuits pour les automobilistes titulaires d’un abonnement (hebdomadaire, mensuel ou annuel) délaissant la voiture au profit des transports en commun. Le prix est de 2,60 euros la journée pour les non-abonnés.
“En Suède, c’est un processus qui dure depuis vingt ans !” a déclaré Torsten Malamberg, responsable de la stratégie urbaine à Stockholm, où 140 hectares de marécages ont été investis en décembre 2000 par les premiers riverains de l’écoquartier Hammarby Sjöstad.
“Pas d’exemple en France”
Hier matin, parmi les orateurs du second atelier d’urbanisme consacré au devenir des 30 hectares de friches industrielles situées à l’emplacement des ex-entrepôts SNCF de la rive droite se trouvait Pascale Fouletier, conseillère en urbanisme pour le cabinet Cap Terre : “Nous avons été choisis vendredi par la ville pour établir, d’ici à cet été, le cahier des charges du futur aménageur. En France, il n’y a pas encore d’exemple d’écoquartier”, a-t-elle déclaré.
“Sur Bastide-I, on n’a pas réussi au niveau de la qualité environnementale des bâtiments, il n’y a pas de panneaux solaires ou de système de récupération des eaux pluviales, et les parcs-relais   (voir encadré) sont sous-dimensionnés”, a souligné Alain Juppé, qui part demain en Allemagne, à Fribourg, visiter un écoquartier considéré par les professionnels comme le plus abouti.


Bonneville (Haute-Savoie) :

FAUCIGNY
L'écoquartier fribourgeois fait des émules en ville
jeudi 02.04.2009, 14:00

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Il y a quelques mois des élus bonnevillois visitaient un écoquartier allemand. Aujourd'hui, par petites touches, ils tentent de reproduire en ville ce qu'ils ont vu.


Il travaux de l'avenue Pierre-Mendès-France sont désormais bien engagés. Dans les îlots intermédiaires, la végétation sera reine. Et peu tondue. « Nous allons y mettre une sorte de prairie, mélange de fleurs et d'herbe », explique Bernard Dupanloup, adjoint en charge des travaux. Un résultat attendu un peu campagnard que les élus de Bonneville ont découvert à Fribourg-en-Brisgau. La ville allemande située à une cinquantaine de kilomètres de Mulhouse et à à peu près autant de Staufen, ville jumelle de Bonneville, s'est taillée une vraie réputation d'écoville. On vient de partout pour visiter ses écoquartiers et en particulier le site Vauban (lire ci-contre). Les élus de Bonneville n'ont pas échappé à cette envie.
Bernard Dupanloup, Michèle Nagenrauft (adjointe à l'urbanisme) et Claude Servoz (environnement) se sont donc rendus dans le Brisgau (en train, cela va de soi  !), accompagné de Juliette Ferrand, la directrice des services techniques et de 2 membres d'un cabinet lyonnais d'études pour l'aménagement de zones urbaines écologiques. « Nous les avons rencontrés pour évoquer le quartier des Allobroges. C'est eux qui nous ont parlé de cet endroit et nous avons décidé d'y aller », explique Michèle Nagenrauft. C'était en juin 2008.
Accessible qu'aux cyclistes et aux piétons Depuis, les élus n'ont de cesse de reproduire ce qu'ils ont vu. Avenue Pierre-Mendès-France donc où, en plus, la voie de bus derrière l'école du Bois Jolivet sera recouverte de dalles végétalisées et accessible qu'aux seuls piétons, cyclistes et bus. Un bassin de récupération des eaux sera également aménagé selon le modèle fribourgeois. Et dans le futur, d'autres écotrouvailles devraient voir le jour à Bonneville.
Les voitures exclues Parkings à étages, toitures végétalisées et panneaux solaires à gogo des habitants allemands ont enthousiasmé les Bonnevillois. «  Les voitures sont presque exclues du quartier », note encore Bernard Dupanloup, citant des parkings à l'entrée et un réseau de tramway dense. « Et dans les cours d'écoles, il n'y a pas de clôtures, mais des rochers, des ronces et des mares », s'extasie Michèle Nagenrauft qui ajoute « il faudra que les mentalités évoluent pour que l'on voit ça chez nous. » Car la végétation est partout et pas forcément taillée ras. « Cela donne un effet de nature dans la ville. Le silence y est saisissant et on entend vraiment les oiseaux chanter », complète encore l'adjointe à l'urbanisme. En attendant des cours de récré sans barrière et des végétaux fous en ville, les élus planchent sur un modèle réduit de cet écoquartier, « boulevard des Allobroges, avec des immeubles de même hauteur et à haute qualité environnementale. Même si cela se fait petit à petit, nous menons une écoréflexion globale sur ce quartier », explique l'adjointe à l'urbanisme. Idem lors de la rénovation du quartier du Bouchet : la végétation aura un petit air fribourgeois.

Alexandra Collomb

Troyes (Aude) :

Un éco-quartier à Troyes : la gauche fait la fine bouche

 

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Vendredi 3 avril 2009

Jamais contente. La gauche a paraît-il décidé d’offrir l’image d’une opposition constructive. Constructive, peut-être… mais jamais contente, c’est certain. L’annonce de la création d’un éco-quartier avait de quoi faire naître un consensus. Le projet qui occupera un espace de 4 ha de long de l’avenue Chomedey, apportera incontestablement une valeur ajoutée à cette partie de la ville. Mieux encore, avec celui de Pont-Sainte-Marie, porté par Pascal Landréat, il permettra de diffuser les pratiques d’un urbanisme écolo tournée vers la sobritété et la qualité de vie.

Et pourtant, la gauche fait la fine bouche. Elle pinaille sur les mots, chicane sur les détails, bougonne et ronchonne sans véritablement rien construire. L’éco-quartier ne lui plait guère. Difficile pourtant de dire qu’elle s’y oppose. Le concept est dans l’ère du temps. Mais impossible de soutenir un projet porté par le félon Marc Bret !

La gauche sort alors de sa besace un concept fumeux : l’écoville. L’éco-quartier, c’est bien, nous dit Jaïm Myara et Jean-François Planchet (président de l’annexe socialiste l’association Troyes pour Tous) mais il faudrait une écoville. Pourquoi pas. Et même une éco-agglo, rajoutent-ils !

Pourquoi diable s’arrêter en si bon chemin ? Ah non ! C’est un peu court… On pouvait dire, Oh ! Dieu ! bien des choses en sommes ! C’est un éco-département qu’il nous faut ! Une éco-région, un éco-pays ! Que dis-je un éco-pays ! une éco-planète ! Plus, toujours plus, encore plus. C’est toujours mieux que de saluer un projet porté par Marc Bret.

Mais revenons, un instant sur l’écorégion. Une écorégion, ça aurait de la gueule. Ça tombe bien, Jaïm Myara détient les manettes du pouvoir régional. Peut-il le faire ? Oui, il peut le faire ! En tout cas autant que le Sar Rabindranath Duval, interprété par Pierre Dac. Pour preuve, en 2007, le conseil régional déclarait vouloir faire de la Champagne-Ardenne la « Première éco-région de France à l’horizon 2010 ». Une promesse qui comme l’éco-ville, ne mange pas de pain. Abracadabra ! 2 ans plus tard, quelques millions investis dans les agrocarburants, une aide ré-affirmée au nucléaire, aux projets autoroutiers, l’échec de l’électrification Paris-Bâle… l’éco-région a du plomb dans l’aile, du gros et du lourd.

Finalement, l’éco-quartier qui sans doute, verra le jour dans les prochaines années vaut mieux que les vaines promesses d’une éco-région, ou les concepts fumeux d’une éco-agglo. S’opposer à tout prix donne parfois le tournis à nos élus et leur font perdre de vue l’objectif essentiel : Faire véritablement progresser notre ville.

Strasbourg (Bas-Rhin) :

Un projet pilote d'éco-quartier comprenant 500 à 700 logements devrait voir le jour en 2011 dans la ville de Strasbourg. D'autres projets d'expérimentation environnementale sont également en cours de préparation.

Parce qu'elle souhaite refaire rêver à la ville et créer des quartiers où il fait bon vivre, la ville de Strasbourg a annoncé son projet de mettre en place plusieurs éco-quartiers sur son territoire. Si le choix des périmètres est actuellement à l'étude, ils concerneront l'aménagement de zones vierges (friches ou zones non bâties), mais également des secteurs existants et faisant l'objet de projets de développement ou de renouvellement urbains. L'enjeu principal de cette démarche étant de faire coïncider exigences environnementales et attentes des ménages, indique la ville.

Partant de ces objectifs, un premier projet d'éco-quartier a déjà été lancée par les Verts, en décembre 2007 et approuvé depuis par la Communauté urbaine de Strasbourg en février. Il prendra place dans la ZAC Danube, un terrain de sept hectares situé à proximité du port du Rhin et qui recouvre plus particulièrement une ancienne zone industrielle qui a nécessité sa dépollution par Gaz de France avant cession à la collectivité.

50% des logements destinés au locatif social

Déjà, le projet pilote prévoit d'abriter entre 500 et 700 logements à basse consommation (50 kWh/ m²/ an). L'offre sera également complétée d'équipements, de bureaux ainsi que de commerces afin de créer des services manquants mais également de rendre le quartier plus attractif pour les habitants voisins. Aussi, la création d'une maison de retraite ou encore d'une école sont actuellement à l'étude.

L'organisation du quartier devrait quant à elle prendre la forme d'îlots épais, permettant une diversité de typologie d'immeubles et valorisant les espaces verts. Le quartier bénéficiera en plus, d'une architecture contemporaine mais aussi d'une organisation favorisant les transports en communs et les déplacements piétons et cyclistes.

Enfin, afin de s'inscrire pleinement dans les principes constitutifs de la notion d'éco-quartier, le projet Danube devra répondre à plusieurs critères. À titre d'exemple, la mixité sociale sera renforcée avec 40 à 50% des logements destinés au locatif social et à l'accession sociale à la propriété. Une nouvelle approche de la place de la voiture notamment sur les normes de stationnement est également au goût du jour.
Une synthèse de ces réflexions en décembre permettra plus particulièrement d'aboutir à un nouveau programme et l'alimenter un nouveau cahier des charges de consultation d'aménageurs.

Plusieurs appels à projets

Si la ville de Strasbourg a annoncé vouloir entreprendre d'autres projets d'éco-quartiers de l'ordre de 100 à 300 logements, y compris dans des quartiers défavorisés, elle ne souhaite pas limiter la prise en compte de l'environnement et du développement durable aux seuls périmètres d'éco-quartiers. Un appel à projet sur des terrains de taille réduite, inscrits dans le tissu bâti existant, est donc en cours de préparation.

En effet, si de plus petits secteurs ne permettent pas forcément une prise en compte de l'ensemble des composantes de l'éco-quartier, ces projets peuvent néanmoins permettre des expérimentations comme la maîtrise des consommations énergétiques, le recours à des matériaux sains, ou encore la végétalisation des façades et des toitures.

Le premier projet devrait viser notamment le développement d'une architecture contemporaine et l'expérimentation environnementale au sein de la ville. Son appel devrait être lancé fin 2008 ou début 2009.

M. BERNARD

24/04/2009

Encore plus d'informations sur les écoquartiers

Le développement d'éco-quartiers est plus que jamais à l'ordre du jour
AMENAGEMENT - Actu-Environnement.com - 21/10/2007

http://www.actu-environnement.com/ae/news/eco_quartiers_g...

Le dossier spécial Ecoquartiers de la revue des équipes d’urbanisme Diagonal extrait de la revue diagonal n°178 de nov 2008 (format PDF - 6.4 Mo) :
Cliquer sur le lien suivant puis dans Actualité et Eco-quartiers : un concept qui prend forme
http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/

Orléans s'inspire de l'écoquartier Vauban

Un écoquartier à Orléans ? L’exemple de Fribourg Vauban - 11 décembre 2008 par Baptiste CHAPUIS

Un Écoquartier est un quartier urbain conçu de façon à minimiser l’impact négatif sur l’environnement, visant une autonomie énergétique et en cherchant à diminuer l’ empreinte écologique mais aussi à assurer un lien social de convivialité entre les citoyens.

Il permet d’intégrer à une échelle restreinte toutes les dimensions de la ville durable, de la qualité des bâtiments aux modes de déplacement, de la production de l’énergie à la gestion de l’eau, de la mixité des fonctions à celle des catégories sociales.

Exemple de Fribourg :

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Fribourg-en-Brisgau, ville de 217 000 habitants, située de l’autre côté du Rhin, à 50 km de Mulhouse, a atteint sa notoriété internationale grâce à la réalisation d’un éco-quartier novateur, « Le quartier VAUBAN ».

…..VAUBAN, c’était à Fribourg le nom d’une caserne des Forces Françaises en Allemagne qui a quitté le site en 1992. En 1994, la ville a acheté le terrain d’une superficie de 34 ha, afin d’y construire un quartier pilote en matière écologique. La construction a durée de 1998 à 2006, pour accueillir près de 2000 logements et à terme 5500 habitants, ainsi que de créer des pôles d’activités offrant près de 600 emplois.

VAUBAN est aujourd’hui le quartier de Fribourg où la moyenne d’âge est la plus basse. On y voit aussi une architecture étonnante : des toits équipés d’installations solaires, des immeubles modernes et colorés, bâtis par des collectifs de construction (une sorte de coopérative de construction) et non par de gros promoteurs.

Des habitants aménageurs :

Le quartier VAUBAN est aménagé avant tout par les habitants eux-mêmes. Ceux-ci s’identifient à leur quartier. On y voit des tramways qui circulaient bien avant que les derniers immeubles ne soient construits, mais pas de voitures. De même, l’école, les jardins d’enfants, les terrains de jeux et une maison de quartier étaient déjà en place lorsque les habitants se sont installés.

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Les citoyens ont été associés aux discussions et ont pu faire part de leur vision du quartier dès la première étape du projet, dans le cadre d’une procédure participative. C’est ainsi qu’est né un quartier conçu non pas de manière bureaucratique, sans se préoccuper des gens, mais élaboré en commun avec eux.

Cette voie est plus difficile que les procédures de planification habituelles. Elle demande plus de temps et exige que toutes les parties : citoyens, conseil municipal, administrations et architectes, soient prêtes à faire des compromis, à accepter des opinions différentes et à se respecter mutuellement. Mais cette voie conduit aussi à de meilleurs résultats.

Avec les citoyens, nous avons défini les objectifs directeurs et les principes de base établissant le cadre structurel du nouveau quartier. Ces objectifs sont les suivants :

· - un quartier pour les familles,

· - un quartier où les enfants peuvent grandir dans un environnement de qualité,

· - un quartier écologique pour l’approvisionnement énergétique, les transports, l’aménagement des terrains de jeux et des espaces non bâtis,

· - un quartier où les habitants peuvent vivre agréablement sans voiture et disposer néanmoins de bons moyens de transports,

· - un quartier avec de nouvelles formes d’habitats, par exemple avec des collectifs qui conçoivent et construisent ensemble leur immeuble,

· - un quartier où l’on peut vivre et travailler avec de bonnes infrastructures publiques et privées, avec une école, des jardins d’enfants, des commerces pour les besoins quotidiens et des emplois.

Objectifs atteints :

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Aujourd’hui, l’aménagement du quartier VAUBAN est terminé, plus de 5000 personnes y vivent. Dans aucun autre quartier de Fribourg ne vivent autant de jeunes familles avec de jeunes enfants. Dans aucun autre quartier les enfants et les adolescents ne trouvent d’aussi bonnes infrastructures.

Le concept écologique du quartier est unique. Une centrale thermique à bois a été construite pour fournir chaleur et électricité. Des standards d’isolation thermiques plus exigeants que les dispositions légales sont en vigueur dans le quartier : constructions à basse consommation d’énergie, maisons à énergie positive, c’est-à-dire des maisons qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. La plupart des toits sont équipés d’installations solaires.

VAUBAN est un quartier pratiquement sans voiture particulière. De nombreux habitants ont choisi de vivre là car ils peuvent se passer de leur voiture personnelle et se déplacer en tramway ou à vélo et utiliser le covoiturage pour leurs autres déplacements privés. Aujourd’hui, moins de 90 habitants de VAUBAN sur 1000, utilisent une voiture particulière. Alors qu’en Allemagne 50% de la population possède une voiture. Ce nombre est de 40% pour la ville de Fribourg et de 9% pour VAUBAN.

70% des immeubles et des appartements ont été conçus et construits par les habitants eux-mêmes, selon leurs propres idées et en fonction de leurs besoins personnels, dans le cadre de collectifs de construction ou de projets individuels. Cette démarche se traduit par une architecture créative, très variée, attractive et un esprit communautaire particulier. Les gens vivent ensemble et non pas de manière anonyme, les uns à côté des autres.

Plusieurs centaines d’emplois ont été créés à VAUBAN. Différents commerces permettent de se procurer tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne.

Un développement durable :

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Le développement urbain durable implique, dans la pratique, que nous pensions la ville avant tout comme un espace où vivent des êtres humains, que nous déterminions notre politique essentiellement en fonction des besoins et des attentes des citoyens. Ce principe sera fructueux si nous réussissons à impliquer les citoyens, Les gens ne veulent pas d’un projet tout prêt, élaboré de manière bureaucratique. Ils veulent avoir la possibilité et les moyens de prendre part aux décisions. Ils veulent présenter leurs propres idées, car ce sont eux, en fin de compte, qui vivront dans cet espace et ils veulent s’y sentir bien.

Celui qui a participé activement à la conception et à l’aménagement de son quartier s’identifie au résultat et se sent responsable de ses biens et des équipements publics. Pour nous les Maires, pour nos Mairies, nos Conseils Municipaux et nos administrations municipales, cette voie implique que nous modifions notre façon de penser. Nous devons partager nos compétences en matière d’aménagement urbain avec les citoyens et en retour, nous gagnerons leur engagement.

C’est pourquoi la réalisation du quartier VAUBAN, à Fribourg, est bien plus qu’une simple expérience. C’est un modèle de conception du développement urbain pour l’avenir, pour et avec les citoyens.

Un exemple à suivre pour le terrain des Groues à Orléans…