Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

18/05/2009

BedZED, un quartier "zéro émission" au sud de Londres

350px-Bedzed.jpg

BedZed, un écoquartier durable au Sud de Londres

 

bedzed-presentation.jpg

BedZED ou Beddington Zero Energy (fossil) Development est un petit quartier, îlot résidentiel de 82 logements pour 250 habitants, construits au sud de Londres par le cabinet d’architectes Bill Dunster.Le projet couvre 1,7 hectares. Il comprend 2 500 m² de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant ainsi qu’une unité de cogénération. C’est le premier ensemble de cette taille et à ce niveau d’efficacité énergétique à avoir été construit au Royaume-Uni, avec les principes de l’Habitat écologique, la recherche d’alternatives à l’automobile, la diminution des pollutions et des émissions de CO2 ainsi que la mise en place d’un objectif social.

Sutton, banlieue londonienne

La ville résidentielle de Sutton, située à 40 mn en train au sud-ouest de Londres, fait partie des 32 municipalités constituant le grand Londres. Elle est riche d’une population estimée à 175 000 âmes, où la “middleclass” prédomine. À l’image de ses consœurs, elle est engagée dans la lutte contre les rejets de dioxyde de carbone qui, avec 60 millions de tonnes émises chaque année -soit l’équivalent des rejets du Danemark-, font du grand Londres la métropole championne du monde en la matière.

BedZED, un quartier “patchwork”

BedZED -pour Beddington Zero Energy (fossil) Development (Développement énergie zéro fossile)- est le premier îlot résidentiel à avoir été construit à grande échelle au Royaume-Uni, sur le principe d’un apport neutre en carbone. Bâti sur un ancien site houiller de 1,7 ha, BedZED rassemble une variété de lieux : 82 logements, 2 500 m² de bureaux et commerces mais aussi un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant.

Loin d’être réservé à une élite piquée d’écologie, BedZED affiche un patchwork social. Ainsi, plus de la moitié des logements a été réservée à des familles à revenus modestes, selon les voeux de la Fondation Peabody -la plus importante organisation caritative de Londres dédiée à l’habitat et partenaire du projet. Quant aux habitations, elles ont été vendues au prix du marché traditionnel, le surcoût de certaines installations ayant été amorti par l’accueil d’activités de bureaux et de commerces dans le quartier.

Une ville éco-citoyenne

C’est en 1986 que la ville de Sutton affiche clairement son engagement dans le développement durable en publiant sa Déclaration environnementale. Ce document contient pas moins de 26 points qui listent et précisent les grands objectifs et responsabilités environnementaux dont la cité souhaite se doter.

Dès 1994, une réflexion sur l’Agenda 21 local est amorcée lors d’une conférence d’envergure réunissant une multitude de partenaires -rien moins que 34 groupes d’intérêt !- autour de 5 thèmes fondamentaux: transport, efficacité énergétique, protection de la nature et urbanisme, économie locale.

La même année, la ville s’engage dans une procédure EMAS (système européen de management environnemental et d’audit permettant d’évaluer, d’améliorer et de rendre compte de la performance d’une organisation) qui affiche quatre objectifs majeurs :

• Permettre à la municipalité de conserver son leadership national en tant que collectivité locale “verte”.
• Fournir une aide méthodologique à la mise en oeuvre d’un développement durable et d’un Agenda 21 local.
• Développer des procédures d’appels d’offres en intégrant des critères de performances environnementales.
• Fournir à tous les intervenants intra ou extramunicipaux un cahier des charges permettant de contribuer aux “objectifs et à la politique environnementale locale”.

Dix ans après la promulgation de sa Déclaration, la ville de Sutton publie, en 1996, son premier document relatif à l’Agenda 21 local. Parmi les préconisations d’ores et déjà mises en oeuvre, l’obligation, dès janvier 1999, de certification EMAS ou ISO 14001 des fournisseurs de la ville. C’est bien ce fort engagement municipal qui a impulsé un cadre privilégié pour l’aménagement d’un quartier durable.

BedZed-plan-ensemble.jpg

Naissance d’un “éco-village”

BedZED est une expérience pilote lancée à l’initiative de l’architecte Bill Dunster, réputé pour son intérêt pour les maisons solaires. Partant du constat que : “Les réserves de pétrole du Royaume-Uni seront épuisées dans dix ans, aussi devons-nous préparer notre société à mieux gérer les ressources de la planète”, ce dernier veut apporter la preuve que mettre le développement durable en pratique à l’échelle d’un quartier est possible, en tablant notamment sur le “zéro énergies fossiles”.

Initialement, le site de BedZED est choisi avant tout parce qu’il présente plusieurs avantages stratégiques:

• Il est situé dans une des banlieues de Londres les plus actives en matière de développement durable (Agenda 21 local de Sutton).
• Il dispose, à proximité, des plus grands espaces verts du sud de Londres.
• Il est relié au réseau existant des transports publics (proximité de la gare de Hackbridge, arrêt sur la nouvelle ligne de tramway entre Wimbledon et Craydon), ce qui permet de réduire l’utilisation des voitures particulières.

Dès lors, la planification de la construction du quartier est lancée en 1999 par les principaux partenaires du projet BedZED : la Fondation Peabody, le cabinet d’architectes Bill Dunster et le cabinet de conseil en environnement Bioregional.

Puis, tout s’enchaîne à un rythme soutenu. Les travaux de BedZED démarrent en 2001. Début 2002, la première tranche de construction est déjà terminée. Entre mars et novembre 2002, les premiers résidents occupent les lieux.

Des choix architecturaux récompensés

Le premier regard sur l’architecture de BedZED peut surprendre. Les sept corps de bâtiments du quartier sont imposants, comparés aux constructions des zones pavillonnaires des alentours. L’architecture a été pensée dans le but d’offrir un cadre de vie attractif et un environnement agréable à la population.

Chaque logement dispose d’une serre, exposée au sud afin de capter la chaleur et la lumière du soleil, et d’un jardinet d’une quinzaine de mètres carrés habituellement situé en face de la serre.

L’espace de vie est agréable, aménagé et utilisé selon les goûts des habitants. Volontairement, les bureaux sont protégés du soleil.

Un judicieux système de passerelles, jetées audessus des allées, permet aux résidents des étages supérieurs d’accéder plus facilement à leur logement et à leur mini jardin privatif. Des espaces réservés aux cyclistes et aux piétons ont été aménagés devant les logements ainsi qu’entre deux corps de bâtiments : les enfants peuvent y jouer en toute sécurité.

En juillet 2000, le projet BedZED est couronné par le Prix de l’IRCA (Institut Royal des Bâtisseurs et des Architectes) et reçoit une consécration en devenant modèle du programme de logement “eco-homes” (maisons écologiques) prévu par le
gouvernement anglais , soit 1 million de logements sur 10 ans !

L’éco-conception en pratique

A la fois simple et ambitieux, le dessein des pères du projet est de créer un quartier qui réduira de moitié son empreinte écologique. Pour y parvenir, il faut évaluer la surface totale requise qui permettra de produire les ressources utilisées, afin de répondre à la consommation d’énergie et de fournir l’espace nécessaire aux infrastructures (logements, routes…). Les partenaires souhaitent construire un quartier qui ne dégrade pas l’environnement, qui réemploie, recycle et consomme toutes les sources d’énergie générées (en unités de CO2) et recourt au maximum aux ressources locales. Résultat : des transports limités, un développement économique local renforcé et une identité culturelle préservée, selon le schéma d’une boucle.

Les objectifs sociaux

• Offrir aux résidents une haute qualité de vie sans sacrifier les avantages que procure le milieu urbain.
• Prendre en compte tous les aspects économiques et sociaux en proposant à la fois l’accès à la propriété pour des familles aisées et la location pour des foyers disposant de revenus modestes.

Pour réussir ce pari, les concepteurs de BedZED ont réalisé une gigantesque ACV (Analyse de Cycle de Vie) qui mesure l’impact environnemental de la vie d’un produit, depuis sa réalisation jusqu’à sa mise au rebut… ou son recyclage (“du berceau à la tombe”). Dans le cas de BedZED, l’ACV a été effectuée sur toute la vie d’un quartier, de la construction des logements aux différents besoins en ressources énergétiques, en passant par les transports, les activités professionnelles, la vie sociale et culturelle, la gestion des déchets, la gestion de l’eau…

Au final, cette rationalisation permet à BedZED de réduire de 50% son empreinte écologique. Le calcul de l’empreinte s’appuie sur un scénariotype appliquant des ratios moyens liés aux modes de vie et à l’usage des bâtiments.

Pour donner un ordre de grandeur, comparativement à des habitations classiques, le chauffage y est réduit de 90%, la consommation totale énergétique de 70% et le volume des déchets de 75%.

L’enjeu de la densité

Le modèle architectural et urbanistique de BedZED a permis d’obtenir une densité de 105 logements et 200 bureaux par hectare (excepté la surface des terrains de sport), tout en respectant une hauteur de construction de 3 étages maximum.

La forte densité du centre du quartier -où 500 personnes habitent et travaillent par hectare- a été obtenue grâce à l’intégration architecturale des espaces d’habitation (façade sud des immeubles) et des espaces de travail (façades nord).

 

BedZEDSign-beddington-zero-fossil-energy-development.jpg

Les objectifs énergétiques
• Réduire la consommation d’énergie de 60% par rapport à la demande domestique moyenne.
• Ne pas utiliser d’énergies fossiles.
• Réduire de 50% la consommation des énergies pour le transport.
• Réduire la demande de chauffage de 90%.
• Utiliser des énergies renouvelables.

Les objectifs environnementaux
• Réduire la consommation d’eau de 30%.
• Réduire le volume des déchets et accroître le recyclage.
• Utiliser des matériaux de construction provenant pour moitié d’un rayon inférieur à 60 kilomètres.
• Développer la biodiversité des espaces naturels.

Une maîtrise des coûts

Sur le plan financier, le projet a bénéficié de deux paramètres déterminants. Compte tenu de la localisation géographique de BedZED, le prix du terrain s’est finalement avéré peu élevé. Qui plus est, dans le cadre de son Unitary Development Plan (UDP), le London Borough of Sutton avait déjà identifié le besoin de construire des logements dans le respect d’un faible impact environnemental global.

Mandaté par ce dernier, le bureau d’études indépendant Aspinalls & Co, spécialisé en économie de l’environnement, a effectué une étude d’impact environnemental du site et évalué le prix du terrain.

Cette étude a proposé une remise de 200 000 £ en faveur de la Fondation Peabody, instaurant ainsi un précédent dans la mise à disposition de terrains pour les collectivités en recherche d’une “meilleure valeur”. En effet, conformément au droit anglais de la planification (Planning Act de 1990), les performances environnementales concourrant à une maîtrise du développement et de l’usage du foncier permettent contractuellement de négocier un gain avec les collectivités.

Selon le cabinet d’architectes Bill Dunster (données d’avril 2002), le coût total de développement de BedZED est d’environ 17 millions d’€. Il est ventilé de la façon suivante : 14 millions pour les coûts de construction, 2,5 millions pour les taxes professionnelles, 0,5 million pour les coûts de planification et le contrôle de la construction.

Les coûts de construction se sont montés à 930 £/m2 pour les logements, à 752 £/m2 pour les bureaux et à 636 £/m2 pour les commerces. Les coûts des travaux, hors conception et contrôle, ont atteint près de 7,25 millions de £, exception faite de l’unité de cogénération (640 000 £) et des équipements sportifs avec infrastructures (300 000 £).

En conclusion, le prix d’un logement à BedZED est à peu près 20% plus cher que le prix moyen de l’immobilier dans cette banlieue, mais bénéficie de services locaux améliorés et d’une baisse drastique des charges d’exploitation.

Des partenaires engagés

Ils sont trois à avoir cru et porté de bout en bout le projet de BedZED avec, bien sûr, le soutien du conseil municipal de Sutton fortement engagé dans une démarche d’Agence 21 local :
• La Fondation Peabody, qui représente la plus grande institution caritative de Londres et dont l’activité est consacrée à l’aide au logement,
• L’association Bioregional Dévelopment Group, agence environnementale très active,
• Le cabinet d’architectes Bill Dunster, spécialiste de la construction à zéro émissions.

Enfin, l’association WWF International a rejoint l’équipe dès les débuts et a soutenu le projet jusqu’à aujourd’hui. À son initiative, une structure franco-britannique a été créée pour importer en France l’approche de BedZED.

Le choix de la gouvernance


Afin que l’ensemble des acteurs du quartier de BedZED, à tous les niveaux, puissent s’approprier le projet, deux types d’organisation ont vu le jour :
• BedZEd Center est un lieu d’information coanimé par Bioregional et le cabinet Bill Dunster. Il a pour vocation de faire la promotion du quartier et de communiquer sur son concept d’élaboration (organisation de visites guidées du site, de séminaires, lieu d’expositions permanentes et thématiques).
• Les associations d’habitants ont, pour leur part, la responsabilité des activités d’animation du quartier, ainsi que la gestion de structures collectives (la crèche, par exemple) et de commerces (bars…).

La mobilité sans voiture personnelle


Les Gaz à Effet de Serre (GES) générés par le transport individuel constituent une source diffuse sur laquelle il est encore difficile d’agir, car elle concerne l’organisation sociale et l’aménagement du territoire. Les déplacements individuels se réalisent quotidiennement de manière pendulaire (domicile / travail), ainsi que de manière diffuse (vers les lieux de commerce, d’activités de loisir et sportives).

Les facteurs liés à l’usage du logement et du quartier ont également contribué à la définition du projet. Dans l’optique d’une autonomie optimale et du développement local, l’implantation du quartier a été décidée au regard des besoins en déplacements des habitants.

Les concepteurs de Bedzed ont misé leurs efforts sur des objectifs de réduction des besoins en déplacement en voiture particulière et sur des solutions alternatives moins polluantes. L’objectif était donc double : réduire la dépendance des habitants vis-à-vis de la voiture, et limiter les pollutions (utilisations d’énergie fossile, pollution sonore). Les espaces publics ont été aménagés de façon à privilégier les piétons et les cyclistes.

Les transports planifiés


Un plan de déplacements écologique (Green Travel Plan) a été adopté afin de réduire l’impact environnemental des déplacements des résidents de BedZED. L’objectif est la diminution, dans les dix prochaines années, de 50% de la consommation de carburant des véhicules. La Fondation Peabody et Bioregional se sont engagées à l’intégrer comme obligation réglementaire dans les critères d’attribution du permis de construire.

Quatre points principaux structurent ce plan.


Réduire le besoin en déplacements
• La mixité fonctionnelle du quartier permet aux résidents travaillant sur place de réduire les déplacements, puisque les bureaux et les différents services (café, garderie, pharmacie, centre médical) sont à proximité des habitations.
• Un service internet pour faire ses courses a été mis en place, en collaboration avec un supermarché local qui gère et coordonne les livraisons.

Offrir des solutions alternatives à l’utilisation du véhicule personnel

• Des emplacements de parkings à vélos et des pistes cyclables sont prévus jusqu’à Sutton.
• Une politique du “piéton prioritaire” est favorisée notamment grâce à des chemins bien éclairés, accessibles aux personnes handicapées, et à des rues dotées de ralentisseurs.

En terme d’aménagement, la priorité a été donnée aux piétons sur l’ensemble du quartier avec une réduction importante des places de parkings. Pour pallier les besoins de voiture individuelle, une initiative de club de location de voiture encourage le choix d’une voiture partagée (car sharing) aux dépens de la voiture privée. Cette démarche a permis le passage d’une voiture par ménage à une voiture pour quatre à cinq ménages.

En parallèle, en concevant le site avec moins de parkings, plus de logements ont pu être construit avec l’avantage de procurer une meilleure rentabilité pour la société Peabody.

Par ailleurs, 777 m2 de panneaux photovoltaïques installés sur les toits peuvent approvisionner jusque 40 véhicules électriques. L’achat du véhicule est à la charge de l’habitant, tandis que l’énergie électrique est offerte. Nous verrons toutefois que cette infrastructure collective n’est pas pour autant plébiscitée par les habitants : la modification des usages nécessite davantage que la mise à disposition d’alternatives.

Promouvoir les transports publics

• Deux lignes de bus desservent le quartier.
• Les deux gares de Hackbridge et de Mitcham Junction, proches de BedZED, proposent des liaisons directes pour Sutton et la gare de Victoria (Londres) ainsi qu’une liaison par la Tamise pour le nord de Londres.
• Un tramway au départ de Mitcham Junction assure la liaison avec Wimbledon.
• Au sujet des voitures électriques, BedZED ambitionne sous dix ans de produire suffisamment d’électricité avec ses toits photovoltaïques pour alimenter 40 véhicules électriques. Actuellement, 3 voitures (GPL, électrique) sont à disposition des 35 habitants membres du club automobile.

Gérer rationnellement les parkings
• Aucune place de parking n’est allouée spécifiquement à un logement, en raison de sa possible occupation, pendant la journée, alternativement par les résidents et les employés. Une cinquantaine de places de parking, louées à l’année, sont proposées aux quelque 250 résidents et à la centaine d’employés de bureaux.
• Pour les propriétaires de véhicules, les places de parking sont payantes : 132 €/an pour un véhicule essence ou diesel, 66 € pour du GPL et gratuité pour l’électrique (rechargeable gratuitement avec l’électricité des 777 m2 de panneaux photovoltaïques).

L’énergie maîtrisée

Les objectifs par logement sont de réduire de 60% la consommation énergétique et de 90% la consommation de chauffage, par rapport à un logement traditionnel au Royaume-Uni.

Des techniques et sytèmes innovants

Plusieurs solutions de techniques de construction et de systèmes sont mises en oeuvre à BedZED :
• Grâce à un système de super-isolation des toitures, des murs et des planchers les pertes de chaleur sont drastiquement réduites. Ainsi, l’énergie calorifique provenant du soleil, de l’éclairage, de l’eau chaude et des activités quotidiennes (comme la cuisine) maintient le logement à une température agréable. L’épaisseur des murs (30 cm) protège des trop fortes chaleurs estivales excessives et retient la chaleur en hiver.
• Les fenêtres disposent d’un triple vitrage. Un échangeur de chaleur dans le système de ventilation naturelle permet de récupérer 50 à 70% des calories provenant de l’air vicié évacué.
• Les cuisines sont toutes équipées d’électroménager à forte économie d’énergie et d’ampoules basse-consommation ; ainsi, même si une ampoule est allumée dans chaque pièce, la consommation totale d’électricité dans une habitation est de 120 W maximum. Par ailleurs, les compteurs étant installés dans la cuisine, il est aisé de surveiller la consommation.

Le recours aux énergies renouvelables
• L’énergie solaire est captée au maximum sur les façades sud des logements, via de grandes baies vitrées qui font office de serres. Pas moins de 777 m² de panneaux solaires photovoltaïques (toiture du local abritant la cogénération, allèges de certaines baies vitrées…) complètent la production d’électricité et permettent également de recharger les batteries des 40 véhicules électriques de la société de location installée sur le site pour les seuls besoins des habitants du quartier. Ces panneaux produiront en pointe jusqu’à 109 kW. Ils ont été financés, pour partie, par le programme Thermie de l’Union européenne.
• Un système de co-génération assure le chauffage de Bedzed. Cette unité fonctionne par combustion de copeaux de bois, à raison de 850 tonnes par an. Elle est également dimensionnée pour produire toute l’électricité nécessaire à la vie de Bedzed, soit 135 kW. L’excédent est exporté sur le réseau national. Les pics de consommation sont couverts par ce raccordement au réseau. L’unité de cogénération produit également la chaleur de l’eau chaude sanitaire et la distribue à travers des canalisations bien isolées. L’eau arrive dans des ballons positionnés au centre des habitations et des bureaux pour leur faire bénéficier d’un apport connexe de chaleur. La capacité de l’unité de co-génération, actuellement de 726 000 kWh d’électricité par an, devrait rejeter 326 tonnes de CO2 annuelles. Mais, la production provenant d’énergies renouvelables, l’unité fait économiser en définitive 326 tonnes de CO2 à la production électrique nationale.

Un système de cheminées, fonctionnant avec la seule énergie du vent, assure la ventilation des logements et garantit ainsi un bon renouvellement de l’air intérieur. L’air qui sort de ces bâtiments à isolation thermique renforcée chauffe celui qui entre -avec une récupération de 50 à 70% des calories provenant de l’air vicié évacué grâce à un échangeur de chaleur intégré. Le haut des cheminées, en forme de capuchons abat-vent très colorés, symbolise le projet BedZED.

L’eau récupérée et traitée


Pour parvenir à réduire de 50% -par rapport à la moyenne nationale- la consommation d’eau par personne à BedZED (76 l/ jour à Bedzed contre 150 l/jour), plusieurs solutions ont été retenues et donnent des résultats.
• Le pré-équipement d’appareils à faible consommation (machines à laver de classe énergétique A consommant en moyenne 39 litres d’eau, contre 100 litres pour les appareils traditionnels).
• L’installation de baignoires à plus faible contenance et l’utilisation de réducteurs de pression. Ces derniers permettent de réduire de 11m3 par an et par habitant la consommation d’eau pour les douches.
• La pose de chasses d’eau à double débit -2 et 4 litres- permettant un gain de 11 000 litres par an et par habitant.
• L’utilisation maximale de l’eau de pluie : il est prévu que 18% de la consommation quotidienne de Bedzed provienne de l’utilisation de l’eau de pluie, de l’eau recyclée, stockées dans d’immenses cuves placées sous les fondations. Cette eau sert à alimenter les chasses d’eau et à arroser les jardins.
• L’incorporation de graviers dans le revêtement de la surface des parkings, afin de minimiser le ruissellement des eaux. Les eaux d’écoulement des toits, des rues et des trottoirs sont drainées par une rigole spécialement conçue pour une parfaite intégration dans l’environnement.
• La distribution à tous les résidents d’un guide contenant des conseils pour réduire sa consommation d’eau. Le traitement des eaux usées de BedZED est réalisé par sa propre station d’épuration appelée “Living Machine” (Green Water Treatement Plant). Le système de traitement biologique (boues activées) consiste à extraire des nutriments pour l’amendement des sols et à traiter les eaux à un niveau qui permet de les réutiliser une fois traitées (traitement UV) pour l’alimentation des chasses d’eau en complément de l’eau de pluie. Silencieuse et inodore, la station d’épuration est bien intégrée dans le paysage.

Des déchets mieux gérés

Afin d’encourager la population à adopter les bons réflexes de tri des déchets, chaque appartement est équipé de bacs à 4 compartiments : verre, plastique, emballage et déchets biodégradables, intégrés sous l’évier. Pour ces mêmes familles de déchets, des aires d’apport volontaire sont implantées à différents endroits du quartier.

Dans l’objectif de compléter les équipements de recyclage existants, un dispositif de compostage des déchets organiques, sur place, est proposé dans le cadre des actions éco-citoyennes “green lifestyle project”.

Les matériaux locaux privilégiés


Dans la mesure du possible, des matériaux naturels, recyclés, récupérés et réutilisés ont été choisis pour la construction du quartier. L’approvisionnement de ces matériaux et produits doit également s’effectuer, autant que faire se peut, dans un rayon maximum de 60 Km, afin de réduire la pollution et les impacts liés au transport et de favoriser l’économie locale.

• Les matériaux naturels : choix des bois provenant des forêts locales, durablement gérées et/ou certifiées Forest Stewardship Council (FSC). Ainsi, le chêne est utilisé pour le bardage des murs extérieurs. Aucun matériau employé ne contient de formaldéhyde, pour éviter les risques d’allergie des occupants.
• Les matériaux récupérés : portes, menuiseries intérieures, poutres métalliques, mâts d’échafaudage (pour faire des rampes et des balustrades), bordures de trottoir et dalles de pierre…
• Les matériaux recyclés utilisés : plastique pour les portes des meubles de cuisine et des plans de travail, granulat concassé pour la sous-couche des routes.

Une forte proportion des matériaux les plus lourds (briques, parpaings, 50% du béton, 80% des bois et toutes les plaques de plâtre) provient de fabrications locales. Cependant, certains matériaux ou équipements ne sont pas disponibles auprès des fournisseurs locaux, ni même à l’intérieur des frontières britanniques. Ainsi, pour le triple vitrage à l’argon, il n’existait pas à l’époque, en Grande-Bretagne, de distributeur qui puisse offrir les volumes nécessaires et respecter les spécifications techniques demandées à un prix compétitif. Ces vitrages ont donc été importés du Danemark.

Le concept BedZED s’est développé comme un produit “témoin” de logement-bureau intégré - ZED model-, disposant de ses propres fournisseurs et techniques environnementales chiffrées et d’une performance qui puisse être planifiée et testée.

Lors de l’élaboration d’un nouveau programme de logements, la performance environnementale peut donc se transformer en argument marketing, sous la forme de “valeur ajoutée” par rapport à des prestations ou services de base.

Le modèle BedZED est en train de s’exporter, notamment en Europe du sud (Portugal) et en France (agglomération lyonnaise).

Dans le cadre du suivi de l’empreinte écologique, les indicateurs, présentés ci-dessous, ont été identifiés et sont renseignés par Biorégional. L’évaluation du modèle BedZED est menée à travers une batterie d’indicateurs de performance de durabilité: Indicateurs pour l’évaluation des thématiques, Indicateurs Énergie, Indicateurs Eau, Indicateurs Transport, Indicateurs Matériaux, Indicateurs de situation du site, Indicateurs espaces verts, Indicateurs de coût.

Pour ce qui concerne plus spécifiquement la mobilité, les transports et l’accessibilité au site, voici quelques exemples d’indicateurs retenus:

Espace à vélo couvert par habitation: 1,42 m2
Nombre de bornes de chargement pour les véhicules électriques: 26

Distance pour aller à pied à la gare: 0,7 km - facilement praticable pour les piétons
Nombre de lignes de bus accessibles à moins de 100 m des limites du quartier: 2
Distance à pied pour aller à l’hypermarché: 3 km
Distance à pied pour aller chez le médecin ou dans un centre médical: 100 m
Distance à pied pour aller à la crèche: Implantation d’une crèche sur le site
Distance à pied pour aller au café ou au pub: Implantation d’un café sur le site
Distance à pied pour aller à l’école, au collège et au lycée: (respectivement) 0,6 km et 2 km
Possibilité de cultiver un potager à moins de 150 m de sa résidence: Oui - éco-parc et toits végétalisés

Conclusion


BedZed est rapidement devenue une référence en matière d’habitat écologique et de mobilité sans voiture. On vient la visiter depuis de nombreux pays. La démarche se rapproche de celle de la Haute qualité environnementale (HQE), des écoquartiers et des quartiers CarFree tels que le quartier Vauban à Fribourg (Allemagne) ou le GWL Terrein à Amsterdam (Hollande).

Le projet BedZED peut être qualifié de « durable » dans la mesure où il prend en compte le respect de l’environnement et la recherche d’une équité sociale, tout en permettant une maîtrise des coûts.

BedZED utilise de l’énergie qui provient de ressources renouvelables générées sur site. C’est la première communauté de vie de cette dimension « neutre en carbone » (qui n’ajoute pas de CO2 dans l’atmosphère). C’est l’exemple d’un développement qui ne fournit aucune contribution au réchauffement climatique mondial.

Les habitations, en vente ou en location à des prix abordables, attirent des gens ayant des revenus faibles et d’autres, disposant de revenus élevés.

L’empreinte écologique de BedZED est deux fois moindre que celle d’un quartier traditionnel.

BedZED apporte une réponse aux problèmes rencontrés par les planificateurs et les responsables politiques. Ce projet va d’ailleurs servir de modèle pour développer un vaste programme, sur dix ans, de construction de logements au Royaume Uni. BedZed pourrait servir de modèle pour la construction d’écoquartiers et de quartiers sans voitures en France et à l’étranger.

Ressources documentaires - Bibliographie

www.bedzed.org.uk
www.zedfactory.com : site de Bill Dunster, architecte de Bedzed
www.bioregional.com

BedZed sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/BedZED

BedZED, un éco-quartier est né, La Lettre de l’IGAPURA, Septembre 2004.

BedZED, un quartier ‘zéro émission’ au sud de Londres, Agence de développement et d’urbanisme de Lille métropole : téléchargez la fiche de cas au format pdf (754 Ko) BedZed_quartier-zero-emission-sud-londres.pdf

Modes de vie urbains durables- BEDZED, une vitrine des possibles, Collection urbanisme durable: télécharger le document au format pdf (969 Ko) Bedzed_part1-2.pdf

 

bedzed1_cle22741e.jpg

 

bedzed2_cle2efce3.jpg

 

bedzed3_cle2b38f7.jpg

 

bedzed4_cle2ea4e6.jpg

 

bedzed_cle189787.jpg

 

bedzed5_cle29b415.jpg

Ecoquartier Roque-Fraïsse de St Jean de Védas (Hérault)

Vers un futur écoquartier à St Jean de Védas dans l'Hérault (34) :

Ci-dessous l'emprise de ce futur quartier :

 

Roque Fraisse 1.jpg

 

 

Voici 7 objectifs que pourrait poursuivre ce nouvel écoquartier :

 

« 7 objectifs pour un quartier durable »

 

1. Un quartier présentant un bilan global « Impact Zéro CO2 »

2. Un quartier « Sans voiture » = circulation intérieure maîtrisée

3. Des « bâtiments passifs» = réduction de moitié de la consommation d’énergie

4. Les besoins énergétiques « couverts par des énergies renouvelables »

5. Des consommations en « eau potable ré́duites de moitié́ »

6. « Tri sélectif à la source » et « collecte silencieuse » des déchets

7. Mise en place de « services pour faciliter les gestes ́éco citoyens »

Quartier du Théâtre, quartier durable

La ZAC du Théâtre à Narbonne dans l'Aude :
narbonne.jpg

Article du 22 novembre 2008

Narbonne lance son quartier sans voitures

Suite à plusieurs voyages chez nos voisins comme Bedzed en Angleterre et Fribourg-en-Brisgau en Allemagne, la ville de Narbonne a un grand projet : la construction du Quartier du Théâtre, un quartier sans voitures. Ce quartier sera à proximité du cœur de la ville.

Le projet de la construction du quartier du Théâtre :
- Aucune émission de CO2
- Pas de voitures
- Bâtiments passifs (auto suffisant en énergie)
- Energie 100 % renouvelable
- Tri et collecte des déchets (silencieux et par aspiration)

Ce quartier comptera 650 logements sur 16 hectares (dont 20% de logements sociaux) tous accessibles aux personnes handicapées. La réalisation du quartier est prévue sur 7 ans en trois tranches pour ce qui concerne la construction des bâtiments.

Volonté politique

Le Plan de Déplacement Urbain a pour objectif de favoriser les mobilités douces. Le Quartier du Théâtre doit être résolument un quartier « sans voiture ». Pour le quartier du Théâtre, il est important de montrer que le piéton est plus important que la voiture et il est nécessaire d’établir un lien clair avec le centre ville, le centre commercial, le parc des sports et de l’amitié.
Le maire de Narbonne, Michel MOYNIER, a présenté le projet lors d’une séance publique regroupant 900 personnes, le 4 avril 2007.

Un beau projet à suivre. Narbonne montre désormais l’exemple pour toutes les autres villes !

 

Le projet complet du quartier du Théâtre lors de sa présentation le 18 octobre 2007 :

- démarche pour un développement durable,

- planification énergétique

- "quartier durable" : ambition et objectifs

- conduite du projet

- mobilité

- bâtiments

- énergie

- eau

- déchets

- services aux habitants éco citoyens

- caractéristiques générales du quartier

Cliquer sur le lien pour découvrir la présentation complète :

561_F201SAM.jpg
Photo F.TALLIEU

 

La zac du Théâtre officiellement enterrée - Édition du Midi Libre samedi 16 mai 2009

Le conseil municipal a entériné jeudi soir la mise en place d'une zone d'aménagement concerté sur l'entrée Est de la ville. A quelques secondes près, le carillon du Palais des Archevêques sonnait les douze coups de minuit lorsque la séance publique du conseil municipal de ce jeudi 14 mai a été levée. Malgré près de six heures de travaux - le temps d'examiner 47 dossiers - le maire Jacques Bascou et les conseillers municipaux ont tenu leur rang. Seuls quelques bâillements ou autres crampes d'estomac ont témoigné de signes de lassitude...Au cours de cette longue soirée de débats, la majorité municipale a notamment voté pour la suppression de la zone d'aménagement concerté du quartier du Théâtre. Autrement dit, elle a enterré officiellement le quartier de développement durable, porté par la précédente municipalité.
Cette décision ne pouvait que toucher au coeur l'ancien maire, Michel Moynier, défendant contre vents et marées son projet : « Je comprends votre choix. Vous avez toujours été contre ce quartier. C'est un choix grave pour l'avenir et le développement économique de Narbonne. Vous arrêtez ce projet au moment où de nombreux maires, comme Ayrault à Nantes ou Delanoë à Paris, par exemple, investissent dans les quartiers de développement durable. Vous commettez une faute. C'est votre problème » .
Bien évidemment, le député-maire Jacques Bascou n'a pas la même vision des choses. « J'assume nos choix. L'équilibre de ce projet n'existait pas. C'était une belle utopie. Nous continuerons dans le développement durable raisonnable » précisait-il avant de procéder au vote. Seuls les neuf conseillers municipaux de "Nouveau Narbonne" s'opposaient à la suppression de cette zone d'aménagement concerté du quartier du Théâtre.
Dans la foulée, le député-maire et sa majorité ont lancé une zone d'aménagement concertée de 110 hectares à l'entrée Est de la ville. Campus universitaire, équipements publics et sportifs - le stade sera la priorité - habitats (1 000 à 1 800 logements), commerces et bureaux devraient y côtoyer le Musée de la Romanité. Un dossier qui incarne une vraie rupture entre les deux gouvernances.

Jean NOTÉ

14/05/2009

Rubrique Coup de Coeur

La phrase de la semaine :

Édition Midi Libre du dimanche 10 mai 2009

Il faut en finir avec
les lotissements où seules
les voitures se connaissent
et refaire du village dans
nos villages

Yvon Pellet, maire de Saint-Geniès, lors de la présentation de la maison témoin du quartier des jeunes

C'est beau comme une poésie et plein de bon sens... interdit aux voitures !

vivre-sans-voiture.jpg

08/05/2009

Dix-huit écoquartiers bientôt en France...

Dix-huit écoquartiers bientôt en France :

Certains sont déjà créés, d'autres sont au stade de l'étude.

LaRevueDurable du mois d'avril 2008 a réalisé sur le sujet un dossier complet dont sont extraits les documents suivants.

Quels choix ont été retenus pour la mobilité, la limitation de voiture, les consommations énergétiques des bâtiments, les sources d'énergie, les matériaux, l'eau, la promotion de modes de vie durable, la mixité sociale ?

Voici les villes ayant déjà fait le choix de l'implantation d'écoquartiers :

Dunkerque, Lille, Douai, Le Havre, Nanterre, Paris, Limeil-Brévannes, Rennes, Angers, Nantes, Poitiers, Mulhouse, Chalon-sur-Saône, Lyon, Grenoble, Echirolles, Narbonne.

D'autres écoquartiers pourraient voir le jour comme à Saint Jean de Védas dans l'Hérault (34) où un projet de 40 hectares à urbaniser est à l'étude.

Cliquez sur les documents ci-dessous pour les agrandir :

181.JPG
182.JPG
183.JPG
184.JPG
185.JPG
186.JPG
187.JPG

04/05/2009

RuralZED : un concept anglais de maison en kit zéro carbone débarque dans le Nord

RuralZed à Grande-Synthe dans le Nord :

Frédérique Vergne | 22/01/2009 | 16:04 | Innovation chantiers

L'un des derniers concepts d'éco-habitat créés par ZEDfactory, agence londonienne pionnière en matière d'architecture durable, vient de voir le jour dans le Nord de la France. Cette écomaison affiche une très haute performance énergétique grâce à la combinaison de différents procédés et équipements.

IMAGE_2009_01_27_1233048007_625x418.jpg
eco0
Fruit du travail des équipes de l'architecte anglais Bill Dunster, concepteur du fameux quartier BedZed, RuralZed se décline avec un degré de « durabilité » allant du niveau 3 au niveau 7. A Grande-Synthe, en vue d'implanter un futur éco-quartier basé sur cette maison en kit, un modèle de niveau 6 vient d'être monté. Tour du chantier.

IMAGE_2009_01_23_1232730868_625x418.jpg

écomaison
La structure est constituée de poutres usinées en lamellé-collé.

IMAGE_2009_01_23_1232730951_625x418.jpg
eco2
Les poutres verticales et horizontales de la structure sont jointes ensemble, grâce à un assemblage « tenon et mortaise »
IMAGE_2009_01_23_1232731005_625x418.jpg

eco3

IMAGE_2009_01_23_1232731047_625x418.jpg

eco4

Deux « cheminées de ventilation » sont posées. Baptisées « Windcowl » par les équipes de ZedFactory, elles sont associées à un échangeur de chaleur.

IMAGE_2009_01_23_1232731091_625x418.jpg
Eco5
Le système de ventilation « Windcowl » fonctionne sans électricité, simplement grâce au vent.

IMAGE_2009_01_23_1232731288_625x418.jpg

eco6
Le choix du béton pour les murs a été guidé par la recherche de matériaux à forte inertie thermique.
IMAGE_2009_01_23_1232731325_625x418.jpg
eco7
Le choix de la terre cuite pour le plafond a aussi été guidé par la recherche de matériaux à forte inertie thermique.

IMAGE_2009_01_23_1232731366_625x418.jpg
eco8
25 m2 de panneaux photovoltaïques convertissent l'énergie solaire en électricité, avec un rendement supérieur à 15%.
IMAGE_2009_01_23_1232731401_625x418.jpg
eco9
Un panneau solaire thermique de la ruralZED, d'une surface de 1,7m2, permet de chauffer 123 litres d'eau de 20 à 60°.
IMAGE_2009_01_23_1232731436_625x418.jpg
eco10
Côté sud, l'éco-maison est équipée d'un jardin d'hiver protégé par des storesrétractables en cas de forte chaleur. Côté est, pour éviter les ponts thermiques, le balcon est simplement accroché à la façade.
IMAGE_2009_01_23_1232731474_625x418.jpg
eco11
Côté Nord peu d'ouverture.
IMAGE_2009_01_23_1232731508_625x418.jpg

Eco12
L'appoint en eau chaude est fait par un poêle à granulés (rendement de 95 %), qui prend le relais des panneaux solaires thermiques, surtout en hiver.

Une maison en kit zéro carbone, à ossature bois lamellé certifié FSC, préfabriquée en usine, et construite en six semaines : voilà RuralZED, nom donné à cette écomaison, en référence au cabinet britannique ZED Factory qui a conçu le célèbre quartier londonien BedZED.
IMAGE_2009_01_23_1232724711.jpg
Les différentes options de la maison

La Ville de Grande-Synthe dans le Nord de la France a décidé de promouvoir ce nouveau type d'habitat en faisant l'acquisition d'un prototype, exposé en entrée de ville.

Construite en septembre et octobre 2008, par ZEDfactory associée à l'architecte Claude Debrock, avec le concours des entreprises locales, cette maison, destinée dans un premier temps à la visite du public, répond à un double objectif : servir de laboratoire en vue d'un futur écoquartier et sensibiliser les habitants à ce nouveau type d'habitat. « Un écoquartier, c'est une logique d'ensemble, explique Damien Carême, Maire de Grande-Synthe, : des maisons qui consomment peu, - une consommation de 50 kWh/m² à l'horizon 2010, pour aller à du 30, voire du 0 -, une densité élevée pour éviter l'étalement urbain qui contraint à plus de déplacements, un espace végétalisé avec des cours d'eau, où la voiture ne règne pas, un éclairage public économique et des transports en commun proches ».

Construction hermétique
Pour réduire la consommation d'énergie, l'écomaison associe plusieurs principes. Elle est orientée Nord-Sud, plutôt que Est-Ouest pour maximiser les apports solaires.

Les pertes de chaleur sont réduites grâce à une surisolation. La structure poteau-poutre en bois est secondée par une ossature plus légère créant ainsi un vide de 300 mm, comblé par un isolant. L'ensemble du bâtiment est ensuite entouré d'une membrane respirante (frein vapeur) qui permet à la maison d'être hermétique tout en laissant transiter l'humidité, pour une bonne régulation hygrométrique. Afin de réguler la température à l'intérieur de la maison, 21 tonnes de masse à forte capacité d'absortion thermique sont intégrées à travers les murs (béton écologique), le plafond (terre cuite) et le sol (pierre naturelle de Lens). En hiver, la masse thermique absorbe la chaleur passive pour la restituer dans des périodes plus froides, comme la nuit. Inversement, en cas de forte chaleur l'été, elle permet de maintenir une certaine fraîcheur dans la maison. Sur le toit, 25 m2 de panneaux photovoltaïques assurent la production d'électricité. D'où l'importance de l'orientation Sud, pour bénéficier au maximum de la lumière directe et des apports solaires passifs. L'excédent d'électricité produit est réintroduit dans le réseau EDF, grâce à un onduleur fourni.A consommation raisonnable d'un ménage, le surplus d'électricité injecté l'été et la quantité consommée l'hiver devrait s'équilibrer, pour une facture nulle. Les cellules pressées sont montées dans une structure en aluminium anodisée. A l'arrière du module se trouve une boîte de jonction étanche avec branchement.
IMAGE_2009_01_23_1232724883.jpg
Les différents niveaux de la maison

Ventilation naturelle contrôlée
L'écomaison est également équipée d'un «sunspace», une véranda sur deux niveaux avec de hautes fenêtres, pour un apport de lumière naturelle et un gain de chaleur optimum. En cas de forte chaleur, des stores rétractables protègent le «sunspace» des rayons directs du soleil et évitent la surchauffe.

A l'intérieur, la ventilation naturelle à récupération de chaleur, sans besoin électrique, est privilégiée. Elle fonctionne grâce à un système passif qui aspire l'air frais et rejette l'air vicié de toutes les pièces de la maison à tout moment. Situés sur le toit, deux «wind Cowl», qui permettent de sentir le vent tourner, utilisent un échangeur de chaleur, conçu par ZEDfabric, une filiale de ZEDfactory. L'air chaud sortant réchauffe l'air frais entrant. Ce système permet de récupérer 70% de la chaleur de la maison qui aurait été perdue dans un bâtiment standard tout en renouvelant trois fois par heure l'air intérieur.
IMAGE_2009_01_23_1232725042.jpg
Le système constructif

Chauffe-eau solaire et chaudière à granulés en relais
L'eau est chauffée grâce à un chauffe-eau solaire. Ces tubes sous vide, situés sur le toit, ont été conçus spécialement pour les climats où les températures extérieures sont basses. Ils contiennent un tuyau collecteur qui chauffe l'eau au soleil. Celui-ci est renfermé dans un tube de verre double paroi comme une bouteille thermo pour minimiser les pertes de chaleur.

Il est généralement difficile de faire des ratios de la puissance et du rendement des panneaux thermiques solaires qui dépend de beaucoup de paramètres: orientation, angle d'inclinaison, ombre, temps et conditions locales spécifiques. Mais il est généralement admis qu'un été moyen en Angleterre a un potentiel de 700 w/m2. En hiver, ce chiffre descend à 400 w/m2. Pour 4h d'ensoleillement, le capteur générera 1,76 kw par jour (440w x 4h), de quoi chauffer 27 litres d'eau de 5 à 60° ou 60 litres à 30°. L'appoint est alors fait par un poêle à granulés (rendement de 95 %), qui prend le relais notamment en hiver. La maison n'est pas équipée en radiateur, seuls deux porte-serviettes sont reliés au réseau d'eau chaude.

Dans le même esprit, les équipements sont pensés pour réduire les consommations d'électricité et d'eau. Ainsi, l'éclairage est à basse consommation, les appareils ménagers économes A+++ (taille non excessive du réfrigérateur, lave-vaisselle de 12 litres d'eau par cycle pour éviter tout usage excessif) avec possibilité de stopper la consommation d'électricité par un interrupteur. Afin de limiter les pertes en eau, le jet du robinet est aéré, pour réduire le débit tout en conservant la sensation d'un jet normal. Les toilettes possèdent une double chasse d'eau : de 4 et 6 litres.

Conçu par les services techniques de la Ville de Grande-Synthe et ZEDfactory, l'aménagement du jardin encourage la biodiversité au moyen d'une noue paysagère et d'espèces végétales diversifiées: essences régionales, saules tressés, arbres fruitiers. Une terrasse en bois et une passerelle amenant jusqu'aux bacs-potagers destinés à promouvoir l'autonomie alimentaire et la qualité des fruits et légumes. Les matériaux proviennent pour la plupart de la récupération, comme l'acier de la jardinière offerte par l'usine sidérurgique voisine, ou encore la réutilisation des pierres concassées issues des travaux de l'autoroute A25 pour les places de stationnement.

Conçue pour 5 générations (125 ans), l'écomaison RuralZED, construite en 6 semaines, devrait préfigurer l'écoquartier de Grande-Synthe, constitué de plus de 400 logements zéro carbone, dont 50% en collectif et 30% en individuel. « On espère commencer à construire dans les deux-trois ans, il faut mettre les bouchées doubles », explique Damien Carême, dont la volonté est de faire du site un référentiel d'excellence en matière d'aménagement et de construction écologique.

FOCUS
Fiche d'identité du futur écoquartier *
11 hectares de terrain
8 hectares constructibles
429 logements :
- logements intermédiaires : maisons jumelées ou isolées construites sur une seule mitoyenneté, dotées d'un jardin, en rez-de-chaussée surmontées d'un comble (R+C).
- maisons de ville en bande: maisons mitoyennes, (R+1+C). Elles conviennent particulièrement à l'accession primaire éligible au prêt à taux zéro.
- maisons résidentielles : maisons isolées réalisées par la cession de lots libres avec un cahier des charges architectural et paysager pour le respect de l'image urbaine et des contraintes énergétiques et environnementales.
- logements collectifs: immeubles n'excédant pas trois étages et aménagés de façon à favoriser les énergies renouvelables (soleil, vent...).
Densité moyenne: 47 logements par hectare.
560 stationnements.

* Données susceptibles d'évoluer
Frédérique Vergne | Source LE MONITEUR.FR

Vauban, un quartier éco solidaire ?

 

un-quartier-eco-solidaire-un-quartier-eco-solidaire.jpg

Bienvenue au quartier Vauban, à Fribourg. (Photo : Rightee/Flickr)

Le quartier Vauban de Fribourg fait référence en Europe et il est bien difficile de trouver des détracteurs. Leur donner la parole est une évidence, cela est d'autant plus nécessaire que leurs réflexions nourrissent les nôtres. Voici donc un article publié le 17/01/08 sur le site cafebabel.com.

Pionner en matière d'environnement, le quartier Vauban, à Fribourg en Allemagne, met en place des règles de 'vivre ensemble' innovante. Mais le petit paradis de pureté a aussi ses failles.

REPORTAGE par léna morel - Paris

« Solargarage Vauban ». Entre trois mots, le ton est donné. Dès l’entrée du quartier Vauban, au sud de Fribourg en Brisgau, le parking couvert à énergie solaire vous invite à garer votre véhicule avant de découvrir le quartier... à la force de vos pieds.

Cette ancienne caserne miliaire a abrité les forces françaises après la seconde guerre mondiale et jusqu'en 1992. Des squatteurs marginaux y ont d'abord élu domicile. Puis, à partir de 1996, le terrain, à reconvertir, est au coeur d'un projet de développement durable de la municipalité. Depuis, le quartier ne cesse de s’étendre. Sur 2000 hectares, 5000 habitants s'y sont installés et 600 emplois ont été créés.

Démocratie participative

Dans ce petit village, la population locale est surprenante. On y croise de jeunes parents, des étudiants qui résident dans le 'bâtiment' étudiant, et surtout des enfants, beaucoup d’enfants.

A 18 h, dans le petit café, la moitié de la clientèle a moins de 10 ans. Au Süden, centre névralgique de la vie à Vauban, on peut assister à des concerts gratuits tous les premiers mercredi du mois, le tout autour d’un repas ou d’un jus bio. Les habitants y terminent leurs journées dans une atmosphère familiale et détendue. Bizarrement, tous les habitants n'ont pas choisi de vivre ici. Certains y atterrissent par hasard. D'autres s’y installent.

Benno, la soixantaine joyeuse, vient de Lübeck et a emménagé à Vauban en septembre dernier : « Quel contraste ! A Lübeck, nous vivions dans le centre-ville, dans une maison de 500 ans avec des plafonds de 3,40 mètres de haut. Ici, les appartements sont modernes et installés dans la périphérie verdoyante de la ville », décrit Benno.« La voisine n'hésite pas à sonner chez nous après 21h s'il lui manque du pain », poursuit-t-elle. « Un voisin que vous ne connaissez que de vue peut vous apporter ses clefs de maison pour que son chat soit nourri pendant son absence. La confiance règne ! ».

 

783.jpg

Les habitats du quartier Vauban (Photo Carnotzet/Flickr)


Faire participer les habitants à la gestion du quartier, c’est le maître mot de Vauban. Des 'Baugruppen', des groupes de personnes qui souhaitent construire leur logement dans le quartier, définissent ensemble l'organisation du futur immeuble lors de nombreuses réunions. L’avantage ? Permettre aux nouveaux arrivants d’établir des relations de courtoisie avec leurs futurs voisins et de trouver des solutions collectives aux problèmes de la vie quotidienne. Ces initiatives d’intégration sont renforcées par les réunions d’accueil organisées en l’honneur des nouveaux arrivants.

Et la solidarité s'installe à tous les étages. Un clic sur Internet et vous pouvez louer l'une des seize voitures à la disponibilité des habitants. Les associations d’entraide ont pignon sur rue, comme celles qui donnent des conseils aux jeunes parents ou des associations d’épanouissement personnel et d’autodéfense. On héberge ses amis dans des maisons prévues à cet effet afin de ne pas construire inutilement des appartements trop grands. Et bien sûr, on veille à l’éducation citoyenne des habitants du quartier.

Les panneaux qui indiquent le nom des rues racontent 200 ans d’histoire politique, artistique et scientifique allemande : de la rue Rosa Luxemburg à la rue Louise Otto Peters en passant par les rues Georg Elser, Kurt Tucholsky et Walter Gropius, aucun nom n’est laissé au hasard et tout reflète un engagement intellectuel évident.

Mais la vie sociale du quartier se base avant tout sur son 'Forum Vauban', une association privée et démocratique, ouverte à tous. Le 'Forum' et ses 300 à 400 membres ont organisé un processus de participation citoyenne qui se positionne pour ou contre les choix politiques de la municipalité. Pour créer ce lien entre les habitants du quartier et la ville, les porte-parole et les élus se réunissent pour discuter des attentes des habitants et de l’évolution du quartier.

Imperfections communautaires

 

784.jpg

Rien que du vélo dans les ruelles (Photo Carnotzet/Flickr)


Mais quelques imperfections se cachent derrière cette solidarité et la modernité évidente de ce quartier écolo. La quiétude du quartier Vauban peut tromper et camoufle quelques réalités sociales très critiquables : l’objectif de mixité sociale n'est pas atteint par exemple. 75% des habitants sont des cadres supérieurs.

Les grandes baies vitrées des appartements ressemblent à des vitrines : il ne faut rien avoir à dissimuler à Vauban. Tout est propre, sans reproche et visible... de la rue. En 2005, un événement a pourtant entaché la quiétude des lieux. Une famille de cinq enfants a été expulsée de son appartement Vauban par la société de gestion immobilière du quartier, suite à des plaintes. Les enfants étaient trop bruyants et selon une partie du voisinage, les parents auraient manqué à leur rôle éducatif.

Eco-quartier : un concept d'avenir ?

La ville de Fribourg est pionnière dans la création d’éco-quartiers en Europe. Après Vauban, elle travaille sur l’implantation du quartier Rieselfeld qui propose lui aussi un mode de vie en communauté plutôt atypique. Une large place sera laissée à l’engagement et à la participation citoyenne de ses habitants dans la vie de la cité.

Avec ces deux quartiers, Fribourg est un modèle qui attire d'autres maires : Alain Juppé, maire de Bordeaux, s’y est rendu en 'éco-touriste' pour s’inspirer du concept. Mais les Français hésitent encore. Dominique, fraîchement arrivée à Rieselfeld, le regrette : « A chaque fois, les Français déclarent qu’ils sont emballés, mais qu’un tel projet ne peut pas voir le jour. Les maires auraient trop peur de voir leur responsabilité engagée. »

Note de l'auteur du présent blog :

La mixité sociale semble réellement assurée à Vauban. Je me suis rendu sur place et j'ai pu échanger tant avec des acteurs majeurs qu'avec des habitants de ce quartier. Voici les chiffres "officiels" sur le sujet. Il est bien entendu difficile de les vérifier et il convient de faire confiance aux sources officielles que sont la vile de Fribourg et le forum (association) du quartier Vauban.

Question sociologie, la répartition des habitants du quartier Vauban est la suivante: 25% d’ouvriers, d’employés et de fonctionnaires ; 55% de cadres supérieurs ; 10% de professions libérales. A ces chiffres, rappelons le, il convient d’ajouter 600 logements pour étudiants et demandeurs d’asile et 200 logements autogérés.

On y trouve également 10 % de parents célibataires, 65 % de foyers avec enfants et 25 % de foyers sans enfants.

 

03/05/2009

En route pour "dévoituriser" la ville.

devoituriser2.JPG
devoituriser3.JPG

02/05/2009

Et en France, qu'en est-il des écoquartiers ?

En 2007, la France commence à peine à entendre parler d'écoquartiers. Depuis, dix-huits écoquartiers sont en gestation aux quatres coins du territoire français.

A Bordeaux (Gironde), le maire s'inspire du quartier Vauban de Fribourg.

A Bonneville (Haute-Savoie), les élus partent visiter l'écoquartier Vauban.

Deux communes, deux projets et un seul et même exemple : Vauban.

Un éco-quartier à Troyes (Aude) : la gauche fait la fine bouche ou quand la politique s'en mêle au détriment de l'objectif essentiel : faire véritablement progresser la ville.

A Strasbourg (Bas-Rhin), bientôt des éco-quartiers.

Bordeaux (Gironde) :

Voici l'article publié par Metro en décembre 2007. On pouvait y lire qu'à cette date, il n'y avait pas encore d'exemple d'écoquartier en France.

 

metro-logo-190x64.gif

 

 

 

 

12-12-2007 01:23
Vers un écoquartier à L
a Bastide à Bordeaux, une expérimentation inspirée de l’étranger.

 

4dntvuhh2yeo4npyb3igdet73odaolf$78q3fco01rm8wgka5zv5s45z2u7g4nm.jpeg

Cette friche industrielle située à La Bastide accueillera le premier écoquartier de la communauté urbaine de Bordeaux.

Dans la CUB, il y a sept parkings gratuits pour les automobilistes titulaires d’un abonnement (hebdomadaire, mensuel ou annuel) délaissant la voiture au profit des transports en commun. Le prix est de 2,60 euros la journée pour les non-abonnés.
“En Suède, c’est un processus qui dure depuis vingt ans !” a déclaré Torsten Malamberg, responsable de la stratégie urbaine à Stockholm, où 140 hectares de marécages ont été investis en décembre 2000 par les premiers riverains de l’écoquartier Hammarby Sjöstad.
“Pas d’exemple en France”
Hier matin, parmi les orateurs du second atelier d’urbanisme consacré au devenir des 30 hectares de friches industrielles situées à l’emplacement des ex-entrepôts SNCF de la rive droite se trouvait Pascale Fouletier, conseillère en urbanisme pour le cabinet Cap Terre : “Nous avons été choisis vendredi par la ville pour établir, d’ici à cet été, le cahier des charges du futur aménageur. En France, il n’y a pas encore d’exemple d’écoquartier”, a-t-elle déclaré.
“Sur Bastide-I, on n’a pas réussi au niveau de la qualité environnementale des bâtiments, il n’y a pas de panneaux solaires ou de système de récupération des eaux pluviales, et les parcs-relais   (voir encadré) sont sous-dimensionnés”, a souligné Alain Juppé, qui part demain en Allemagne, à Fribourg, visiter un écoquartier considéré par les professionnels comme le plus abouti.


Bonneville (Haute-Savoie) :

FAUCIGNY
L'écoquartier fribourgeois fait des émules en ville
jeudi 02.04.2009, 14:00

132060-l-ecoquartier-fribou-2aa5c1_1.jpg.jpg


Il y a quelques mois des élus bonnevillois visitaient un écoquartier allemand. Aujourd'hui, par petites touches, ils tentent de reproduire en ville ce qu'ils ont vu.


Il travaux de l'avenue Pierre-Mendès-France sont désormais bien engagés. Dans les îlots intermédiaires, la végétation sera reine. Et peu tondue. « Nous allons y mettre une sorte de prairie, mélange de fleurs et d'herbe », explique Bernard Dupanloup, adjoint en charge des travaux. Un résultat attendu un peu campagnard que les élus de Bonneville ont découvert à Fribourg-en-Brisgau. La ville allemande située à une cinquantaine de kilomètres de Mulhouse et à à peu près autant de Staufen, ville jumelle de Bonneville, s'est taillée une vraie réputation d'écoville. On vient de partout pour visiter ses écoquartiers et en particulier le site Vauban (lire ci-contre). Les élus de Bonneville n'ont pas échappé à cette envie.
Bernard Dupanloup, Michèle Nagenrauft (adjointe à l'urbanisme) et Claude Servoz (environnement) se sont donc rendus dans le Brisgau (en train, cela va de soi  !), accompagné de Juliette Ferrand, la directrice des services techniques et de 2 membres d'un cabinet lyonnais d'études pour l'aménagement de zones urbaines écologiques. « Nous les avons rencontrés pour évoquer le quartier des Allobroges. C'est eux qui nous ont parlé de cet endroit et nous avons décidé d'y aller », explique Michèle Nagenrauft. C'était en juin 2008.
Accessible qu'aux cyclistes et aux piétons Depuis, les élus n'ont de cesse de reproduire ce qu'ils ont vu. Avenue Pierre-Mendès-France donc où, en plus, la voie de bus derrière l'école du Bois Jolivet sera recouverte de dalles végétalisées et accessible qu'aux seuls piétons, cyclistes et bus. Un bassin de récupération des eaux sera également aménagé selon le modèle fribourgeois. Et dans le futur, d'autres écotrouvailles devraient voir le jour à Bonneville.
Les voitures exclues Parkings à étages, toitures végétalisées et panneaux solaires à gogo des habitants allemands ont enthousiasmé les Bonnevillois. «  Les voitures sont presque exclues du quartier », note encore Bernard Dupanloup, citant des parkings à l'entrée et un réseau de tramway dense. « Et dans les cours d'écoles, il n'y a pas de clôtures, mais des rochers, des ronces et des mares », s'extasie Michèle Nagenrauft qui ajoute « il faudra que les mentalités évoluent pour que l'on voit ça chez nous. » Car la végétation est partout et pas forcément taillée ras. « Cela donne un effet de nature dans la ville. Le silence y est saisissant et on entend vraiment les oiseaux chanter », complète encore l'adjointe à l'urbanisme. En attendant des cours de récré sans barrière et des végétaux fous en ville, les élus planchent sur un modèle réduit de cet écoquartier, « boulevard des Allobroges, avec des immeubles de même hauteur et à haute qualité environnementale. Même si cela se fait petit à petit, nous menons une écoréflexion globale sur ce quartier », explique l'adjointe à l'urbanisme. Idem lors de la rénovation du quartier du Bouchet : la végétation aura un petit air fribourgeois.

Alexandra Collomb

Troyes (Aude) :

Un éco-quartier à Troyes : la gauche fait la fine bouche

 

35542d200360986ffb29f0bfc8297a38.jpg

Vendredi 3 avril 2009

Jamais contente. La gauche a paraît-il décidé d’offrir l’image d’une opposition constructive. Constructive, peut-être… mais jamais contente, c’est certain. L’annonce de la création d’un éco-quartier avait de quoi faire naître un consensus. Le projet qui occupera un espace de 4 ha de long de l’avenue Chomedey, apportera incontestablement une valeur ajoutée à cette partie de la ville. Mieux encore, avec celui de Pont-Sainte-Marie, porté par Pascal Landréat, il permettra de diffuser les pratiques d’un urbanisme écolo tournée vers la sobritété et la qualité de vie.

Et pourtant, la gauche fait la fine bouche. Elle pinaille sur les mots, chicane sur les détails, bougonne et ronchonne sans véritablement rien construire. L’éco-quartier ne lui plait guère. Difficile pourtant de dire qu’elle s’y oppose. Le concept est dans l’ère du temps. Mais impossible de soutenir un projet porté par le félon Marc Bret !

La gauche sort alors de sa besace un concept fumeux : l’écoville. L’éco-quartier, c’est bien, nous dit Jaïm Myara et Jean-François Planchet (président de l’annexe socialiste l’association Troyes pour Tous) mais il faudrait une écoville. Pourquoi pas. Et même une éco-agglo, rajoutent-ils !

Pourquoi diable s’arrêter en si bon chemin ? Ah non ! C’est un peu court… On pouvait dire, Oh ! Dieu ! bien des choses en sommes ! C’est un éco-département qu’il nous faut ! Une éco-région, un éco-pays ! Que dis-je un éco-pays ! une éco-planète ! Plus, toujours plus, encore plus. C’est toujours mieux que de saluer un projet porté par Marc Bret.

Mais revenons, un instant sur l’écorégion. Une écorégion, ça aurait de la gueule. Ça tombe bien, Jaïm Myara détient les manettes du pouvoir régional. Peut-il le faire ? Oui, il peut le faire ! En tout cas autant que le Sar Rabindranath Duval, interprété par Pierre Dac. Pour preuve, en 2007, le conseil régional déclarait vouloir faire de la Champagne-Ardenne la « Première éco-région de France à l’horizon 2010 ». Une promesse qui comme l’éco-ville, ne mange pas de pain. Abracadabra ! 2 ans plus tard, quelques millions investis dans les agrocarburants, une aide ré-affirmée au nucléaire, aux projets autoroutiers, l’échec de l’électrification Paris-Bâle… l’éco-région a du plomb dans l’aile, du gros et du lourd.

Finalement, l’éco-quartier qui sans doute, verra le jour dans les prochaines années vaut mieux que les vaines promesses d’une éco-région, ou les concepts fumeux d’une éco-agglo. S’opposer à tout prix donne parfois le tournis à nos élus et leur font perdre de vue l’objectif essentiel : Faire véritablement progresser notre ville.

Strasbourg (Bas-Rhin) :

Un projet pilote d'éco-quartier comprenant 500 à 700 logements devrait voir le jour en 2011 dans la ville de Strasbourg. D'autres projets d'expérimentation environnementale sont également en cours de préparation.

Parce qu'elle souhaite refaire rêver à la ville et créer des quartiers où il fait bon vivre, la ville de Strasbourg a annoncé son projet de mettre en place plusieurs éco-quartiers sur son territoire. Si le choix des périmètres est actuellement à l'étude, ils concerneront l'aménagement de zones vierges (friches ou zones non bâties), mais également des secteurs existants et faisant l'objet de projets de développement ou de renouvellement urbains. L'enjeu principal de cette démarche étant de faire coïncider exigences environnementales et attentes des ménages, indique la ville.

Partant de ces objectifs, un premier projet d'éco-quartier a déjà été lancée par les Verts, en décembre 2007 et approuvé depuis par la Communauté urbaine de Strasbourg en février. Il prendra place dans la ZAC Danube, un terrain de sept hectares situé à proximité du port du Rhin et qui recouvre plus particulièrement une ancienne zone industrielle qui a nécessité sa dépollution par Gaz de France avant cession à la collectivité.

50% des logements destinés au locatif social

Déjà, le projet pilote prévoit d'abriter entre 500 et 700 logements à basse consommation (50 kWh/ m²/ an). L'offre sera également complétée d'équipements, de bureaux ainsi que de commerces afin de créer des services manquants mais également de rendre le quartier plus attractif pour les habitants voisins. Aussi, la création d'une maison de retraite ou encore d'une école sont actuellement à l'étude.

L'organisation du quartier devrait quant à elle prendre la forme d'îlots épais, permettant une diversité de typologie d'immeubles et valorisant les espaces verts. Le quartier bénéficiera en plus, d'une architecture contemporaine mais aussi d'une organisation favorisant les transports en communs et les déplacements piétons et cyclistes.

Enfin, afin de s'inscrire pleinement dans les principes constitutifs de la notion d'éco-quartier, le projet Danube devra répondre à plusieurs critères. À titre d'exemple, la mixité sociale sera renforcée avec 40 à 50% des logements destinés au locatif social et à l'accession sociale à la propriété. Une nouvelle approche de la place de la voiture notamment sur les normes de stationnement est également au goût du jour.
Une synthèse de ces réflexions en décembre permettra plus particulièrement d'aboutir à un nouveau programme et l'alimenter un nouveau cahier des charges de consultation d'aménageurs.

Plusieurs appels à projets

Si la ville de Strasbourg a annoncé vouloir entreprendre d'autres projets d'éco-quartiers de l'ordre de 100 à 300 logements, y compris dans des quartiers défavorisés, elle ne souhaite pas limiter la prise en compte de l'environnement et du développement durable aux seuls périmètres d'éco-quartiers. Un appel à projet sur des terrains de taille réduite, inscrits dans le tissu bâti existant, est donc en cours de préparation.

En effet, si de plus petits secteurs ne permettent pas forcément une prise en compte de l'ensemble des composantes de l'éco-quartier, ces projets peuvent néanmoins permettre des expérimentations comme la maîtrise des consommations énergétiques, le recours à des matériaux sains, ou encore la végétalisation des façades et des toitures.

Le premier projet devrait viser notamment le développement d'une architecture contemporaine et l'expérimentation environnementale au sein de la ville. Son appel devrait être lancé fin 2008 ou début 2009.

M. BERNARD

La cité écologique du futur à Malmö

Le projet du quartier Bo01 à Malmö en Suède

malmo1_cle1b745c.gif

TYPE DE QUARTIER

• Agglomération : Copenhague

• Ville : Malmö 260 000 habitants (3 ème ville de Suède)

• Site : au bord de l’Öresund

• Initiative, Volonté initiale : À l’occasion de l’Exposition européenne de l’habitat, en 2001, le polder de Västra Hamnen -d’une superficie de 30 hectares- est choisi pour la construction du nouveau quartier Bo01 "ville de demain" (Bo pour habitat, 01 pour 2001).

FORMES URBAINES

• Hauteurs : variées

EMPRISE AU SOL

• Superficie de l’opération : 18 ha sur ancienne friche industrielle portuaire

• Nombre de logements [Ha] : 3000

• Densité bâtie : 600 unités sur 9ha

• Densité population : 122 personnes/ha

FINANCEMENTS

Un financement partagé

En 1998, dans le cadre de son propre programme consacré aux investissements écologiques pour la durabilité, Malmö a subventionné à hauteur de 16 millions d’€ (147 millions SEK) différents projets environnementaux, dont la dépollution du sol du site de BO01. De son côté, le gouvernement suédois a alloué 27 millions d’€ aux investissements supplémentaires liés au traitement écologique du projet Bo01.

malmo2_cle1bb259.gif


ANALYSE
PRESENTATION DE L’OPERATION

Le projet du quartier BoO1 a vu le jour en 2001. Il s’agissait alors de faire une démonstration grandeur nature de ce que pourrait être la cité écologique du futur. Le projet a été lancé assez vite et le site choisi fut une ancienne friche industrielle. En plus d’être un quartier écologique, ce quartier signe la reconquête de la ville sur sa façade maritime de l’Öresund.

Les grandes caractéristiques du projet sont la variété de ses constructions, un objectif d’énergie renouvelable à 100% et un tri des déchets ultra-moderne.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER

Coproduction locale avec les habitants

Dans le cadre du programme de développement régional "Esprit de Scanie", un large processus de consultation est mené auprès de toutes les autorités locales, des organisations, des associations, des entreprises et des citoyens. Cette consultation, ainsi que les actions menées en faveur de l’éducation à l’environnement, favorisent le respect de la biodiversité du site par les résidents et incitent au changement de leur comportement.

DEVELOPPEMENT SOCIAL ET ECONOMIQUE DE L’UNITE DE VIE LOCALE

Dynamique économique locale

Au départ, il s’agissait d’une ancienne zone industrielle, laquelle avait été particulièrement touchée par les fermetures d’usines (en particulier SAAB au début des années 90) et les délocalisations. La municipalité de Malmö a souhaité re-dynamiser le quartier grâce à une nouvelle dynamique de développement durable, mais aussi grâce à l’évolution vers le tertiaire (construction de la tour « turning-torso »)

malmo3_cle113949.gif



PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie : l’objectif de 100% d’énergie renouvelable doit être atteint grâce à des pompes à chaleurs aquifères et grâce à des capteurs solaires pour la chaleur.
L’électricité, elle, provient d’éoliennes.
Les voitures d’entretien de la ville sont électriques.

Eau : Un stockage naturel d’eau chaude est mis en place, là aussi, l’eau provient de la géothermie et de chauffe-eau solaires.
Récupération de l’eau de pluie grâce à des canaux et toits végétalisés.

Déchets : un système de canalisations souterraines à vide d’air (de technologie suédoise) permet le ramassage instantané et sans émission de CO2 des déchets. Production de bio gaz grâce à l’incinération.

Paysage : de nouveaux parcs et mares ont été installés afin de renforcer la biodiversité et de rendre le quartier plus agréable.

Contrôle de la pollution : Dans le cadre de sa politique de développement des transports en commun, la ville favorise l’utilisation des carburants écologiques.

Dans le quartier, les rues intérieures sont majoritairement piétonnes et de nombreuses pistes cyclables maillent les îlots, incitant ainsi fortement les habitants à utiliser au minimum leur véhicule personnel.

Les véhicules de service de la ville, pour l’entretien de la voirie, sont tous électriques.

AMBIANCES ET FORMES URBAINES

Sur 1000 m², la construction des habitations se limite à 500 m², pour 300 m² réservés aux espaces verts et à une circulation de l’eau et 200 m² en zone semi-imperméable (graviers).

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

Objectifs de conception architecturale et urbaine

L’ambition de combiner développement durable et développement humain se manifeste dans une recherche architecturale privilégiant la variété des projets en même temps que les solutions d’éco-constructions.

De ce quartier se dégage une impression de qualité de vie soignée : forte présence de zones vertes, implantations de bassins, de fontaines, d’hydroparcs, mais également valorisation majestueuse du front de mer grâce à l’aménagement élégant de quais en bois.

QUALITE DE LA CONSTRUCTION

Les constructeurs ont l’obligation de choisir 10 des 35 points écologiques proposés. Il s’agit principalement d’imposer le maintien de la biodiversité et d’un tissu urbain dense.

Un effort particulier est fait quant à la qualité des matériaux utilisés, notamment quant aux isolants : le standard de consommation énergétique a été fixé à moins de 105 kwh/m²

Le résultat est une diversité étonnante des constructions, un seul point commun : la qualité environnementale.

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Une réflexion sur la nécessité de minimiser les déplacements de voitures combinée à la création de cheminements piétonniers et est elle aussi encouragée.

Les bus municipaux bénéficient d’un système de mise au vert automatique des feux tricolores. Un service de réservation est dédié au co-voiturage.

SOURCES :

http://www.chantier.net/
http://www.ecolodujour.com
http://www.areneidf.com
http://www.malmo.se/sustainablecity