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02/05/2009

Quartier résidentiel écologique de Viikki

Le quartier Viikki à Helsinki en Finlande :
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TYPE DE QUARTIER

• Ville : 566 000 habitants

• Site : Quartier nouveau « ex nihilo »

• PRO Nombre de logements : 600, dont 180 locatifs.

• Surface Commerces et services : 1500m² SHON (commerces de proximité, crèche/halte garderie de 60 places, pôle hôtellerie et restauration, gymnase et salle de réunion pour association)

FORMES URBAINES

• Hauteurs : R+1 à R+4

• Typologie : maisons en bande d’un étage jusqu’à immeuble R+4

EMPRISE AU SOL

• Superficie de l’opération : 1 000 ha

ACTEURS

• Maîtrise d’Ouvrage publique : Ville d’Helsinki

• Maîtrise d’Ouvrage construction : Etela-Suomen YH (coopérative d’habitat), VVO Developers OY, Skanska South Finland oy, YIT-Corporation , Helsingin seudun Asumisoikeusyhdistys

• Maîtrise d’oeuvre construction : Jukka Turtiainen, Ahto Ollikainen , CASE Consulting, Kirsti Sivén, ERAT, Hunga Hunga Osuuskunta, Reijo Jallinoja, Matti Porttinen, Arrak ar.

FINANCEMENTS

Enjeux financiers : 100 474 322 € HT

AVANCEMENT DU PROJET

En cours, première phase achevée en l’an 2000 (2000 habitants et 2000 emplois)

objectifs : en 2010, 13000 habitants et 6000 emplois

CARACTÉRISTIQUES
PRESENTATION DE L’OPERATION


Le site de Viikki est situé à une dizaine de kilomètres du centre d’Helsinki, à 20 minutes en voiture de l’aéroport.

Il occupe un terrain de 1100 ha à proximité d’une réserve naturelle protégée. Seulement 300 ha seront construits, 800 ha restant couverts de forêts, champs, et espaces verts.

A l’initiative de la ville d’Helsinki le site de Viikki a été selectionné pour expérimenter la réalisation des objectifs environnementaux sur la construction et la planification adoptés par la Finlande dans les années 90.

Le site s’est développé autour du nouveau campus universitaire, et du Viikki Science Park, un centre de recherche, d’études et d’entreprenariat sur la biologie et les biotechnologies.

Aujourd’hui coexistent un parc universitaire et technologique, des quartiers résidentiels et une réserve naturelle. Le quartier est destiné à accueillir 6000 emplois, 6000 étudiants et 13000 habitants. Des coulées vertes alternent avec des ensembles de logements, dont l’exposition au soleil est optimisée ; ils constituent avec les équipements, des îlots ouverts, auxquels les bâtiments ont directement accès. La circulation automobile est séparée des voies piétonnes et cyclables.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER

Evaluation, Capitalisation et partage (dont bilan des impacts sur les modes de vie)

L’outil d’analyse Pimwag mis en place inclut une évaluation des performances des bâtiments.

DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET ÉCONOMIQUE DE L’UNITÉ DE VIE LOCALE

Organisation de la mixité culturelle et générationnelle

1 800 personnes vivent à Viikki, principalement des jeunes couples avec enfants.

Le projet a encouragé le développement de nouvelles formes bâties adaptées aux personnes handicapées et aux enfants, et la mixité des statuts d’occupation : accession à la propriété, logements locatifs et logements dont l’occupation est contrôlée par l’Etat occupent les mêmes îlots.

En outre, une coopérative d’habitat (Etela-Suomen YH) a pris en charge un des lots.

PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie, Eau et Déchet + Paysage et Biodiversité

Lors du concours, une grille de 17 critères environnementaux particulièrement stricts a été appliquée pour sélectionner les équipes. Ces 17 critères concernent 5 grands thèmes : les émissions de polluants, l’utilisation des ressources naturelles, les impacts du projet sur la santé, la préservation de la biodiversité et la production locale de nourriture. Voulant faire de ce quartier un exemple en matière d’économies d’énergies, et la plus grande expérimentation finlandaise, un soutien particulier a été accordé aux énergies renouvelables, avec une dizaine de systèmes de chauffages solaires indépendants. 400 logements sont dès aujourd’hui concernés ; 1240 m² de surface de capteurs sont intégrés dans les toits, représentant, dans un pays au climat très froid, 1/3 de la chaleur exigée et plus de la moitié de l’énergie nécessaire à l’eau chaude domestique.

Un fort encadrement des services municipaux de l’urbanisme, assistés des partenaires chargés de la maîtrise de l’énergie, a permis de veiller à l’application d’un certain nombre de principes considérés comme prioritaires : place des espaces verts et des jardins, nombreux équipements de proximité, choix des matériaux, traitement des eaux grises, récupération des eaux pluviales et de la chaleur, recyclage des déchets, diversité des méthodes de maîtrise de l’énergie, énergie solaire passive et active.

QUALITÉ ARCHITECTURALE ET URBAINE

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Une école a ouvert en 2003, du primaire au secondaire et une autre école devrait ouvrir en 2007.

UN CONCOURS SUR CRITERES ENVIRONNEMENTAUX

Des concours furent organisés sur ces bases pour les différents lots et pour les nombreux équipements. 13 lots ont été distribués à 8 groupements regroupant promoteurs et architectes. En outre, un quartier expérimental d’immeubles en bois fut programmé et soutenu pas l’industrie du bois.

Pour vérifier l’efficacité des projets présentés et le respect des principes affichés par la Ville, une méthodologie d’analyse de critères a été mise au point autour d’une grille : « Pimwag » qui définit des objectifs à atteindre. Ceux-ci sont classés en trois niveaux dans cinq secteurs d’intervention. C’est le nombre de points obtenus sur l’ensemble de ces secteurs qui conditionne l’obtention du permis de construire, ce qui autorise les équipes à des orientations et des choix écologiques divers. Le nombre maximum de points attribués est de 30 ; un projet qui en obtient 10 peut être qualifié d’excellent du point de vue écologique, plus de 20 points représente un projet particulièrement innovant dans ses principes écologiques. Mais l’accent peut être également mis sur d’autres éléments tels que la qualité des volumes, l’efficacité, les matériaux de façades, les équipements. Les cinq secteurs permettant l’attribution de points sont les suivants (In « The experimental building area of Viikki, Ritta Jalkanen, Arkkitehti n° 3, 1999, "Helsinki city planning department publication" 1998/6 -Ecological building criteria for Viikki 25 May 1997, et « l’Architecture Ecologique-29 exemples Européens », Dominique Gauzin-Muller, Le Moniteur 2001) : pollution (CO2, eaux usées, élimination des déchets de construction et domestiques, labels écologiques) : ressources naturelles (utilisation de combustibles fossiles dans l’énergie de chauffage, énergie électrique, flexibilité des habitats et des espaces communs) ; santé (climat intérieur, contrôle de l’humidité, de l’exposition au vent et au soleil, variété des plans de logements) ; bio-diversité (choix des plantes et gestion des eaux de pluie) ; production de l’alimentation (utilisation de compost, eaux de pluies, choix des plantations potagères et sols).

Il est requis un niveau de base pour tous les bâtiments ; le dépasser permet l’obtention de points. Ritta Jalkanen (entretien effectué en août 2003, au bureau d’urbanisme de la ville d’Helsinki), urbaniste à la municipalité d’Helsinki qui s’était très impliquée dans la maîtrise environnementale de cette zone, espère en utiliser les résultats pour accroître les exigences écologiques et économiques, lors des opérations d’aménagement urbain futures, en particulier sur le vieux port d’Helsinki à Kruunuvuorenrenta où est prévu un nouveau développement, dont le financement des logements serait moitié social, moitié privé, mais dont seulement 15% de constructions ne seraient pas contrôlées par l’Etat.

SOURCES :

Réalisation : CETE du Sud-Ouest/DAI/GPVT/N. BLONDEL et N. KOROBOFF- mai 2007

Culemborg : le quartier écologique d’Eva-Lanxmeer

Le quartier Eva-Lanxmeer à Culemborg aux Pays-Bas :
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Eva-Lanxmeer est un projet de construction d’un quartier écologique d’environ 250 logements sur une zone protégée de captage de l’eau. Lancé en 1994, le quartier est sur le point d’être achevé.

CONTEXTE

• Un projet impulsé par un personnage.

Au début des années 1990, Marleen Kaptein, sensibilisée au développement durable, initie un projet de quartier écologique dans la petite ville de Culemborg. Elle est convaincue qu’en matière de gestion environnementale, un changement des mentalités ne pourra intervenir que si l’on associe les habitants au projet dès son lancement. Le charisme et l’enthousiasme d’une personne sont donc à l’origine de ce projet. D’autres acteurs, intéressés par cette démarche, vont ensuite se greffer au processus de production.

• Les principes de la "deep ecology"

L’idée que l’Homme doit chercher à minimiser le plus possible l’empreinte qu’il a sur son environnement est au cœur du projet Eva-Lanxmeer. C’est la première fois aux Pays-Bas qu’at été autorisée une construction près d’une zone protégée de captage de l’eau potable. La condition fixée par les autorités locales est que les constructions doivent respecter les principes de la "deep ecology".

• Trois piliers dans le projet Lanxmeer

Les trois piliers principaux du projet sont :

les logements, bureaux et ateliers

le centre de formation

la ferme urbaine de Caetshage

Dès le démarrage du projet, la diversité sous toutes ses formes a été au centre des préoccupations. On trouve donc a Lanxmeer des espaces à vendre et d’autres à louer, des maisons familiales et des appartements pour personnes seules. Dans une partie du quartier, les logements sont disposés en courées. Dans tout la mesure du possible, il a été prévu des espaces permettant le travail à domicile.

DEMARCHE

• Un management par le bas


Le processus de production du quartier est, du début jusqu’à la fin, impulsé par la participation. Les futurs habitants, les architectes, les consultants, la municipalité, la compagnie d’électricité et de l’eau, et les promoteurs ont aidé à l’élaboration du plan d’aménagement du quartier. Tous ces acteurs ont participé à un processus d’incubation sociale : réunions régulières pour discuter du projet, des objectifs, du recyclage de l’eau... C’est un bon exemple d’aménagement par le bas où les futurs habitants se mettent eux-même d’accord sur leurs besoins au lieu d’être dirigé par un aménageur.

• L’éducation par la démonstration

Le projet vise avant tout à sensibiliser et à éduquer les citoyens sur leur environnement. En introduisant et en mettant en valeur les cycles écologiques dans la vie de tous les jours, les habitants prennent conscience de la beauté et de la fragilité des milieux naturels, et se sentent ainsi plus responsables de leur préservation.

• L’innovation éco-technologique au cœur du projet

Le projet Eva-Lanxmeer s’inscrit dans une démarche de recherche de nouvelles technologies qui permettent d’adapter les modes de vie humains aux milieux naturels. Pour cela, des partenariats sont créés avec des instituts de recherche et des bureaux d’études techniques pour mettre en place des solutions techniques économiquement viables.

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MONTAGE

• Une co-maîtrise d’ouvrage publique/privée


L’aménagement du quartier est une coproduction de la fondation privée EVA (centre écologique d’éducation, d’information et de conseil) et de la municipalité de Culemborg. Cette co-maîtrise d’ouvrage a donc réalisé le suivi et le montage du projet, en jouant le rôle d’intermédiaire avec les autres acteurs. Elle a décidé de diversifier le plus possible les maîtres d’ouvrage au niveau des parcelles. Il y a des immeubles réalisés sous mandat communal commanditant un bureau d’étude pour remettre un projet finalisé à un entrepreneur, des projets individuels ou collectifs d’habitants et des fondations ayant vocation de soutien au logement.

• Des aides financières multiples

Le projet est financé au niveau européen par le programme COST. Ce fond européen est un cadre intergouvernemental de coopération européenne en matière de recherche scientifique et technique. En outre, pour un grand nombre des habitations construites, la Banque Triodos a octroyé une hypothèque verte à un taux d’intérêt réduit car le VROM, le Ministère Néerlandais du Logement social, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, ayant délivré une attestation verte pour les habitations de Lanxmeer. Des subventions ont aussi été accordées par le Ministère Allemand de l’Education, de la Science, de la Technologie et de la Recherche, du fait de l’exemplarité du projet au niveau européen, et par un fond privé d’incitation à l’architecture.

• Un mode d’action itératif

Le terrain a été divisé en plusieurs zones de petite taille qui ont été aménagées par phases successives. Cela a permis d’améliorer, à chaque nouvelle phase d’aménagement, le montage du projet en utilisant l’expérience retirée de la phase précédente.

Le site est divisé en quatre secteurs correspondant à des phases dans le temps. La phase 1 a été réalisée en 2000 et comprend les deux premières courées. La phase 2 a été en grande partie réalisée en 2002 et comprend les troisième et quatrième courées. La troisième courée a été achevée en 2005. Dès le début, le projet a réservé sur une partie du terrain dite "le champ des pionniers", de la place pour des constructions expérimentales et des logements en propriété. La quatrième phase sera celle de l’achèvement de l’ensemble du quartier.

• L’exemple de l’immeuble "seniors" Het Kwarteel

L’immeuble d’appartements Het Kwarteel a été réalisé au cours de la troisième phase. Il s’agit là de l’initiative de seniors qui se sont dotés de logements pourvus de soins communautaires. Ce projet leur appartient entièrement en propre, de sa conception à sa réalisation en passant par le plan de développement. Le projet Lanxmeer a intégré dès le début un petit parc de bureaux qui se trouvait sur sa frontière nord. Par la suite, s’y est ajouté un ensemble plus important de bureaux et d’entreprises côté sud.

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• L’autosuffisance énergétique


Un des objectifs mis en avant est d’arriver à un bilan équilibré en terme d’énergie, c’est-à-dire entre consommation production d’énergie se compensent exactement. À l’échelle du quartier, cela se concrétise par l’installation d’une usine de production de biogaz, où les eaux usées, les déchets végétaux et les déchets de jardins sont transformés en gaz redistribué ensuite pour la consommation domestique. Un système central de chauffage, géré par la compagnie des eaux, utilise la géothermie pour chauffer tous les bâtiments du quartier. À l’échelle du bâtiment, le principe d’autarcie énergétique se traduit par l’installation de panneaux photovoltaïques, ainsi que de chaudières solaires.

• Une gestion durable de l’eau


Une technologie particulière a été mise au point pour assurer le traitement des eaux usées. Ces dernières sont captées, dirigées vers des serres, purifiées grâces à des plantes (roseaux), puis déversées dans des petits plans d’eau. Le système d’épuration est entièrement étanche afin de protéger la nappe phréatique située à proximité. L’eau pluviale provenant des toits est collectée dans de petits étangs situés sur la parcelle du bâtiment. L’eau pluviale qui s’écoule dans la rue est conduite jusqu’à des tranchées permettant l’infiltration de l’eau et, donc, le réapprovisionnement des nappes phréatiques. En cas d’inondation, des bassins supplémentaires de rétention de l’eau ont été aménagés dans d’anciens lits de rivières.

• L’architecture durable


Les habitations sont disposées en arc de cercle autour d’un jardin collectif semi-privé. Le mot français "courée" n’évoque que très imparfaitement la disposition de ces bâtiments en arc de cercle autour d’un jardin collectif, ou un square verdoyant.

La diversité se retrouve au niveau des maîtrises d’ouvrage : à Lanxmeer il y a des immeubles réalisés sous mandat communal donné à un bureau de développement qui a ensuite remis un projet finalisé à un entrepreneur, ; des projets individuels ou collectifs d’habitants, ; et des fondations ayant vocation de soutien au logement.

La flexibilité des plans architecturaux rend possible la réalisation d’extensions dans le futur. Les matériaux utilisés assurent une bonne isolation des bâtiments.

• La gestion sur le long-terme


Les habitants ont mis en place un plan de gestion du quartier (24ha), pour rester impliqués dans le fonctionnement après l’achèvement du quartier. Ainsi, les habitants veillent à ce que le quartier ne se dégrade pas avec le temps. Ils s’occupent ainsi de la maintenance des différents espaces publics du quartier (systèmes d’eau, espaces naturels...), trop nombreux pour que la ville puisse en assurer l’entretien à un coût acceptable. Afin de diminuer l’utilisation de la voiture, une norme de parking de 0,7 voiture par habitation a été instaurée. Et pour inciter les habitants à prendre les transports en commun, toutes les habitations se trouvent à proximité de la gare. Le quartier d’Eva-Lanxmeer respecte aussi le principe de mixité fonctionnelle avec l’implantation de bureaux, d’ateliers, d’un centre de formation et d’une ferme urbaine.

EVALUATION

• Une forme de responsabilité écologique


Le projet est une réussite totale en ce qui concerne les objectifs initiaux de sensibilisation et d’éducation des habitants aux questions environnementales.

Aujourd’hui, les habitants vivent en accord avec leur environnement : ils entretiennent les espaces semi-naturels, font attention à leur consommation énergétique... La question est de savoir si cette responsabilité écologique va se transmettre aux nouveaux habitants.

• La plus-value de l’approche participative

Une des clés de la réussite du projet est la participation. Tout le long du projet, les acteurs ont pris part au processus de production du quartier. Cela a permis d’impulser une dynamique de progression et de coopération sur le long terme. Le succès de cette démarche est aussi dû à l’existence d’une utopie, ce qu’on a appelé la " deep ecology", fédérant profondément les différents acteurs. L’émulation, créée par le sentiment de participer à un projet avant-gardiste, a insufflé la motivation nécessaire pour réaliser un projet aussi ambitieux.

• Un projet réplicable ?


Les paramètres implicites d’ordre motivationnel (utopie commune, émulation entre les acteurs) sont des conditions indispensables pour réussir un projet de quartier durable. Il est impossible de les insuffler artificiellement. Une phase préalable d’incubation entre les différents acteurs d’un projet urbain semble donc être indispensable pour répliquer la réussite de Culemborg.

• SOURCES


- La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
- www.cdu.urbanisme.equipement.gouv.fr
- www.assohqe.org

Mobilité. Vers de plus en plus de quartiers sans voiture ?

Que pensez-vous d'un quartier "de courtes distances" où les habitants peuvent facilement aller à pied pour rejoindre les magasins, jardins d’enfants, école, services divers… dans un rayon de 300 mètres ?

Un quartier avec ligne de tramway et piste cyclable pour rejoindre le centre-ville situé à moins de 15 minutes en vélo.

Un quartier où les habitants renoncent, dans la majeure partie du quartier, aux garages et aux places de stationnement et les remplacent par des garages collectifs aux abords du quartier : ce choix permettant d’économiser jusqu’à 20% de l’espace total du quartier.
Un quartier où le nombre de parkings est diminué si les habitants renoncent à la voiture privée et optent plutôt pour l’auto-partage.

Un quartier où les voitures peuvent circuler occasionnellement mais le stationnement est interdit. Pour y vivre, une condition : renoncer officiellement à son véhicule ou se procurer une place de parking (18 000 euros à l’achat ou 1500 euros en location annuelle) dans l’un des parkings périphériques. Cette obligation, qui représente finalement une économie substantielle pour les foyers sans voiture, constitue indirectement une incitation financière à l’abandon de la voiture personnelle.

Un quartier où les gens font donc leurs courses à vélo avec une remorque, prennent le bus ou le tramway pour rallier le centre ville, ont éventuellement recours à un service d’auto-partage.

Un quartier avec un axe central aménagée en zone 30 km/h qui sert uniquement au raccordement du nouveau quartier. Du fait du rattachement routier en forme de U, il n’y a pas de trafic de passage dans les zones d’habitation.

Ce quartier existe : c'est le quartier Vauban à Fribourg (Allemagne). Les ruelles du quartier se caractérisent par une architecture très variée, la présence de petits parcs à vélos devant les immeubles et un aménagement privilégiant la vie sociale. Les enfants peuvent jouer dehors en toute sécurité. Découvrez en détail ce quartier sur ce blog...

Et en France ?

Dix-huit écoquartiers bientôt en France. Avec un tous un point commun : des quartiers avant tout réservés aux piétons et aux cyclistes. Et une faible place pour les voitures. Priorité aux circulations douces.

Cela sous-entend bien sûr une proximité immédiate avec le centre ville (moins de 5 kms), une ligne de tramway ou une amélioration de la desserte en transports publics. Tous les écoquartiers à venir en France ne bénéficient pas d'une proximité avec les centre-ville.

Pour réduire le recours à la voiture, voici quelqu'uns des choix retenus :

- Parkings en sous-sol limités : 1 ou 1,2 ou 1,4 ou 1,5, voir 2 places de parkings selon les projets. La tendance est de 1 à 1,2 places par logement.

- Parc de voitures partagées, type Modulauto à Montpellier. Covoiturrage, autopartage.

- Renforcement de l'intermodalité bus, vélo, tramway, pédibus. Création de pistes cyclables. Parcours piétons attrayants : la marche est favorisée en donnant les distances en temps de marche.

- Vélos en libre service et garages à vélo.

- Création de voies vertes, bâtiments immergés dans un continuum végétal, incitant à la marche et au vélo.

- Création de parkings en lisière du quartier. Nombre : une place de stationnement par logement.

Les quartiers suivants ont fait le choix du quartier sans voiture :

- Les temps durables à Limeil-Brévannes, les travaux ont commencé au 2ème trimestre 2008 : 1000 logements, 2300 habitants sur 9,5 hectares.

- Rives de la Haute-Deûle à Lille et Lomme. Premiers habitants en 2010. 600 logements et 1500 habitants sur 25 hectares (première étape, à terme 600 hectares).

- Quartier du Théatre à Narbonne. Travaux débutés en 2007. Premiers logements livrés en 2009. 650 logements, 1600 habitants sur 13 hectares.

 

 

30/04/2009

Un projet de "éco-rénovation urbaine"

Le quartier Vesterbro à Copenhague au Danemark : une requalification qui intègre les habitants
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TYPE DE QUARTIER

Ville : Copenhague 500 000 habitants
Site : Quartier ancien de Vesterbro
Initiative, Volonté initiale : Etat du Danemark, puis ville de Copenhague

ACTEURS

La ville de Copenhague
Le bureau coopératif de consultants pour la rénovation urbaine
Le centre pour la rénovation de Vesterbro
L’Etat
Les associations de quartiers
Les propriétaires
Les consultants

CONTEXTE

Copenhague, ville capitale de 500 000 habitants, forme le coeur d’une région urbaine abritant 1,7 millions d’individus, soit près du tiers de la population danoise.

Copenhague appartient à la vaste région Öresund qui englobe les régions de Scanie (Suède) et du Zealand (Danemark). Depuis l’an 2000, le pont Öresund - qui assure la liaison directe entre Copenhague et Malmö - enjambe le détroit pour mieux les relier.

Construit entre 1850 et 1920, le quartier de Vesterbro autrefois appelé “Inner Vesterbro” aligne des immeubles de 5 ou 6 étages maximum datant, pour 90% d’entre eux, d’avant 1900. L’insalubrité y est répandue :

64% des appartements ne possèdent pas de chauffage central ni d’alimentation en eau chaude sanitaire,

71% ne sont pas équipés de salles de bain

et 11% n’ont pas de WC.

Environ 6 100 habitants vivent à l’origine dans ce quartier très dense : étudiants principalement, mais aussi immigrés, retraités, chômeurs,... souvent en grande précarité. Propriété de particuliers ou de la ville, la plupart des appartements étaient en location.

Inéluctablement, le quartier commence à se transformer en ghetto où règnent le trafic de drogue et la criminalité et où le taux de chômage (20%) est deux fois supérieur à la moyenne nationale.

À l’issue d’une enquête, le Gouvernement décrète un “Acte de renouvellement urbain et d’amélioration des logements” qui fixe les grandes lignes des actions à mener, charge aux municipalités d’assurer les projets de rénovation.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU QUARTIER

• Objectifs politiques et dispositifs de management du projet

En 1990, la ville de Copenhague crée un groupe de travail, au sein du département de l’Énergie, de l’Eau et de l’Environnement, chargé de réfléchir à la mise en oeuvre d’un plan de rénovation urbaine écologique sur le quartier ancien de Vesterbro.

Les premiers objectifs sur le quartier ont principalement pour but de réduire l’insalubrité ambiante.

En 2001, 10 objectifs de développement durable sont ajoutés :

système de chauffage urbain
énergie solaire passive
économies d’eau
économies d’électricité
murs végétalisés
gestion des déchets
pollution des sols
centre d’information écologique
mobilité
zones vertes

En 2004, la ville met en place des agences locales de l’Agenda 21 de Copenhague dans chacun des grands quartiers.

• Coproduction locale avec les habitants

L’une des originalités du projet de rénovation de Vesterbro est sans conteste la participation active des habitants à chaque étape du programme.

L’équipe de consultants a pu dialoguer avec les résidents pour finaliser les choix de rénovation. Pendant près d’un an avant le démarrage des travaux, un processus de concertation s’est déroulé selon plusieurs étapes, allant de la planification des axes et des objectifs généraux à une liste de priorités par blocs d’immeubles. Un délai de 8 semaines leur a été laissé pour faire connaître leurs objections au projet et leurs suggestions. Une fois les différentes remarques compilées et étudiées, les plans d’actions par îlots ont pu être définis.

Pendant la rénovation, certains résidents ont été relogés temporairement par la société de rénovation urbaine, en fonction de l’importance des travaux à réaliser dans les appartements. Quelques-uns uns ont été complètement refaits à neuf et voient leur surface habitable modifiée : combinaison de deux appartements pour n’en faire qu’un, division d’un grand appartement ou destruction et disparition de certains autres avec une expropriation à la clé...

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Les espaces semi-privatifs de l’îlot

• Suivi, évaluation, capitalisation et partage, bilan des impacts sur les modes de vie

Des critères d’évaluation, spécifiques au quartier, ont été mis en place. Ils assurent le suivi de l’opération dans son ensemble et des progrès réalisés. Les projets de rénovation alimentent également une banque de données nationales sur l’écologie urbaine.

PERFORMANCES ENVIRONNEMENTALES DU QUARTIER

• Energie

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L’objectif général est l’intégration de techniques de réduction de consommation d’énergie dans la rénovation des immeubles du quartier. Cette démarche recherche en priorité une bonne qualité de l’air intérieur, un confort thermique pour les occupants et des économies, grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Le choix s’est surtout porté sur le solaire. Bonne orientation (au sud) des bâtiments, chauffe-eau solaire, cellules photovoltaïques, etc... On notera aussi l’utilisation de compteurs électriques individuels.

• Eau

Des critères d’évaluation, spécifiques au quartier, ont été mis en place. Ils assurent le suivi de l’opération dans son ensemble et des progrès réalisés. Les projets de rénovation alimentent également une banque de données nationales sur l’écologie urbaine.

• Déchets


Les communes danoises gèrent l’ensemble des déchets (ordures ménagères, déchets industriels...) : 50% vont à l’incinération, 3% sont mis en décharge et 47% dont destinés au recyclage.

A Vesterbro, des containers sont mis à disposition dans les cours intérieures des immeubles pour effectuer le tri d’une douzaine de types de déchets : verre, plastique, fraction biodégradable, métal, journaux, emballage cartons, vêtements, médicaments, peintures, acides, outils de nettoyage, compost...

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• Déplacements

Durant ces dix dernières années, le trafic a augmenté de 15% à Copenhague. Les services municipaux ont donc décidé d’élaborer un nouveau plan de déplacements urbains respectueux de l’environnement.

Ce document détaille la stratégie pour une mobilité durable dans la ville et la manière dont les impacts sur l’environnement peuvent être réduits.

Quelque 45 000 appartements dans Copenhague sont exposés au bruit du trafic à un niveau supérieur à 65 dB. À Vesterbro, l’isolation renforcée des immeubles a été choisie à la fois pour ses performances thermique et phonique.

Conséquence inattendue de la rénovation du quartier, la hausse du nombre de voitures particulières - pour se rendre sur les lieux de travail, situés dans les banlieues, mais également pour partir en week-end à la campagne - due à la croissance des revenus des habitants.

Cette augmentation des véhicules génère des problèmes de stationnement et de maîtrise des espaces publics. En conséquence, des places de parking ont dû être aménagées en périphérie du quartier.

La ville de Copenhague soutient fortement l’utilisation de la bicyclette en zone urbaine. Elle entretient un réseau de pistes et de routes cyclables qui est un modèle en Europe, et poursuit ses efforts par des mesures pratiques : développement de location gratuite de vélos dans plusieurs endroits de la ville (système de consigne), construction d’abris...

À Vesterbro, grâce aux cheminements piétonniers, les habitants profitent des efforts engagés en matière de verdissement du quartier. La mixité fonctionnelle de ce dernier leur permet, la plupart du temps, de se rendre à pied au supermarché, chez le médecin, à l’école et au travail.

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

La ville de Copenhague applique la politique architecturale en vigueur au Danemark, à savoir privilégier le remplacement des vieux immeubles dont le caractère historique ou les éléments de façades ne sont pas indispensables à l’harmonie du quartier ou des îlots d’immeubles.

Encourager la construction de nouveaux bâtiments, dont l’architecture s’intègre au quartier, permet d’offrir des logements aux normes actuelles de qualité avec des espaces de vie plus grands.

Les bâtiments sont parfois dotés de murs végétalisés. Les anciennes cours intérieures des îlots ont été remplacées par des espaces verts pouvant être équipés d’abris pour les vélos, de containers à déchets, mais également d’étendoirs à linge.

Armés de ce principe, les architectes danois ont su créer à Vesterbro des blocs d’immeubles harmonieux mêlant des constructions d’architecture très contemporaine avec des bâtiments existants rénovés

• SOURCES Bibliographie/entretiens


www.miljoe.kk.dk/la21

www.areneidf.org
WWW.EUROPEANGREENCITIES.COM/DEM

Munich, une aire compacte, urbaine et verte.

Munich en Allemagne, "une ville durable" :

Le " München Perspektiv " est le schéma de planification de la ville. Il a été adopté en 1998 après plusieurs années de discussion entre les différents partenaires. Son slogan est de garder l’aire urbaine de Munich compacte, urbaine et verte. Ce plan couvre tous les domaines du développement urbain : l’économie, les problèmes sociaux, le transport, l’environnement et l’urbanisme. Le principal objectif est d’éviter l’expansion urbaine non maîtrisée en réutilisant systématiquement les friches urbaines et en promouvant la mixité fonctionnelle (résidentielle, commerciale et services) afin de garder la ville compacte.

CONTEXTE

• Un engagement ancien

Munich a participé en 1994 à la Conférence d’Aalborg. En signant la Charte du même nom, la Ville a adopté ses lignes directrices. Dès l’année suivante, la ville décide de créer son agenda 21.

• Une tradition de coopération

La ville de Munich a depuis longtemps laissé une place importante à la coopération et à l’engagement civique dans ses choix de développement.

Le principe de " négocier au lieu de diriger" traduit bien cette tradition de coopération.


DEMARCHE

• Une approche holistique


Le plan intègre les dimensions économiques, sociales, régionales et écologiques au développement spatial. Les directives du plan concernent l’emploi, la prospérité économique, la coopération dans la région, la compétitivité de l’espace économique, le renforcement du rôle des quartiers, l’utilisation des potentiels d’espaces existants en ville pour créer des structures d’habitat durables, la mobilité pour tous et la maîtrise de la circulation automobile.

Il adopte donc une approche intégrée qui décloisonne les différents domaines du développement urbain.

• Une structure flexible

Le " München Perspektiv " prend en compte cette culture coopérative grâce à sa structure ouverte et flexible.

Au lieu d’accumuler des mesures et des objectifs très détaillés, le plan propose des modèles, des cibles à atteindre et des principes généraux qui doivent être mis en oeuvre dans les projets pilotes.

Des objectifs plus précis sont ensuite concrétisés dans des programmes d’action budgétisés et minutieusement planifiés.

Ces programmes d’action sont en général élaborés avec la participation intensive des différentes chambres professionnelles, des associations, des entreprises et du public, en particulier avec les élus des 25 conseils d’arrondissements. Ils sont adoptés après de longues discussions publiques au sein du conseil municipal.

• Les grandes lignes

Le plan définit sept grandes lignes d’action pour le développement de Munich : la prospérité économique, la coopération régionale, l’apaisement social à travers des politiques sociales au niveau local, l’aménagement des quartiers, le développement du centre prioritairement au développement périphérique, une architecture mêlant tradition et modernité, une mobilité adaptée à la ville. Le " München Perspektiv " a été évalué et révisé deux fois en 2000 et 2005. De nouvelles grandes lignes ont été ajoutées concernant la sécurité, la cohésion sociale, la politique familiale, l’écologie, la culture, les nouveaux médias et le sport. Pour mettre en oeuvre les projets pilotes et les programmes d’action, des groupes de travail incluant les acteurs privés ont été créés.

MONTAGE

• Une myriade de projets

Les résultats de la consultation et de la planification ont été par exemple :

un recueil dont le titre est "Munich, une ville durable" où 60 contributions de différents partenaires et experts exposent la richesse des sujets liés au processus de l’Agenda 21 ;
un accord sur 44 projets conformes aux exigences du développement durable ;
un programme "Eco-profit" auquel participent 27 entreprises avec 13 000 salariés ;
la décision du parlement municipal de financer la construction de la "Maison du Monde" ;
en coopération avec les habitants et la Ville la création de la fondation " Munich durable " ; (Zukunftsfähiges München) qui soutiendra la réalisation des projets conçus dans le cadre de l’Agenda 21 ;
le projet " compas de la durabilité " qui vise à élaborer des indicateurs pour un développement durable de Munich.

• Une action pour les espaces naturels publics

Il faut mentionner par ailleurs l’adoption d’une série de décisions du parlement municipal qui vont dans le sens de la création d’espaces publics, dans la ville. Elles concernent, entre autres, la mise en réseau des espaces verts à l’intérieur de la ville, mais aussi leur liaison avec les corridors verts des environs, la mise en place d’un réseau de biotopes au sein de la ville, la réalisation d’une cartographie des biotopes, le développement d’une ceinture verte qui communique avec les environs, l’aménagement d’une partie des berges de l’Isar, la création d’un parc paysager de 200 ha à l’endroit où se trouvait l’ancien aéroport de Riem, à l’est de Munich, l’aménagement d’espaces paysagers dans la ville, l’enquête sur le besoin en terrains de jeux pour enfants, l’analyse, tous les trois ans, des arbres dans la ville aux rayons infrarouges.

• Une Gestion De L’eau Avant-Gardiste : création d’un " filtre naturel d’épuration de l’eau "

Tout commence il y a plus de quarante ans.

A cette époque, le système d’alimentation en eau de la ville à partir des eaux de la vallée du Mangfall est mis en place. Bien que distante de 40 km, cette vallée, qui assure aujourd’hui 80 % de l’approvisionnement de l’agglomération est choisie pour sa pluviométrie élevée, la capacité filtrante des sols, et surtout pour son altitude, qui permet une adduction gravitaire.

La municipalité procède à l’acquisition des terres agricoles du bassin hydrographique du Mangfall. La plupart des terrains sont ensuite boisés.

L’idée, avant-gardiste pour l’époque, est de créer un filtre naturel épurateur des eaux, lequel est "propriété de la ville " sur 1600 ha. La gestion et l’exploitation de ces boisements est assurée par le service forestier municipal pour le compte du service municipal des eaux. Une stratégie payante puisque - 1200 analyses microbiologiques et 200 tests chimiques mensuels en font foi - les 110 millions de m3 consommés chaque année par les habitants de Münich et ses 20 communes environnantes sont, sans traitement préalable, d’une qualité qui s’apparente à celle d’une eau minérale.

Début des années 90, toutefois, le service des eaux note la très lente (mais constante) augmentation des teneurs en polluants d’origine agricole. Certes, les chiffres sortis des éprouvettes sont loin d’être inquiétants, très loin de tout seuil de dangerosité mais l’alerte est tout de même prise très aux sérieux. Acquérir des terres dans le périmètre des zones de captages pour les boiser est une solution vite écartée compte tenu des tensions sur le foncier.

La ville décide donc d’encourager l’agriculture biologique sur l’ensemble des terres agricoles situées en amont de la vallée du Mangfall. Elle va intervenir très directement, sur tous les maillons de la filière, de la production à la commercialisation, se faisant par ailleurs fort d’assurer des débouchés aux produits biologiques dans ses propres établissements : crèches, cantines...

Par ailleurs des aides sont mises en place pour convertir les agriculteurs. La première année (1993) 23 exploitations contractualisent pour une surface totale de 800 ha. En 1999, ils sont 92 sur environ 2200 ha dont 1600 ha dans la zone proprement dite de conversion et 600 ha à l’extérieur. Il reste 15 derniers agriculteurs qui ne sont pas encore convertis. Pour la municipalité, le coût du programme de soutien à l’agriculture biologique - 0,83 M euros /an (soit 1 centime d’euro par m3 d’eau distribué) - n’est pas excessif dans la mesure où la ville évite de coûteux traitements. A titre de comparaison, le coût de la seule dénitrification est estimé en France à environ 30 centimes d’euros/m3. Le projet est une réussite, la progression de la pollution des eaux s’est arrêtée.


• La redistribution de la plus-value foncière

La ville de Munich a développé un modèle de prélèvement sur la plus-value foncière engendrée par des opérations d’aménagement. Les deux-tiers de l’augmentation du prix du foncier revenant normalement à un aménageur doivent être réinvestis dans l’amélioration des infrastructures et dans le logement social. Cette mesure découle de la loi fédérale sur l’équité sociale, adoptée en 1994. Selon cette loi, une municipalité peut décider de changer le statut d’occupation du sol d’un terrain à faible valeur foncière, comme par exemple un terrain industriel, en un terrain à haute valeur foncière, afin qu’il devienne un terrain destiné à recevoir des bureaux ou un terrain résidentiel, créant ainsi une augmentation artificielle du prix foncier. Un tiers de cette plus-value foncière revient au propriétaire, et le reste est redistribué pour les infrastructures et financement de logements sociaux.

• Le contrôle des projets urbains

Un comité consultatif examine attentivement chaque projet urbain avant la phase de réalisation. Il est constitué d’experts, de politiciens du conseil municipal et du conseil d’arrondissement ainsi que d’aménageurs et de techniciens de la ville qui vérifient que le projet ne s’oppose pas aux grandes orientations d’aménagement choisies pour l’agglomération.

• Un lieu d’interface : le bureau d’information sur l’aménagement urbain

Un bureau d’information sur l’aménagement urbain, " PlanTreff ", offre une interface entre les différents acteurs de l’aménagement. Il organise des manifestations, des expositions, des visites guidées pour le public intéressé, les comités de quartiers, les architectes, les universitaires, les médias... Il présente aussi des projets venant d’autres pays européens pour susciter le débat sur la manière de faire de l’aménagement urbain durable. Des cours et des concours sont organisés spécialement pour impliquer les jeunes générations sur la question de la ville durable.

EVALUATION

• Une gestion globale et évolutive du durable

Malgré la complexité de la tâche qu’elle s’était imposée, la ville de Munich a su développer une dynamique complète et évolutive de la gestion de son territoire créer grâce, notamment, à la participation de très nombreux acteurs. La municipalité a su être conciliante et attentive lors des phases d’élaboration, mais aussi ferme et entrepreneuse lors de la mise en place des projets.

Résultat : un espace réfléchi, maîtrisé, et en constante amélioration.

25/04/2009

L'écoquartier, brique d'une société durable

L'écoquartier - ou quartier durable - cristallise en ce moment une énorme attention en France, en Suisse et en Allemagne. C'est vrai aussi bien dans la société civile qu'au sein des autorités publiques, tandis que les professionnels de la construction n'ont aucun intérêt à rester à l'écart de cette tendance.

L'écoquartier vise tout à la fois pour le milieu urbain des économies d'énergies et de matière, une meilleure gestion de l'eau, la mobilité douce, une qualité de vie faisant la part belle à la nature en ville et, plus fondamentalement, un urbanisme et des styles de vie durables. A la fois vitrine et symbole d'une évolution positive en profondeur de la société, l'écoquartier est l'expression tangible d'une politique intelligente de la ville et, en même temps, un fair-valoir pour ses promoteurs.

Au vrai, l'écoquartier propulse une écologie habituée à provoquer rejet et dénonciation en fer de lance d'un projet de société constructif et enthousiasmant, associant un mieux-être immédiat à la prise en compte à long terme de l'environnement. En apportant en outre une réponse à la dimension collective du défi écologique et en permettant de réelles avancées sur ce plan, l'essor des écoquartiers maintient à flot l'espoir que l'humanité saura relever la tête.

Ce blog est dédié aux écoquartiers en Europe et tout particulièrement à l'écoquartier Vauban situé à Fribourg-en-Brisgau en Allemagne. Il fait référence en Europe et de nombreuses collectivités s'en inspirent. Il concentre toutes les applications concrètes d'un quotidien écologique : maisons basse énergie, maisons passives, architectures solaires, production d'énergies renouvelables centralisée et décentralisée, mobilité douce, mixité sociale... etc.

Découvrez maintenant l'écoquartier Vauban dans toute sa dimension urbanistique, sociale, environnementale au travers des rubriques, liens et album photos. Je vous invite notamment à une visite virtuelle et en français en cliquant sur le premier lien intitulé "visite virtuelle du quartier Vauban". Laissez le temps aux vidéos de se télécharger pour mieux les visionner. De même, attendre une bonne minute pour visionner le diaporama de la centaine de photos prises sur place en avril 2009.

Vous êtes...
- dirigeant et/ou cadre dans les domaines de l'économie, de la politique, de l'éducation ou des sciences,
- spécialiste dans l'artisanat, le commerce, l'industrie, le tourisme ou l'administration,
- membre d'un groupement d'intérêts, d'une association ou d'une initiative citoyenne,
- une entreprise de production et de distribution d'énergie, une banque ou assurance,
- promoteur, architecte, ingénieur, installateur, urbaniste, sociologue ou écologiste,
- professeur, étudiant ou écolier,
... intéressé par les applications concrètes du développement durable, des énergies renouvelables ou de l'architecture écologique, ce blog est fait pour vous et pour la promotion des écoquartiers.

Quartier Vauban : en résumé

L'écoquartier Vauban de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne : en chiffres et en résumé
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TYPE DE QUARTIER

Site : Situé en périphérie de Fribourg (263 000 habitants), à moins de 3 km du centre ville, le quartier Vauban s ‘étend sur 38 ha ou se trouvaient d’anciennes casernes de l’armée française, quittées par celles-ci en 1992.

AVANCEMENT DU PROJET


Début des travaux en 1994, fin en 2006.

LES ACTEURS

- Maîtrise d’Ouvrage publique : ville de Fribourg
Maîtrise d’Ouvrage construction : agence Stuttart Kohlhoff et Kohlhoff

EMPRISE AU SOL


Superficie de l’opération : 38 ha

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FORMES URBAINES

Hauteurs : 4 étages au maximum
Typologie : cité jardin

PROGRAMME


Nombre de logements : 200 dits alternatifs, 600 étudiants et 2 000 individuels et collectifs à terme = 5 500 habitants pour 2 000 logements

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ANALYSE
CONTEXTE


Début des années 1970 : mise en route d’une politique de transport écologique assortie d’un plan de déplacement : promotion des transports publics et mode de transport non motorisés, extension du réseau du tramway et cyclables.
Milieu des années 1980 , naissance du concept de planification énergétique insistant sur les énergies renouvelables et les économies d’énergie.
1989 : décision de classer les rues principales de Fribourg en zone 30 km/h
1996 : plan global de protection du climat adopté par le conseil municipal avec pour objectif de réduire de 25% les émissions de CO2 d’ici 2010.

Objectif :

Réaliser une cité jardin qui propose une synthèse entre la ville et la campagne
1997 : la viabilisation démarre
1998 : les premières constructions (450) sont livrées
1999 : la 2ème tranche démarre, elle concerne 86 parcelles d’une surface de 160 à 620 m2 destinées à la construction de maisons en bande, maisons jumelées et petits collectifs de 4 étages.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER


Outils de management du projet (volonté politique, objectifs politiques)

Mixité des emplois, des habitations et des couches sociales
Création de 600 emplois regroupés pour la plupart sur les 6 ha destinées aux activités industrielles et artisanales.

Coproduction locale avec les habitants :

Association « Forum Vauban » au double objectif :
permettre à la population de participer au processus d’aménagement et de construction
coordonner cette participation

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DEVELOPPEMENT SOCIAL ET ECONOMIQUE DE L’UNITE DE VIE LOCALE

Outils de management du projet (volonté politique, objectifs politiques)

Respect du principe de mixité sociale
En 1995 la ville initie le processus de participation citoyenne et reconnaît l’association Forum Vauban, outil de participation qui est consulté dès le démarrage de la planification du quartier.

Démocratie locale

Une maison de quartier
Aménagement urbain dans le respect des personnes handicapées
Centre d’information « Forum Vauban »
Eglise, commerces le long du boulevard principal, marché de petits producteurs
Formation des enfants à la culture écologique.

Organisation de la mixité culturelle et générationnelle


Maison de quartier et centre socioculturel accueillant les associations locales : Burgerhaus 037 (ancienne baraque)
Les anciennes baraques rénovées sont occupées par le collectif SUSI (soit une partie des individus ayant occupé illégalement les casernes dès leur libération et qui sont à présent régularisés).
Forte participation citoyenne par la constitution de baugruppen (groupes désireux de construire leur logements et d’organiser la vie dans leur îlot).
Ecole élémentaire, jardins d’enfants.

PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie, Eau et Déchet + Paysage et Biodiversité
Ambiances et formes urbaines

Le quartier Vauban est l’un des plus grands quartiers solaires d’Europe.

Les sols des terrains ont été dépollués Maîtrise énergétique, puisque la référence de consommation sera le label habitat à basse énergie (65KM/m2/an)
Préservation des biotopes du terrain (bord du ruisseau qui traverse le site)
Priorité accordée aux piétons, cyclistes et transports en commun
Utilisation rationnelle de l’énergie (réseau de chaleur de proximité sur la base d’une centrale de cogénération)
Préservation des arbres centenaires, jardins privatifs non clôturés d’où l’impression d’espace ouvert
Exploiter les eaux de pluie (lavage du linge, arrosage des jardins chasse d’eau des toilettes de l’école élémentaire)
La toiture des petits immeubles accueille 2 500 m2 de panneaux voltaïques raccordés au réseau national de distribution électrique qui rachète les KWh excédentaires et des panneaux solaires sont installés sur l’un des garages à silos du quartier

Objectifs de conception architecturale et urbaine (évolution, adaptabilité, réversibilité)

Découpage du terrain en petites parcelles
Recherche de la diversité architecturale selon des pratiques anciennes revisitées (mitoyenneté des maisons)
1 place de parking au maximum par logement
Personnalisation des logements par la couleur, fortement appréciée par les habitants.

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

Diversité fonctionnelle, formelle et spatiale


1ère livraison : maisons en bandes et collectifs + commerces et 4 bâtiments rénovés de l’ancienne caserne.
11 des anciennes baraques ont été conservées et rénovées, elles occupent une superficie de 4ha. 4 d’entre elles sont affectées à 200 log alternatifs formant le collectif SUSI.

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Sécurité et risque, sûreté et santé.

Le piéton et le cycliste sont rois, tout le quartier et un grand nombre de larges ruelles leur sont réservés, les vélos sont tous équipés d’une remorque pour le transport.

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SOURCES


http://alliance21.org/fr/themes/territ/terr01.htm/
http://www.vauban.de
http://www.forum-vauban.de
http://www.susi-projet.de
http://www.genova-freiburg.de

Le programme "Home Energy Strategy"

Eco-réhabilitation à Leicester en Angleterre :
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Le programme " Home Energy Strategy " se focalise sur la réhabilitation énergétique des bâtiments existants en mettant en place des mesures réglementaires, incitatives et de sensibilisation.

CONTEXTE

• Pourquoi parler d’éco-réhabilitation ?

Parce que le quartier durable se fait à partir du quartier d’aujourd’hui. Ce n’est en effet qu’avec une action efficace et systématique sur le tissu urbain existant que la ville durable pourra se mettre en place. La priorité est de réduire la consommation énergétique des logements, qui représentent, selon l’Agence Internationale de l’Energie, plus du tiers de la consommation d’énergie dans le monde. L’amélioration de l’efficacité énergétique doit permettre de résoudre ce problème. Il existe beaucoup de solutions techniques pour améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment. La question n’est donc pas comment améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment, mais plutôt, comment inciter les propriétaires à réaliser les travaux et comment les aider à financer ces travaux?

• Le durcissement progressif de la réglementation nationale


En 1965, la " Building Regulations " introduit pour la première fois des objectifs énergétiques dans les constructions nouvelles.

Cette limite est fixée par la " u-value " qui mesure le total des pertes de chaleur par mètre carré pour chaque degrés Celsius de différence entre l’intérieur et l’extérieur.

En 2003, l’" Energy White Paper " formule des orientations pour une meilleure efficacité énergétique dans la construction des bâtiments. Et en 2006, la réglementation sur l’efficacité énergétique est renforcée. La "u-value " est remplacée par la " Dwelling Carbon Dioxide Emission Rate " (DER), qui mesure la quantité d’émissions de dioxyde de carbone par m2 de surface bâtie. Cet indice prend aussi en compte l’étanchéité à l’air d’un bâtiment, l’efficacité du système de chauffage et l’utilisation d’autres sources d’énergie. Pour la première fois, il devient obligatoire d’améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment existant lors de travaux d’extensions ou de rénovations. Depuis août 2007, il est devenu obligatoire, conformément à la Directive Européenne, d’obtenir un d’un " certificat de performance énergétique " pour pouvoir vendre son logement.

En 1995, la loi HECA " Home Energy Conservation Act " oblige les autorités locales à promouvoir l’amélioration de la performance énergétique des logements sur leur territoire.

• Leicester, une ville leader


Leicester est engagée depuis longtemps dans le domaine de la maîtrise de l’énergie. En 1983, la ville a créé le " Leicester Ecology Trust " qui incite les instances européennes à financer un programme d’action sur dix ans portant sur la réhabilitation écologique du tissu urbain. La municipalité lance en 1991 une action globale de réhabilitation environnementale de la ville.

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DEMARCHE

• Le partenariat et des organismes pour multiplier les actions


1. Le " Groundwork Leicester & Leicestershire " est aujourd’hui l’association d’intérêt public la plus importante dans le domaine de l’environnement en Grande-Bretagne. Elle fournit des informations, des conseils et des aides techniques aux particuliers et aux organisations décidés à s’engager vers un future plus durable. Cette Agence de l’Energie de Leicester est chargée de promouvoir la maîtrise de la consommation énergétique auprès du grand public et des petites et moyennes entreprises.

2. Le Centre de l’Efficacité Energétique ouvert depuis 1998 est l’un des 43 centres britanniques soutenu par le "Energy Saving Trust" pour promouvoir la campagne nationale "Energy Efficiency Campaign" destinée à impliquer le public et à le sensibiliser aux questions d’efficacité énergétique.

Tous ces organismes aident la municipalité à mettre en place le programme "Home Energy Strategy".

• La démarche " Home Energy Strategy "

Le nombre de constructions nouvelles sur le territoire urbain est très limité. Par conséquent, la Ville a comme objectif prioritaire la réhabilitation du bâti existant. Cependant, la réhabilitation des immeubles par leurs propriétaires est ardu du fait de la situation économique difficile. Afin de réduire la consommation totale d’énergie de la ville (30% provient du secteur de logements privés), la Ville a défini le programme "Home Energy Strategy" qui vise à aider et inciter les propriétaires à réhabiliter leur logement.

MONTAGE

• Des mesures obligatoires

Différentes mesures ont été prises dans le cadre du programme " Home Energy Strategy ". En ce qui concerne les constructions nouvelles, les standards énergétiques doivent atteindre 9,5 sur l’échelle du " National Home Energy Rating Scheme " (NHER). Le NHER est le système national de classement énergétique dans l’habitat, qui va de 0 (mauvaise qualité), à 10 (très bonne qualité), la moyenne britannique se situant entre 4 et 5. De plus, quand la municipalité loue des logements, les lieux doivent être réhabilités. Malheureusement, ces mesures sont limitées à cause des contraintes budgétaires de la Ville. Si la Ville vend des terrains pour construire de nouvelles maisons, elle impose comme condition de vente, un standard NHER de 8 au minimum.

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• Des mesures incitatives

Dans le secteur des logements privés, la municipalité a développé une stratégie globale d’action pour informer et motiver cinq groupes cibles : les habitants, les artisans du bâtiment et de l’électricité, d’autres services de l’administration, les compagnies d’électricité, les banques et les sociétés de construction.

Cela permet de donner de la cohérence à l’ensemble du secteur.

En partenariat avec l’Agence de l’Energie, la municipalité a développé un service à destination des propriétaires afin de les inciter à investir pour réaliser des économies d’énergie. L’opération vise à développer un marché pour des technologies et services économes en énergie. Pour cela, les entreprises productrices de matériaux et d’équipements, ainsi que les installateurs et les vendeurs, sont invités à devenir gratuitement partenaires du l’opération.

Chez ces partenaires, les clients obtiennent une réduction sur présentation d’une carte. Les membres peuvent aussi demander gratuitement un bilan énergétique de leur logement pour calculer le meilleur moyen de faire des économies d’énergie et identifier les subventions dont ils peuvent bénéficier.

• Des mesures de sensibilisation

En 2000, le "Groundwork Leicester & Leicestershire", a développé avec le soutien du Conseil Municipal un modèle de maison écologique en rénovant une maison individuelle des années 1930. La maison écologique constitue une exposition permanente pour montrer comment réduire les dépenses énergétiques.

Des campagnes thèmatiques sont régulièrement organisées pour informer les gens des problèmes d’environnement qui les affectent directement et les encourager à une action simple et pratique pour améliorer leur qualité de vie et l’environnement.

Chaque campagne fait appel à des media locaux et régionaux pour diffuser largement son message. Des offres promotionnelles ou des subventions sont mises en place pour réduire la barrière des coûts et favoriser des actions simples et concrètes.

Pendant la campagne sur l’énergie, on pouvait ainsi acheter des panneaux réfléchissant la chaleur des radiateurs à prix coûtant et 30 000 ont été vendus. Les bénéfices individuels apportés par une participation à l’action, ainsi que les bénéfices pour l’environnement, sont mis en évidence pour motiver le public.

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EVALUATION

• L’importance de la communication

La ville de Leicester a bien compris l’importance de l’information et de la sensibilisation du public. Plusieurs organisations spécialisées dans ce domaine travaillent de façon coordonnée en partenariat avec le Conseil Municipal et des entreprises privées. Elles donnent en permanence des conseils pratiques adaptés aux besoins des particuliers et des formations à l’utilisation de technologies énergétiques.

SOURCES :


La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
http://www.energie-cites.org/
http://www.oecd.org
Damien Petit, stagiaire MAD (DGUHC)

Un projet de quartier durable situé sur la péninsule de Greenwich dans la banlieue est de Londres.

Greenwich Millennium Village à Londres en Angleterre :
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Le « Greenwich Millennium Village » est un projet de quartier durable situé sur la péninsule de Greenwich dans la banlieue est de Londres. Le projet se déroule en deux phases : une première phase, déjà achevée, de 1999 à 2006 où 1100 logements ont été construits et une deuxième phase de 2007 à 2014 durant laquelle 1650 logements supplémentaires doivent être construits.

CONTEXTE

• Le programme “Millennium Communities”

Ce programme a été lancé par l’agence nationale de rénovation urbaine, « English Partnerships », et par le ministère des collectivités et du gouvernement local afin de créer sept quartiers durables exemplaires au Royaume-Uni.
Le programme “Millennium Communities” se donne l’objectif de montrer comment des communautés durables peuvent être construites au XXIème siècle afin de donner de l’inspiration aux industriels du bâtiment et aux acheteurs.

• La reconversion de la péninsule de Greenwich

Le site de la péninsule de Greenwich, ancienne zone industrielle, fait l’objet d’une opération de reconversion de grande ampleur (121ha). Il s’agit de créer à l’est de Londres un nouveau quartier multifonctionnel comptant à terme 10 000 habitants. La construction proche du Dôme du millénaire, le plus grand du monde, a joué un rôle moteur dans cette opération. La péninsule est desservie par la ligne de métro Jubilee, récemment prolongée. L’originalité du projet est d’organiser un développement reposant sur le concept de développement durable, en utilisant des techniques d’aménagement et de construction d’avant-garde. C’est dans ce cadre que le quartier « Greenwich Millennium Village » a vu le jour.

DEMARCHE

• Un concours international

En juillet 1997, le vice-premier ministre, John Prescott lance un concours international pour trouver un aménageur capable de créer un quartier exemplaire en matière de développement durable. En février 1998, le vainqueur du concours est sélectionné. Le quartier va être aménagé par « Greenwich Millennium Village Limited », un consortium comprenant « Countryside Properties PLC », une société privée d’aménagement, et « Taylor Woodrow Developments Limited », un promoteur privé.

• Un quartier vitrine

Le « Greenwich Millennium Village » se veut un quartier vitrine des nouvelles techniques de construction plus durables. Les objectifs d’innovation technique fixés pour la première phase sont élevés : réduire la consommation d’énergie primaire de 80%, l’énergie utilisée pour la construction de 50%, la consommation d’eau de 30%, le prix de la construction de 30% et la durée des travaux de 25%. Les objectifs de la deuxième phase de 2007 à 2014 sont encore plus ambitieux.

MONTAGE

• L’application des labels environnementaux

Le projet met en application la « BREEAM Rating » (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) pour évaluer la qualité environnementale d’un bâtiment. C’est la méthode de labellisation la plus largement reconnue au niveau international. Elle a été initiée en 1990 par l’organisme principal de recherche dans la construction au Royaume-Uni, le BRE. L’évaluation est basée sur des cotations attribuées selon un ensemble de critères de performance. Les neufs critères principaux sont : la gestion, santé et confort, énergie, transport, consommation d’eau, matériaux, utilisation du sol, écologie du site et pollution. Le contenu de la méthode est mis à jour tous les ans pour s’assurer de la prise en compte des meilleures pratiques en vigueur et tenir compte des évolutions techniques et législatives.

• Un plan d’aménagement à taille humaine

Le plan d’ensemble du quartier est organisé autour d’un parc écologique. Le principe du square londonien est réintroduit afin de rendre l’espace public à taille humaine, vivant et convivial. Le parc écologique couvre 50 hectares. Il est constitué d’une dizaine de milliers d’arbres et d’arbustes. Un lac est relié à des étangs avec des roseaux et des îles pour attirer les oiseaux. La gestion de ce parc est assurée par English Partnerships. Le village promeut les modes de transport durable comme la marche à pied et le vélo. Une ligne de bus relie le quartier à la nouvelle station de métro situé dans le nord de Greenwich. Un important réseau de cheminements piétons et cyclables a été aménagé pour inciter les habitants à se déplacer à pied ou à vélo. De même, des stationnements pour vélo ont été installés un peu partout dans le quartier.

• L’efficacité énergétique des bâtiments

Tous les logements ont des équipements peu consommateurs d’eau et d’énergie. Le plan d’ensemble du quartier et l’orientation des immeubles ont été conçus pour maximiser les gains d’énergie solaire. La chaleur et l’électricité dont le quartier à besoin est produite directement sur le site grâce à des petites centrales combinées chaleur et électricité au gaz. Ces centrales ont l’avantage de produire une source d’énergie peu chère et peu polluante. Enfin tous les logements ont une isolation thermique de qualité.

EVALUATION

• Des résultats prometteurs

Les résultats de la phase initiale sont prometteurs. La consommation d’énergie primaire a été réduite de 65% (amélioration des standards d’isolation, utilisation combinée de la chaleur et de l’électricité), la consommation de l’énergie utilisée pour la construction de 25% (sélection de matériaux recensés par le « BRE green guide », utilisation de produit recyclés), la consommation d’eau de 25%. Enfin, le prix des constructions a été diminué de 20% grâce à une valorisation de l’ingénierie, à une coopération avec les fournisseurs et à une standardisation des procédés de construction.

• Mettre en marche le secteur privé

Derrière les performances techniques, ce qui est intéressant, c’est la volonté de l’Etat de mettre en marche le secteur du développement durable en stimulant le secteur privé. Des partenariats sur le long terme ont été arrangés avec les industriels de la construction. Ils sont ainsi encouragés à investir dans la recherche et l’innovation sur le développement durable.

SOURCES :

La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
Damien Petit, stagiaire MAD (DGUHC)

24/04/2009

Un bon exemple de développement urbain durable en Europe.

Quartier de la Südstadt à Türbingen en Allemagne :
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La Südstadt est constituée de deux quartiers, anciennes casernes militaires françaises, séparés par une voie routière d’importance régionale, la « Stuttgarter Strasse ».

CONTEXTE

• Le réaménagement du centre ville

Dès les années 1980 et 1990, le centre de Tübingen a été réaménagé selon les principes du développement durable : construire un centre ville compact, avec une densité élevée, une mixité fonctionnelle importante, tout en réduisant au maximum la place de la voiture.

• Un individu moteur

Andreas Feldtkeller, responsable du réaménagement du centre ville de Tübingen, a initié l’idée de construire un quartier mixte à la place de l’ancienne base militaire française au Sud de la ville. Il a été l’initiateur et le moteur de ce projet expérimental.

DEMARCHE

• La Ville pilote du projet

L’ambition de l’équipe municipale est, sur le long terme, d’apporter un bon exemple de développement urbain durable en Europe.

Toutes les décisions d’orientation stratégique sont votées au sein du conseil municipal par un comité spécialement créé pour le réaménagement du quartier Südstadt.

Les objectifs généraux sont d’endiguer la péri-urbanisation en concentrant le développement urbain à l’intérieur de la ville, de réduire les déplacements individuels motorisés, de promouvoir les modes doux, d’améliorer les conditions de vie et de travail dans la ville et, plus généralement, de revaloriser l’ensemble du quartier.

Le projet est coordonné par le service municipal de rénovation urbaine, le « Stadtsanierungsamt », en charge pendant 25 ans du réaménagement du centre-ville.

Ses compétences incluent la planification, l’attribution des options de construction, la vente des terrains, l’aménagement des équipements publics, la coordination avec le public, et la communication sur le projet. Le service reçoit l’assistance d’autres services municipaux et celle d’entrepreneurs privés.

• Des citoyens aménageurs

La ville a demandé aux habitant d’être de véritables acteurs, des « fondateurs de ville ».

Pour cela, elle les incite à former des groupements de constructions. Ce sont des groupes d’individus ou de familles qui collaborent pour construire leur maison sur une base coopérative.

La démarche est initiée par une campagne de communication : publicités sur les terrains à vendre dans les médias locaux, organisation d’évènements publics qui servent de plate-forme participative où les gens intéressés pour former un groupement de construction peuvent se rencontrer.

Lorsqu’un groupement est formé, la Ville peut décider de lui accorder une option sur un site pour une période de six mois. Pendant ces six mois, les groupements de construction doivent commanditer un architecte avec une ébauche de projet et savoir quel type d’activité non résidentielle pourrait s’implanter au rez-de-chaussée des immeubles. Pendant cette période, les groupements peuvent encore décider d’agrandir ou réduire leur terrain.

Une rencontre publique est ensuite organisée pour sélectionner les groupements qui vont pouvoir réaliser leur projet. La ville doit justifier chaque rejet de candidature. Une fois que le projet est validé, la vente du terrain est achevée. Lorsque la construction des immeubles est terminée, les groupements de construction se transforment en associations de propriétaires, légalement équivalent à des syndicats de copropriété.

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MONTAGE

• Un plan d’aménagement flexible


Le projet urbain ou « Rahmenplan », est constitué d’une partie écrite fixant les objectifs physiques et sociaux, et d’un plan d’ensemble réalisé par une équipe d’étudiants en architecture sélectionnés par appel d’offre.

Le document a été enrichi en parallèle par un processus de participation publique rythmé par une série d’ateliers.

Un « Bebauungsplan » est ainsi élaboré après le « Rahmenplan ». Il définit la forme et la taille des parcelles, les densités maximales, pour un ensemble de 2 à 5 îlots. Ces deux documents d’urbanisme, couramment utilisés en Allemagne, ont une valeur réglementaire.

Dans le cas de Südstadt, ils ont été élaborés de manière plus flexible afin de laisser la possibilité aux groupements de construction de moduler les règles en fonction de leurs besoins et de leurs intérêts.

Le plan d’ensemble du quartier ne définit que l’alignement des îlots. La hauteur, la profondeur, la forme et le style architectural des immeubles peuvent varier selon une certaine fourchette. Ce principe génère une grande diversité architecturale qui rappelle les quartiers urbains qui se sont développés au fil du temps.

Le plan d’ensemble se soustrait aux zones réglementaires définies par le plan d’urbanisme de Tübingen. A la place, il exige des groupements de construction qu’ils implantent une fonction résidentielle aux rez-de-chaussée des immeubles.

• Une incitation à la mixité sociale

Il n’y a pas de logements sociaux planifiés.

A la place, la taille des parcelles doit rester flexible. De cette manière, les ménages à revenu modéré peuvent acheter une parcelle de petite taille et construire dessus la densité maximale autorisée. Le prix du foncier est ainsi répercuté sur un grand nombre de personnes.

Les coûts peuvent être encore diminués par une contribution à la construction. Ces mesures permettent de rendre possible la mixité sociale dans le quartier, mais ne suffisent pas à la rendre effective.

La municipalité a donc gardé un autre levier pour favoriser la diversité des origines sociales. Lorsqu’un groupement de construction est formé, elle peut décider de lui accorder une option sur un site pour une période de six mois. Cette option est accordée à condition que chacun des membres du groupement ait une garantie de solvabilité de leur banque et qu’ils réalisent une évaluation de la composition sociale du groupe. La municipalité peut ainsi promouvoir la mixité sociale dans le quartier en obligeant le groupement à déterminer sa composition sociale.

• Un droit de préemption adapté

La « Städtebauliche Entwicklungsmassnahme » permet à la municipalité d’acheter du foncier à bas prix (car non aménagé), pour ensuite le viabiliser en construisant les infrastructures nécessaires (réseaux divers). En revendant les terrains constructibles au prix du marché, elle peut couvrir les frais avancés pour l’achat et la viabilisation du foncier.

L’outil « Städtebauliche Entwicklungsmassnahme » offre beaucoup de possibilités d’innovation en termes de planification et de réalisation. Il permet à la municipalité de contrôler jusqu’au bout l’aménagement du quartier. Cette procédure peut être invoquée par une collectivité locale « si cela est nécessaire pour servir l’intérêt général... particulièrement en cas de pénurie de logements ou pour l’emploi » et « quand ces objectifs ne peuvent pas être atteints par des contrats conventionnels ».

• Les groupements de construction : un outil de développement urbain


La municipalité acquiert l’ensemble du foncier et le partage en plusieurs petits lots qu’elle revend à des groupements de construction, constitués généralement de 5 à 30 parties (individus, copropriétés, couples, familles...).

Ces groupements de construction commanditent ensuite un architecte et un entrepreneur pour effectuer la conception et la construction de leurs maisons. Ainsi aucun promoteur privé n’est impliqué dans le processus.

Ce système engendre un développement à partir des lots de terrain : comme chaque groupement ne peut s’occuper que d’un volume limité de bâtiments, chaque îlot est constitué d’immeubles originaux. Le principe de ces groupements est simple. Des maîtres d’ouvrages privés s’associent dès le début de la phase de planification. Le bâtiment n’est alors pas réalisé par un maître d’ouvrage unique. Des économies sont faites par la suppression des frais de publicité et d’agence et permettent ainsi de mieux satisfaire les besoins spécifiques des habitations. Les habitants sont ainsi responsabilisés lors de la construction de leur maison. Ils s’impliquent donc plus dans la planification du quartier et s’identifient davantage avec leur environnement.

• Un quartier dense

Le GRZ (Grundflächenzahl) est, dans l’urbanisme allemand, une mesure de la densité qui indique le pourcentage de terrains qui peut être construit sur une parcelle (emprise au sol). Dans le quartier de la Südstadt, le GRZ doit être compris entre 0,6 et 0,8 (soit entre 60% et 80%), ce qui est relativement élevé.

En combinant cet indice à la hauteur moyenne des immeubles (entre 4 et 6 étages), on arrive à une densité urbaine comparable à celle des centres urbains des villes moyennes.

• Le piéton roi

Le stationnement est interdit à l’intérieur du quartier sauf pour les personnes à mobilité réduite.

Les conducteurs sont autorisés à s’arrêter pendant trois minutes pour charger et décharger. Les voitures doivent être garées dans des parkings automatiques à plusieurs étages situés à 300 m des immeubles résidentiels. Ces parcs de stationnement sont gérés par des sociétés privées.

Une mesure innovante permet aux habitants de devenir facilement et prioritairement actionnaires de cette société privée. Il est impossible de posséder sa propre place de stationnement afin d’optimiser au maximum le parc de stationnement et pour qu’il puisse aussi être utilisé par les visiteurs et les employés travaillant dans le quartier.

La sécurité et le confort des piétons est assuré par des mesures de restriction du trafic routier (dans la plupart des rues la vitesse autorisées ne dépasse pas 7 km/h) et par l’éclairage des rues et des cheminements piétonniers.

EVALUATION

• Une alternative à la périurbanisation

La plupart des appartements sont habités par des propriétaires occupants et il y a une sur-représentation des familles avec enfants en bas âges. Cela reflète la volonté de la municipalité de rendre ce quartier accessible aux familles à revenu moyen, primo-accédantes, qui sont les éléments moteur de l’étalement urbain.

• Des coûts moindres


Les immeubles coûtent moins cher car la marge habituellement prélevée par les promoteurs sur le coût total de la construction est supprimée grâce à cette méthode participative.

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• Une ambiance urbaine

Le processus incrémental de développement du quartier a créé un tissu urbain organique, visuellement très varié. Le quartier a développé un caractère urbain original et vivant. Les courtes distances à pied et l’atmosphère vivante du quartier ont attiré beaucoup de commerces.
L’absence de stationnement sur rue offre un environnement agréable pour les piétons qui est aussi propice pour les jeux des enfants.

• Une qualité architecturale variable

Sur le plan des bâtiments, le résultat reste mitigé. Certains immeubles sont d’une qualité architecturale moyenne. Mais l’implication des futurs propriétaires constitue une véritable valeur ajoutée, surtout au niveau des finitions et des jardins. Beaucoup de groupements ont notamment investi dans les techniques écologiques comme des panneaux solaires et des systèmes de chauffage performants.

• Une mixité sociale controversée

La mixité sociale reste controversée. Une étude a montré que le nombre de résidents diplômés de l’université est au dessus de la moyenne nationale. De même, les résultats électoraux montrent une surreprésentation des électeurs de gauche. La composition en fonction du revenu est par contre beaucoup plus variée. On ne sait toujours pas si la flexibilité dans la conception et la réalisation d’un projet urbain peut réellement remplacer des subventions ou des logements sociaux. Dans le cas de Suedstadt, les ménages à revenu modéré ont bénéficié d’avantages fiscaux au niveau national qui ne sont aujourd’hui plus en place.

Quoi qu’il en soit, le quartier de Sütdstadt à Tübingen est une grande réussite. C’est un très bon exemple de réutilisation de friches, de densité, de diversité, et de participation citoyenne.