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18/05/2009

BedZED, un quartier "zéro émission" au sud de Londres

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BedZed, un écoquartier durable au Sud de Londres

 

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BedZED ou Beddington Zero Energy (fossil) Development est un petit quartier, îlot résidentiel de 82 logements pour 250 habitants, construits au sud de Londres par le cabinet d’architectes Bill Dunster.Le projet couvre 1,7 hectares. Il comprend 2 500 m² de bureaux et de commerces, un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant ainsi qu’une unité de cogénération. C’est le premier ensemble de cette taille et à ce niveau d’efficacité énergétique à avoir été construit au Royaume-Uni, avec les principes de l’Habitat écologique, la recherche d’alternatives à l’automobile, la diminution des pollutions et des émissions de CO2 ainsi que la mise en place d’un objectif social.

Sutton, banlieue londonienne

La ville résidentielle de Sutton, située à 40 mn en train au sud-ouest de Londres, fait partie des 32 municipalités constituant le grand Londres. Elle est riche d’une population estimée à 175 000 âmes, où la “middleclass” prédomine. À l’image de ses consœurs, elle est engagée dans la lutte contre les rejets de dioxyde de carbone qui, avec 60 millions de tonnes émises chaque année -soit l’équivalent des rejets du Danemark-, font du grand Londres la métropole championne du monde en la matière.

BedZED, un quartier “patchwork”

BedZED -pour Beddington Zero Energy (fossil) Development (Développement énergie zéro fossile)- est le premier îlot résidentiel à avoir été construit à grande échelle au Royaume-Uni, sur le principe d’un apport neutre en carbone. Bâti sur un ancien site houiller de 1,7 ha, BedZED rassemble une variété de lieux : 82 logements, 2 500 m² de bureaux et commerces mais aussi un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médicosocial, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant.

Loin d’être réservé à une élite piquée d’écologie, BedZED affiche un patchwork social. Ainsi, plus de la moitié des logements a été réservée à des familles à revenus modestes, selon les voeux de la Fondation Peabody -la plus importante organisation caritative de Londres dédiée à l’habitat et partenaire du projet. Quant aux habitations, elles ont été vendues au prix du marché traditionnel, le surcoût de certaines installations ayant été amorti par l’accueil d’activités de bureaux et de commerces dans le quartier.

Une ville éco-citoyenne

C’est en 1986 que la ville de Sutton affiche clairement son engagement dans le développement durable en publiant sa Déclaration environnementale. Ce document contient pas moins de 26 points qui listent et précisent les grands objectifs et responsabilités environnementaux dont la cité souhaite se doter.

Dès 1994, une réflexion sur l’Agenda 21 local est amorcée lors d’une conférence d’envergure réunissant une multitude de partenaires -rien moins que 34 groupes d’intérêt !- autour de 5 thèmes fondamentaux: transport, efficacité énergétique, protection de la nature et urbanisme, économie locale.

La même année, la ville s’engage dans une procédure EMAS (système européen de management environnemental et d’audit permettant d’évaluer, d’améliorer et de rendre compte de la performance d’une organisation) qui affiche quatre objectifs majeurs :

• Permettre à la municipalité de conserver son leadership national en tant que collectivité locale “verte”.
• Fournir une aide méthodologique à la mise en oeuvre d’un développement durable et d’un Agenda 21 local.
• Développer des procédures d’appels d’offres en intégrant des critères de performances environnementales.
• Fournir à tous les intervenants intra ou extramunicipaux un cahier des charges permettant de contribuer aux “objectifs et à la politique environnementale locale”.

Dix ans après la promulgation de sa Déclaration, la ville de Sutton publie, en 1996, son premier document relatif à l’Agenda 21 local. Parmi les préconisations d’ores et déjà mises en oeuvre, l’obligation, dès janvier 1999, de certification EMAS ou ISO 14001 des fournisseurs de la ville. C’est bien ce fort engagement municipal qui a impulsé un cadre privilégié pour l’aménagement d’un quartier durable.

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Naissance d’un “éco-village”

BedZED est une expérience pilote lancée à l’initiative de l’architecte Bill Dunster, réputé pour son intérêt pour les maisons solaires. Partant du constat que : “Les réserves de pétrole du Royaume-Uni seront épuisées dans dix ans, aussi devons-nous préparer notre société à mieux gérer les ressources de la planète”, ce dernier veut apporter la preuve que mettre le développement durable en pratique à l’échelle d’un quartier est possible, en tablant notamment sur le “zéro énergies fossiles”.

Initialement, le site de BedZED est choisi avant tout parce qu’il présente plusieurs avantages stratégiques:

• Il est situé dans une des banlieues de Londres les plus actives en matière de développement durable (Agenda 21 local de Sutton).
• Il dispose, à proximité, des plus grands espaces verts du sud de Londres.
• Il est relié au réseau existant des transports publics (proximité de la gare de Hackbridge, arrêt sur la nouvelle ligne de tramway entre Wimbledon et Craydon), ce qui permet de réduire l’utilisation des voitures particulières.

Dès lors, la planification de la construction du quartier est lancée en 1999 par les principaux partenaires du projet BedZED : la Fondation Peabody, le cabinet d’architectes Bill Dunster et le cabinet de conseil en environnement Bioregional.

Puis, tout s’enchaîne à un rythme soutenu. Les travaux de BedZED démarrent en 2001. Début 2002, la première tranche de construction est déjà terminée. Entre mars et novembre 2002, les premiers résidents occupent les lieux.

Des choix architecturaux récompensés

Le premier regard sur l’architecture de BedZED peut surprendre. Les sept corps de bâtiments du quartier sont imposants, comparés aux constructions des zones pavillonnaires des alentours. L’architecture a été pensée dans le but d’offrir un cadre de vie attractif et un environnement agréable à la population.

Chaque logement dispose d’une serre, exposée au sud afin de capter la chaleur et la lumière du soleil, et d’un jardinet d’une quinzaine de mètres carrés habituellement situé en face de la serre.

L’espace de vie est agréable, aménagé et utilisé selon les goûts des habitants. Volontairement, les bureaux sont protégés du soleil.

Un judicieux système de passerelles, jetées audessus des allées, permet aux résidents des étages supérieurs d’accéder plus facilement à leur logement et à leur mini jardin privatif. Des espaces réservés aux cyclistes et aux piétons ont été aménagés devant les logements ainsi qu’entre deux corps de bâtiments : les enfants peuvent y jouer en toute sécurité.

En juillet 2000, le projet BedZED est couronné par le Prix de l’IRCA (Institut Royal des Bâtisseurs et des Architectes) et reçoit une consécration en devenant modèle du programme de logement “eco-homes” (maisons écologiques) prévu par le
gouvernement anglais , soit 1 million de logements sur 10 ans !

L’éco-conception en pratique

A la fois simple et ambitieux, le dessein des pères du projet est de créer un quartier qui réduira de moitié son empreinte écologique. Pour y parvenir, il faut évaluer la surface totale requise qui permettra de produire les ressources utilisées, afin de répondre à la consommation d’énergie et de fournir l’espace nécessaire aux infrastructures (logements, routes…). Les partenaires souhaitent construire un quartier qui ne dégrade pas l’environnement, qui réemploie, recycle et consomme toutes les sources d’énergie générées (en unités de CO2) et recourt au maximum aux ressources locales. Résultat : des transports limités, un développement économique local renforcé et une identité culturelle préservée, selon le schéma d’une boucle.

Les objectifs sociaux

• Offrir aux résidents une haute qualité de vie sans sacrifier les avantages que procure le milieu urbain.
• Prendre en compte tous les aspects économiques et sociaux en proposant à la fois l’accès à la propriété pour des familles aisées et la location pour des foyers disposant de revenus modestes.

Pour réussir ce pari, les concepteurs de BedZED ont réalisé une gigantesque ACV (Analyse de Cycle de Vie) qui mesure l’impact environnemental de la vie d’un produit, depuis sa réalisation jusqu’à sa mise au rebut… ou son recyclage (“du berceau à la tombe”). Dans le cas de BedZED, l’ACV a été effectuée sur toute la vie d’un quartier, de la construction des logements aux différents besoins en ressources énergétiques, en passant par les transports, les activités professionnelles, la vie sociale et culturelle, la gestion des déchets, la gestion de l’eau…

Au final, cette rationalisation permet à BedZED de réduire de 50% son empreinte écologique. Le calcul de l’empreinte s’appuie sur un scénariotype appliquant des ratios moyens liés aux modes de vie et à l’usage des bâtiments.

Pour donner un ordre de grandeur, comparativement à des habitations classiques, le chauffage y est réduit de 90%, la consommation totale énergétique de 70% et le volume des déchets de 75%.

L’enjeu de la densité

Le modèle architectural et urbanistique de BedZED a permis d’obtenir une densité de 105 logements et 200 bureaux par hectare (excepté la surface des terrains de sport), tout en respectant une hauteur de construction de 3 étages maximum.

La forte densité du centre du quartier -où 500 personnes habitent et travaillent par hectare- a été obtenue grâce à l’intégration architecturale des espaces d’habitation (façade sud des immeubles) et des espaces de travail (façades nord).

 

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Les objectifs énergétiques
• Réduire la consommation d’énergie de 60% par rapport à la demande domestique moyenne.
• Ne pas utiliser d’énergies fossiles.
• Réduire de 50% la consommation des énergies pour le transport.
• Réduire la demande de chauffage de 90%.
• Utiliser des énergies renouvelables.

Les objectifs environnementaux
• Réduire la consommation d’eau de 30%.
• Réduire le volume des déchets et accroître le recyclage.
• Utiliser des matériaux de construction provenant pour moitié d’un rayon inférieur à 60 kilomètres.
• Développer la biodiversité des espaces naturels.

Une maîtrise des coûts

Sur le plan financier, le projet a bénéficié de deux paramètres déterminants. Compte tenu de la localisation géographique de BedZED, le prix du terrain s’est finalement avéré peu élevé. Qui plus est, dans le cadre de son Unitary Development Plan (UDP), le London Borough of Sutton avait déjà identifié le besoin de construire des logements dans le respect d’un faible impact environnemental global.

Mandaté par ce dernier, le bureau d’études indépendant Aspinalls & Co, spécialisé en économie de l’environnement, a effectué une étude d’impact environnemental du site et évalué le prix du terrain.

Cette étude a proposé une remise de 200 000 £ en faveur de la Fondation Peabody, instaurant ainsi un précédent dans la mise à disposition de terrains pour les collectivités en recherche d’une “meilleure valeur”. En effet, conformément au droit anglais de la planification (Planning Act de 1990), les performances environnementales concourrant à une maîtrise du développement et de l’usage du foncier permettent contractuellement de négocier un gain avec les collectivités.

Selon le cabinet d’architectes Bill Dunster (données d’avril 2002), le coût total de développement de BedZED est d’environ 17 millions d’€. Il est ventilé de la façon suivante : 14 millions pour les coûts de construction, 2,5 millions pour les taxes professionnelles, 0,5 million pour les coûts de planification et le contrôle de la construction.

Les coûts de construction se sont montés à 930 £/m2 pour les logements, à 752 £/m2 pour les bureaux et à 636 £/m2 pour les commerces. Les coûts des travaux, hors conception et contrôle, ont atteint près de 7,25 millions de £, exception faite de l’unité de cogénération (640 000 £) et des équipements sportifs avec infrastructures (300 000 £).

En conclusion, le prix d’un logement à BedZED est à peu près 20% plus cher que le prix moyen de l’immobilier dans cette banlieue, mais bénéficie de services locaux améliorés et d’une baisse drastique des charges d’exploitation.

Des partenaires engagés

Ils sont trois à avoir cru et porté de bout en bout le projet de BedZED avec, bien sûr, le soutien du conseil municipal de Sutton fortement engagé dans une démarche d’Agence 21 local :
• La Fondation Peabody, qui représente la plus grande institution caritative de Londres et dont l’activité est consacrée à l’aide au logement,
• L’association Bioregional Dévelopment Group, agence environnementale très active,
• Le cabinet d’architectes Bill Dunster, spécialiste de la construction à zéro émissions.

Enfin, l’association WWF International a rejoint l’équipe dès les débuts et a soutenu le projet jusqu’à aujourd’hui. À son initiative, une structure franco-britannique a été créée pour importer en France l’approche de BedZED.

Le choix de la gouvernance


Afin que l’ensemble des acteurs du quartier de BedZED, à tous les niveaux, puissent s’approprier le projet, deux types d’organisation ont vu le jour :
• BedZEd Center est un lieu d’information coanimé par Bioregional et le cabinet Bill Dunster. Il a pour vocation de faire la promotion du quartier et de communiquer sur son concept d’élaboration (organisation de visites guidées du site, de séminaires, lieu d’expositions permanentes et thématiques).
• Les associations d’habitants ont, pour leur part, la responsabilité des activités d’animation du quartier, ainsi que la gestion de structures collectives (la crèche, par exemple) et de commerces (bars…).

La mobilité sans voiture personnelle


Les Gaz à Effet de Serre (GES) générés par le transport individuel constituent une source diffuse sur laquelle il est encore difficile d’agir, car elle concerne l’organisation sociale et l’aménagement du territoire. Les déplacements individuels se réalisent quotidiennement de manière pendulaire (domicile / travail), ainsi que de manière diffuse (vers les lieux de commerce, d’activités de loisir et sportives).

Les facteurs liés à l’usage du logement et du quartier ont également contribué à la définition du projet. Dans l’optique d’une autonomie optimale et du développement local, l’implantation du quartier a été décidée au regard des besoins en déplacements des habitants.

Les concepteurs de Bedzed ont misé leurs efforts sur des objectifs de réduction des besoins en déplacement en voiture particulière et sur des solutions alternatives moins polluantes. L’objectif était donc double : réduire la dépendance des habitants vis-à-vis de la voiture, et limiter les pollutions (utilisations d’énergie fossile, pollution sonore). Les espaces publics ont été aménagés de façon à privilégier les piétons et les cyclistes.

Les transports planifiés


Un plan de déplacements écologique (Green Travel Plan) a été adopté afin de réduire l’impact environnemental des déplacements des résidents de BedZED. L’objectif est la diminution, dans les dix prochaines années, de 50% de la consommation de carburant des véhicules. La Fondation Peabody et Bioregional se sont engagées à l’intégrer comme obligation réglementaire dans les critères d’attribution du permis de construire.

Quatre points principaux structurent ce plan.


Réduire le besoin en déplacements
• La mixité fonctionnelle du quartier permet aux résidents travaillant sur place de réduire les déplacements, puisque les bureaux et les différents services (café, garderie, pharmacie, centre médical) sont à proximité des habitations.
• Un service internet pour faire ses courses a été mis en place, en collaboration avec un supermarché local qui gère et coordonne les livraisons.

Offrir des solutions alternatives à l’utilisation du véhicule personnel

• Des emplacements de parkings à vélos et des pistes cyclables sont prévus jusqu’à Sutton.
• Une politique du “piéton prioritaire” est favorisée notamment grâce à des chemins bien éclairés, accessibles aux personnes handicapées, et à des rues dotées de ralentisseurs.

En terme d’aménagement, la priorité a été donnée aux piétons sur l’ensemble du quartier avec une réduction importante des places de parkings. Pour pallier les besoins de voiture individuelle, une initiative de club de location de voiture encourage le choix d’une voiture partagée (car sharing) aux dépens de la voiture privée. Cette démarche a permis le passage d’une voiture par ménage à une voiture pour quatre à cinq ménages.

En parallèle, en concevant le site avec moins de parkings, plus de logements ont pu être construit avec l’avantage de procurer une meilleure rentabilité pour la société Peabody.

Par ailleurs, 777 m2 de panneaux photovoltaïques installés sur les toits peuvent approvisionner jusque 40 véhicules électriques. L’achat du véhicule est à la charge de l’habitant, tandis que l’énergie électrique est offerte. Nous verrons toutefois que cette infrastructure collective n’est pas pour autant plébiscitée par les habitants : la modification des usages nécessite davantage que la mise à disposition d’alternatives.

Promouvoir les transports publics

• Deux lignes de bus desservent le quartier.
• Les deux gares de Hackbridge et de Mitcham Junction, proches de BedZED, proposent des liaisons directes pour Sutton et la gare de Victoria (Londres) ainsi qu’une liaison par la Tamise pour le nord de Londres.
• Un tramway au départ de Mitcham Junction assure la liaison avec Wimbledon.
• Au sujet des voitures électriques, BedZED ambitionne sous dix ans de produire suffisamment d’électricité avec ses toits photovoltaïques pour alimenter 40 véhicules électriques. Actuellement, 3 voitures (GPL, électrique) sont à disposition des 35 habitants membres du club automobile.

Gérer rationnellement les parkings
• Aucune place de parking n’est allouée spécifiquement à un logement, en raison de sa possible occupation, pendant la journée, alternativement par les résidents et les employés. Une cinquantaine de places de parking, louées à l’année, sont proposées aux quelque 250 résidents et à la centaine d’employés de bureaux.
• Pour les propriétaires de véhicules, les places de parking sont payantes : 132 €/an pour un véhicule essence ou diesel, 66 € pour du GPL et gratuité pour l’électrique (rechargeable gratuitement avec l’électricité des 777 m2 de panneaux photovoltaïques).

L’énergie maîtrisée

Les objectifs par logement sont de réduire de 60% la consommation énergétique et de 90% la consommation de chauffage, par rapport à un logement traditionnel au Royaume-Uni.

Des techniques et sytèmes innovants

Plusieurs solutions de techniques de construction et de systèmes sont mises en oeuvre à BedZED :
• Grâce à un système de super-isolation des toitures, des murs et des planchers les pertes de chaleur sont drastiquement réduites. Ainsi, l’énergie calorifique provenant du soleil, de l’éclairage, de l’eau chaude et des activités quotidiennes (comme la cuisine) maintient le logement à une température agréable. L’épaisseur des murs (30 cm) protège des trop fortes chaleurs estivales excessives et retient la chaleur en hiver.
• Les fenêtres disposent d’un triple vitrage. Un échangeur de chaleur dans le système de ventilation naturelle permet de récupérer 50 à 70% des calories provenant de l’air vicié évacué.
• Les cuisines sont toutes équipées d’électroménager à forte économie d’énergie et d’ampoules basse-consommation ; ainsi, même si une ampoule est allumée dans chaque pièce, la consommation totale d’électricité dans une habitation est de 120 W maximum. Par ailleurs, les compteurs étant installés dans la cuisine, il est aisé de surveiller la consommation.

Le recours aux énergies renouvelables
• L’énergie solaire est captée au maximum sur les façades sud des logements, via de grandes baies vitrées qui font office de serres. Pas moins de 777 m² de panneaux solaires photovoltaïques (toiture du local abritant la cogénération, allèges de certaines baies vitrées…) complètent la production d’électricité et permettent également de recharger les batteries des 40 véhicules électriques de la société de location installée sur le site pour les seuls besoins des habitants du quartier. Ces panneaux produiront en pointe jusqu’à 109 kW. Ils ont été financés, pour partie, par le programme Thermie de l’Union européenne.
• Un système de co-génération assure le chauffage de Bedzed. Cette unité fonctionne par combustion de copeaux de bois, à raison de 850 tonnes par an. Elle est également dimensionnée pour produire toute l’électricité nécessaire à la vie de Bedzed, soit 135 kW. L’excédent est exporté sur le réseau national. Les pics de consommation sont couverts par ce raccordement au réseau. L’unité de cogénération produit également la chaleur de l’eau chaude sanitaire et la distribue à travers des canalisations bien isolées. L’eau arrive dans des ballons positionnés au centre des habitations et des bureaux pour leur faire bénéficier d’un apport connexe de chaleur. La capacité de l’unité de co-génération, actuellement de 726 000 kWh d’électricité par an, devrait rejeter 326 tonnes de CO2 annuelles. Mais, la production provenant d’énergies renouvelables, l’unité fait économiser en définitive 326 tonnes de CO2 à la production électrique nationale.

Un système de cheminées, fonctionnant avec la seule énergie du vent, assure la ventilation des logements et garantit ainsi un bon renouvellement de l’air intérieur. L’air qui sort de ces bâtiments à isolation thermique renforcée chauffe celui qui entre -avec une récupération de 50 à 70% des calories provenant de l’air vicié évacué grâce à un échangeur de chaleur intégré. Le haut des cheminées, en forme de capuchons abat-vent très colorés, symbolise le projet BedZED.

L’eau récupérée et traitée


Pour parvenir à réduire de 50% -par rapport à la moyenne nationale- la consommation d’eau par personne à BedZED (76 l/ jour à Bedzed contre 150 l/jour), plusieurs solutions ont été retenues et donnent des résultats.
• Le pré-équipement d’appareils à faible consommation (machines à laver de classe énergétique A consommant en moyenne 39 litres d’eau, contre 100 litres pour les appareils traditionnels).
• L’installation de baignoires à plus faible contenance et l’utilisation de réducteurs de pression. Ces derniers permettent de réduire de 11m3 par an et par habitant la consommation d’eau pour les douches.
• La pose de chasses d’eau à double débit -2 et 4 litres- permettant un gain de 11 000 litres par an et par habitant.
• L’utilisation maximale de l’eau de pluie : il est prévu que 18% de la consommation quotidienne de Bedzed provienne de l’utilisation de l’eau de pluie, de l’eau recyclée, stockées dans d’immenses cuves placées sous les fondations. Cette eau sert à alimenter les chasses d’eau et à arroser les jardins.
• L’incorporation de graviers dans le revêtement de la surface des parkings, afin de minimiser le ruissellement des eaux. Les eaux d’écoulement des toits, des rues et des trottoirs sont drainées par une rigole spécialement conçue pour une parfaite intégration dans l’environnement.
• La distribution à tous les résidents d’un guide contenant des conseils pour réduire sa consommation d’eau. Le traitement des eaux usées de BedZED est réalisé par sa propre station d’épuration appelée “Living Machine” (Green Water Treatement Plant). Le système de traitement biologique (boues activées) consiste à extraire des nutriments pour l’amendement des sols et à traiter les eaux à un niveau qui permet de les réutiliser une fois traitées (traitement UV) pour l’alimentation des chasses d’eau en complément de l’eau de pluie. Silencieuse et inodore, la station d’épuration est bien intégrée dans le paysage.

Des déchets mieux gérés

Afin d’encourager la population à adopter les bons réflexes de tri des déchets, chaque appartement est équipé de bacs à 4 compartiments : verre, plastique, emballage et déchets biodégradables, intégrés sous l’évier. Pour ces mêmes familles de déchets, des aires d’apport volontaire sont implantées à différents endroits du quartier.

Dans l’objectif de compléter les équipements de recyclage existants, un dispositif de compostage des déchets organiques, sur place, est proposé dans le cadre des actions éco-citoyennes “green lifestyle project”.

Les matériaux locaux privilégiés


Dans la mesure du possible, des matériaux naturels, recyclés, récupérés et réutilisés ont été choisis pour la construction du quartier. L’approvisionnement de ces matériaux et produits doit également s’effectuer, autant que faire se peut, dans un rayon maximum de 60 Km, afin de réduire la pollution et les impacts liés au transport et de favoriser l’économie locale.

• Les matériaux naturels : choix des bois provenant des forêts locales, durablement gérées et/ou certifiées Forest Stewardship Council (FSC). Ainsi, le chêne est utilisé pour le bardage des murs extérieurs. Aucun matériau employé ne contient de formaldéhyde, pour éviter les risques d’allergie des occupants.
• Les matériaux récupérés : portes, menuiseries intérieures, poutres métalliques, mâts d’échafaudage (pour faire des rampes et des balustrades), bordures de trottoir et dalles de pierre…
• Les matériaux recyclés utilisés : plastique pour les portes des meubles de cuisine et des plans de travail, granulat concassé pour la sous-couche des routes.

Une forte proportion des matériaux les plus lourds (briques, parpaings, 50% du béton, 80% des bois et toutes les plaques de plâtre) provient de fabrications locales. Cependant, certains matériaux ou équipements ne sont pas disponibles auprès des fournisseurs locaux, ni même à l’intérieur des frontières britanniques. Ainsi, pour le triple vitrage à l’argon, il n’existait pas à l’époque, en Grande-Bretagne, de distributeur qui puisse offrir les volumes nécessaires et respecter les spécifications techniques demandées à un prix compétitif. Ces vitrages ont donc été importés du Danemark.

Le concept BedZED s’est développé comme un produit “témoin” de logement-bureau intégré - ZED model-, disposant de ses propres fournisseurs et techniques environnementales chiffrées et d’une performance qui puisse être planifiée et testée.

Lors de l’élaboration d’un nouveau programme de logements, la performance environnementale peut donc se transformer en argument marketing, sous la forme de “valeur ajoutée” par rapport à des prestations ou services de base.

Le modèle BedZED est en train de s’exporter, notamment en Europe du sud (Portugal) et en France (agglomération lyonnaise).

Dans le cadre du suivi de l’empreinte écologique, les indicateurs, présentés ci-dessous, ont été identifiés et sont renseignés par Biorégional. L’évaluation du modèle BedZED est menée à travers une batterie d’indicateurs de performance de durabilité: Indicateurs pour l’évaluation des thématiques, Indicateurs Énergie, Indicateurs Eau, Indicateurs Transport, Indicateurs Matériaux, Indicateurs de situation du site, Indicateurs espaces verts, Indicateurs de coût.

Pour ce qui concerne plus spécifiquement la mobilité, les transports et l’accessibilité au site, voici quelques exemples d’indicateurs retenus:

Espace à vélo couvert par habitation: 1,42 m2
Nombre de bornes de chargement pour les véhicules électriques: 26

Distance pour aller à pied à la gare: 0,7 km - facilement praticable pour les piétons
Nombre de lignes de bus accessibles à moins de 100 m des limites du quartier: 2
Distance à pied pour aller à l’hypermarché: 3 km
Distance à pied pour aller chez le médecin ou dans un centre médical: 100 m
Distance à pied pour aller à la crèche: Implantation d’une crèche sur le site
Distance à pied pour aller au café ou au pub: Implantation d’un café sur le site
Distance à pied pour aller à l’école, au collège et au lycée: (respectivement) 0,6 km et 2 km
Possibilité de cultiver un potager à moins de 150 m de sa résidence: Oui - éco-parc et toits végétalisés

Conclusion


BedZed est rapidement devenue une référence en matière d’habitat écologique et de mobilité sans voiture. On vient la visiter depuis de nombreux pays. La démarche se rapproche de celle de la Haute qualité environnementale (HQE), des écoquartiers et des quartiers CarFree tels que le quartier Vauban à Fribourg (Allemagne) ou le GWL Terrein à Amsterdam (Hollande).

Le projet BedZED peut être qualifié de « durable » dans la mesure où il prend en compte le respect de l’environnement et la recherche d’une équité sociale, tout en permettant une maîtrise des coûts.

BedZED utilise de l’énergie qui provient de ressources renouvelables générées sur site. C’est la première communauté de vie de cette dimension « neutre en carbone » (qui n’ajoute pas de CO2 dans l’atmosphère). C’est l’exemple d’un développement qui ne fournit aucune contribution au réchauffement climatique mondial.

Les habitations, en vente ou en location à des prix abordables, attirent des gens ayant des revenus faibles et d’autres, disposant de revenus élevés.

L’empreinte écologique de BedZED est deux fois moindre que celle d’un quartier traditionnel.

BedZED apporte une réponse aux problèmes rencontrés par les planificateurs et les responsables politiques. Ce projet va d’ailleurs servir de modèle pour développer un vaste programme, sur dix ans, de construction de logements au Royaume Uni. BedZed pourrait servir de modèle pour la construction d’écoquartiers et de quartiers sans voitures en France et à l’étranger.

Ressources documentaires - Bibliographie

www.bedzed.org.uk
www.zedfactory.com : site de Bill Dunster, architecte de Bedzed
www.bioregional.com

BedZed sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/BedZED

BedZED, un éco-quartier est né, La Lettre de l’IGAPURA, Septembre 2004.

BedZED, un quartier ‘zéro émission’ au sud de Londres, Agence de développement et d’urbanisme de Lille métropole : téléchargez la fiche de cas au format pdf (754 Ko) BedZed_quartier-zero-emission-sud-londres.pdf

Modes de vie urbains durables- BEDZED, une vitrine des possibles, Collection urbanisme durable: télécharger le document au format pdf (969 Ko) Bedzed_part1-2.pdf

 

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04/05/2009

Vauban, un quartier éco solidaire ?

 

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Bienvenue au quartier Vauban, à Fribourg. (Photo : Rightee/Flickr)

Le quartier Vauban de Fribourg fait référence en Europe et il est bien difficile de trouver des détracteurs. Leur donner la parole est une évidence, cela est d'autant plus nécessaire que leurs réflexions nourrissent les nôtres. Voici donc un article publié le 17/01/08 sur le site cafebabel.com.

Pionner en matière d'environnement, le quartier Vauban, à Fribourg en Allemagne, met en place des règles de 'vivre ensemble' innovante. Mais le petit paradis de pureté a aussi ses failles.

REPORTAGE par léna morel - Paris

« Solargarage Vauban ». Entre trois mots, le ton est donné. Dès l’entrée du quartier Vauban, au sud de Fribourg en Brisgau, le parking couvert à énergie solaire vous invite à garer votre véhicule avant de découvrir le quartier... à la force de vos pieds.

Cette ancienne caserne miliaire a abrité les forces françaises après la seconde guerre mondiale et jusqu'en 1992. Des squatteurs marginaux y ont d'abord élu domicile. Puis, à partir de 1996, le terrain, à reconvertir, est au coeur d'un projet de développement durable de la municipalité. Depuis, le quartier ne cesse de s’étendre. Sur 2000 hectares, 5000 habitants s'y sont installés et 600 emplois ont été créés.

Démocratie participative

Dans ce petit village, la population locale est surprenante. On y croise de jeunes parents, des étudiants qui résident dans le 'bâtiment' étudiant, et surtout des enfants, beaucoup d’enfants.

A 18 h, dans le petit café, la moitié de la clientèle a moins de 10 ans. Au Süden, centre névralgique de la vie à Vauban, on peut assister à des concerts gratuits tous les premiers mercredi du mois, le tout autour d’un repas ou d’un jus bio. Les habitants y terminent leurs journées dans une atmosphère familiale et détendue. Bizarrement, tous les habitants n'ont pas choisi de vivre ici. Certains y atterrissent par hasard. D'autres s’y installent.

Benno, la soixantaine joyeuse, vient de Lübeck et a emménagé à Vauban en septembre dernier : « Quel contraste ! A Lübeck, nous vivions dans le centre-ville, dans une maison de 500 ans avec des plafonds de 3,40 mètres de haut. Ici, les appartements sont modernes et installés dans la périphérie verdoyante de la ville », décrit Benno.« La voisine n'hésite pas à sonner chez nous après 21h s'il lui manque du pain », poursuit-t-elle. « Un voisin que vous ne connaissez que de vue peut vous apporter ses clefs de maison pour que son chat soit nourri pendant son absence. La confiance règne ! ».

 

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Les habitats du quartier Vauban (Photo Carnotzet/Flickr)


Faire participer les habitants à la gestion du quartier, c’est le maître mot de Vauban. Des 'Baugruppen', des groupes de personnes qui souhaitent construire leur logement dans le quartier, définissent ensemble l'organisation du futur immeuble lors de nombreuses réunions. L’avantage ? Permettre aux nouveaux arrivants d’établir des relations de courtoisie avec leurs futurs voisins et de trouver des solutions collectives aux problèmes de la vie quotidienne. Ces initiatives d’intégration sont renforcées par les réunions d’accueil organisées en l’honneur des nouveaux arrivants.

Et la solidarité s'installe à tous les étages. Un clic sur Internet et vous pouvez louer l'une des seize voitures à la disponibilité des habitants. Les associations d’entraide ont pignon sur rue, comme celles qui donnent des conseils aux jeunes parents ou des associations d’épanouissement personnel et d’autodéfense. On héberge ses amis dans des maisons prévues à cet effet afin de ne pas construire inutilement des appartements trop grands. Et bien sûr, on veille à l’éducation citoyenne des habitants du quartier.

Les panneaux qui indiquent le nom des rues racontent 200 ans d’histoire politique, artistique et scientifique allemande : de la rue Rosa Luxemburg à la rue Louise Otto Peters en passant par les rues Georg Elser, Kurt Tucholsky et Walter Gropius, aucun nom n’est laissé au hasard et tout reflète un engagement intellectuel évident.

Mais la vie sociale du quartier se base avant tout sur son 'Forum Vauban', une association privée et démocratique, ouverte à tous. Le 'Forum' et ses 300 à 400 membres ont organisé un processus de participation citoyenne qui se positionne pour ou contre les choix politiques de la municipalité. Pour créer ce lien entre les habitants du quartier et la ville, les porte-parole et les élus se réunissent pour discuter des attentes des habitants et de l’évolution du quartier.

Imperfections communautaires

 

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Rien que du vélo dans les ruelles (Photo Carnotzet/Flickr)


Mais quelques imperfections se cachent derrière cette solidarité et la modernité évidente de ce quartier écolo. La quiétude du quartier Vauban peut tromper et camoufle quelques réalités sociales très critiquables : l’objectif de mixité sociale n'est pas atteint par exemple. 75% des habitants sont des cadres supérieurs.

Les grandes baies vitrées des appartements ressemblent à des vitrines : il ne faut rien avoir à dissimuler à Vauban. Tout est propre, sans reproche et visible... de la rue. En 2005, un événement a pourtant entaché la quiétude des lieux. Une famille de cinq enfants a été expulsée de son appartement Vauban par la société de gestion immobilière du quartier, suite à des plaintes. Les enfants étaient trop bruyants et selon une partie du voisinage, les parents auraient manqué à leur rôle éducatif.

Eco-quartier : un concept d'avenir ?

La ville de Fribourg est pionnière dans la création d’éco-quartiers en Europe. Après Vauban, elle travaille sur l’implantation du quartier Rieselfeld qui propose lui aussi un mode de vie en communauté plutôt atypique. Une large place sera laissée à l’engagement et à la participation citoyenne de ses habitants dans la vie de la cité.

Avec ces deux quartiers, Fribourg est un modèle qui attire d'autres maires : Alain Juppé, maire de Bordeaux, s’y est rendu en 'éco-touriste' pour s’inspirer du concept. Mais les Français hésitent encore. Dominique, fraîchement arrivée à Rieselfeld, le regrette : « A chaque fois, les Français déclarent qu’ils sont emballés, mais qu’un tel projet ne peut pas voir le jour. Les maires auraient trop peur de voir leur responsabilité engagée. »

Note de l'auteur du présent blog :

La mixité sociale semble réellement assurée à Vauban. Je me suis rendu sur place et j'ai pu échanger tant avec des acteurs majeurs qu'avec des habitants de ce quartier. Voici les chiffres "officiels" sur le sujet. Il est bien entendu difficile de les vérifier et il convient de faire confiance aux sources officielles que sont la vile de Fribourg et le forum (association) du quartier Vauban.

Question sociologie, la répartition des habitants du quartier Vauban est la suivante: 25% d’ouvriers, d’employés et de fonctionnaires ; 55% de cadres supérieurs ; 10% de professions libérales. A ces chiffres, rappelons le, il convient d’ajouter 600 logements pour étudiants et demandeurs d’asile et 200 logements autogérés.

On y trouve également 10 % de parents célibataires, 65 % de foyers avec enfants et 25 % de foyers sans enfants.

 

02/05/2009

La cité écologique du futur à Malmö

Le projet du quartier Bo01 à Malmö en Suède

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TYPE DE QUARTIER

• Agglomération : Copenhague

• Ville : Malmö 260 000 habitants (3 ème ville de Suède)

• Site : au bord de l’Öresund

• Initiative, Volonté initiale : À l’occasion de l’Exposition européenne de l’habitat, en 2001, le polder de Västra Hamnen -d’une superficie de 30 hectares- est choisi pour la construction du nouveau quartier Bo01 "ville de demain" (Bo pour habitat, 01 pour 2001).

FORMES URBAINES

• Hauteurs : variées

EMPRISE AU SOL

• Superficie de l’opération : 18 ha sur ancienne friche industrielle portuaire

• Nombre de logements [Ha] : 3000

• Densité bâtie : 600 unités sur 9ha

• Densité population : 122 personnes/ha

FINANCEMENTS

Un financement partagé

En 1998, dans le cadre de son propre programme consacré aux investissements écologiques pour la durabilité, Malmö a subventionné à hauteur de 16 millions d’€ (147 millions SEK) différents projets environnementaux, dont la dépollution du sol du site de BO01. De son côté, le gouvernement suédois a alloué 27 millions d’€ aux investissements supplémentaires liés au traitement écologique du projet Bo01.

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ANALYSE
PRESENTATION DE L’OPERATION

Le projet du quartier BoO1 a vu le jour en 2001. Il s’agissait alors de faire une démonstration grandeur nature de ce que pourrait être la cité écologique du futur. Le projet a été lancé assez vite et le site choisi fut une ancienne friche industrielle. En plus d’être un quartier écologique, ce quartier signe la reconquête de la ville sur sa façade maritime de l’Öresund.

Les grandes caractéristiques du projet sont la variété de ses constructions, un objectif d’énergie renouvelable à 100% et un tri des déchets ultra-moderne.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER

Coproduction locale avec les habitants

Dans le cadre du programme de développement régional "Esprit de Scanie", un large processus de consultation est mené auprès de toutes les autorités locales, des organisations, des associations, des entreprises et des citoyens. Cette consultation, ainsi que les actions menées en faveur de l’éducation à l’environnement, favorisent le respect de la biodiversité du site par les résidents et incitent au changement de leur comportement.

DEVELOPPEMENT SOCIAL ET ECONOMIQUE DE L’UNITE DE VIE LOCALE

Dynamique économique locale

Au départ, il s’agissait d’une ancienne zone industrielle, laquelle avait été particulièrement touchée par les fermetures d’usines (en particulier SAAB au début des années 90) et les délocalisations. La municipalité de Malmö a souhaité re-dynamiser le quartier grâce à une nouvelle dynamique de développement durable, mais aussi grâce à l’évolution vers le tertiaire (construction de la tour « turning-torso »)

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PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie : l’objectif de 100% d’énergie renouvelable doit être atteint grâce à des pompes à chaleurs aquifères et grâce à des capteurs solaires pour la chaleur.
L’électricité, elle, provient d’éoliennes.
Les voitures d’entretien de la ville sont électriques.

Eau : Un stockage naturel d’eau chaude est mis en place, là aussi, l’eau provient de la géothermie et de chauffe-eau solaires.
Récupération de l’eau de pluie grâce à des canaux et toits végétalisés.

Déchets : un système de canalisations souterraines à vide d’air (de technologie suédoise) permet le ramassage instantané et sans émission de CO2 des déchets. Production de bio gaz grâce à l’incinération.

Paysage : de nouveaux parcs et mares ont été installés afin de renforcer la biodiversité et de rendre le quartier plus agréable.

Contrôle de la pollution : Dans le cadre de sa politique de développement des transports en commun, la ville favorise l’utilisation des carburants écologiques.

Dans le quartier, les rues intérieures sont majoritairement piétonnes et de nombreuses pistes cyclables maillent les îlots, incitant ainsi fortement les habitants à utiliser au minimum leur véhicule personnel.

Les véhicules de service de la ville, pour l’entretien de la voirie, sont tous électriques.

AMBIANCES ET FORMES URBAINES

Sur 1000 m², la construction des habitations se limite à 500 m², pour 300 m² réservés aux espaces verts et à une circulation de l’eau et 200 m² en zone semi-imperméable (graviers).

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

Objectifs de conception architecturale et urbaine

L’ambition de combiner développement durable et développement humain se manifeste dans une recherche architecturale privilégiant la variété des projets en même temps que les solutions d’éco-constructions.

De ce quartier se dégage une impression de qualité de vie soignée : forte présence de zones vertes, implantations de bassins, de fontaines, d’hydroparcs, mais également valorisation majestueuse du front de mer grâce à l’aménagement élégant de quais en bois.

QUALITE DE LA CONSTRUCTION

Les constructeurs ont l’obligation de choisir 10 des 35 points écologiques proposés. Il s’agit principalement d’imposer le maintien de la biodiversité et d’un tissu urbain dense.

Un effort particulier est fait quant à la qualité des matériaux utilisés, notamment quant aux isolants : le standard de consommation énergétique a été fixé à moins de 105 kwh/m²

Le résultat est une diversité étonnante des constructions, un seul point commun : la qualité environnementale.

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Une réflexion sur la nécessité de minimiser les déplacements de voitures combinée à la création de cheminements piétonniers et est elle aussi encouragée.

Les bus municipaux bénéficient d’un système de mise au vert automatique des feux tricolores. Un service de réservation est dédié au co-voiturage.

SOURCES :

http://www.chantier.net/
http://www.ecolodujour.com
http://www.areneidf.com
http://www.malmo.se/sustainablecity

Quartier résidentiel écologique de Viikki

Le quartier Viikki à Helsinki en Finlande :
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TYPE DE QUARTIER

• Ville : 566 000 habitants

• Site : Quartier nouveau « ex nihilo »

• PRO Nombre de logements : 600, dont 180 locatifs.

• Surface Commerces et services : 1500m² SHON (commerces de proximité, crèche/halte garderie de 60 places, pôle hôtellerie et restauration, gymnase et salle de réunion pour association)

FORMES URBAINES

• Hauteurs : R+1 à R+4

• Typologie : maisons en bande d’un étage jusqu’à immeuble R+4

EMPRISE AU SOL

• Superficie de l’opération : 1 000 ha

ACTEURS

• Maîtrise d’Ouvrage publique : Ville d’Helsinki

• Maîtrise d’Ouvrage construction : Etela-Suomen YH (coopérative d’habitat), VVO Developers OY, Skanska South Finland oy, YIT-Corporation , Helsingin seudun Asumisoikeusyhdistys

• Maîtrise d’oeuvre construction : Jukka Turtiainen, Ahto Ollikainen , CASE Consulting, Kirsti Sivén, ERAT, Hunga Hunga Osuuskunta, Reijo Jallinoja, Matti Porttinen, Arrak ar.

FINANCEMENTS

Enjeux financiers : 100 474 322 € HT

AVANCEMENT DU PROJET

En cours, première phase achevée en l’an 2000 (2000 habitants et 2000 emplois)

objectifs : en 2010, 13000 habitants et 6000 emplois

CARACTÉRISTIQUES
PRESENTATION DE L’OPERATION


Le site de Viikki est situé à une dizaine de kilomètres du centre d’Helsinki, à 20 minutes en voiture de l’aéroport.

Il occupe un terrain de 1100 ha à proximité d’une réserve naturelle protégée. Seulement 300 ha seront construits, 800 ha restant couverts de forêts, champs, et espaces verts.

A l’initiative de la ville d’Helsinki le site de Viikki a été selectionné pour expérimenter la réalisation des objectifs environnementaux sur la construction et la planification adoptés par la Finlande dans les années 90.

Le site s’est développé autour du nouveau campus universitaire, et du Viikki Science Park, un centre de recherche, d’études et d’entreprenariat sur la biologie et les biotechnologies.

Aujourd’hui coexistent un parc universitaire et technologique, des quartiers résidentiels et une réserve naturelle. Le quartier est destiné à accueillir 6000 emplois, 6000 étudiants et 13000 habitants. Des coulées vertes alternent avec des ensembles de logements, dont l’exposition au soleil est optimisée ; ils constituent avec les équipements, des îlots ouverts, auxquels les bâtiments ont directement accès. La circulation automobile est séparée des voies piétonnes et cyclables.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER

Evaluation, Capitalisation et partage (dont bilan des impacts sur les modes de vie)

L’outil d’analyse Pimwag mis en place inclut une évaluation des performances des bâtiments.

DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET ÉCONOMIQUE DE L’UNITÉ DE VIE LOCALE

Organisation de la mixité culturelle et générationnelle

1 800 personnes vivent à Viikki, principalement des jeunes couples avec enfants.

Le projet a encouragé le développement de nouvelles formes bâties adaptées aux personnes handicapées et aux enfants, et la mixité des statuts d’occupation : accession à la propriété, logements locatifs et logements dont l’occupation est contrôlée par l’Etat occupent les mêmes îlots.

En outre, une coopérative d’habitat (Etela-Suomen YH) a pris en charge un des lots.

PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie, Eau et Déchet + Paysage et Biodiversité

Lors du concours, une grille de 17 critères environnementaux particulièrement stricts a été appliquée pour sélectionner les équipes. Ces 17 critères concernent 5 grands thèmes : les émissions de polluants, l’utilisation des ressources naturelles, les impacts du projet sur la santé, la préservation de la biodiversité et la production locale de nourriture. Voulant faire de ce quartier un exemple en matière d’économies d’énergies, et la plus grande expérimentation finlandaise, un soutien particulier a été accordé aux énergies renouvelables, avec une dizaine de systèmes de chauffages solaires indépendants. 400 logements sont dès aujourd’hui concernés ; 1240 m² de surface de capteurs sont intégrés dans les toits, représentant, dans un pays au climat très froid, 1/3 de la chaleur exigée et plus de la moitié de l’énergie nécessaire à l’eau chaude domestique.

Un fort encadrement des services municipaux de l’urbanisme, assistés des partenaires chargés de la maîtrise de l’énergie, a permis de veiller à l’application d’un certain nombre de principes considérés comme prioritaires : place des espaces verts et des jardins, nombreux équipements de proximité, choix des matériaux, traitement des eaux grises, récupération des eaux pluviales et de la chaleur, recyclage des déchets, diversité des méthodes de maîtrise de l’énergie, énergie solaire passive et active.

QUALITÉ ARCHITECTURALE ET URBAINE

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Une école a ouvert en 2003, du primaire au secondaire et une autre école devrait ouvrir en 2007.

UN CONCOURS SUR CRITERES ENVIRONNEMENTAUX

Des concours furent organisés sur ces bases pour les différents lots et pour les nombreux équipements. 13 lots ont été distribués à 8 groupements regroupant promoteurs et architectes. En outre, un quartier expérimental d’immeubles en bois fut programmé et soutenu pas l’industrie du bois.

Pour vérifier l’efficacité des projets présentés et le respect des principes affichés par la Ville, une méthodologie d’analyse de critères a été mise au point autour d’une grille : « Pimwag » qui définit des objectifs à atteindre. Ceux-ci sont classés en trois niveaux dans cinq secteurs d’intervention. C’est le nombre de points obtenus sur l’ensemble de ces secteurs qui conditionne l’obtention du permis de construire, ce qui autorise les équipes à des orientations et des choix écologiques divers. Le nombre maximum de points attribués est de 30 ; un projet qui en obtient 10 peut être qualifié d’excellent du point de vue écologique, plus de 20 points représente un projet particulièrement innovant dans ses principes écologiques. Mais l’accent peut être également mis sur d’autres éléments tels que la qualité des volumes, l’efficacité, les matériaux de façades, les équipements. Les cinq secteurs permettant l’attribution de points sont les suivants (In « The experimental building area of Viikki, Ritta Jalkanen, Arkkitehti n° 3, 1999, "Helsinki city planning department publication" 1998/6 -Ecological building criteria for Viikki 25 May 1997, et « l’Architecture Ecologique-29 exemples Européens », Dominique Gauzin-Muller, Le Moniteur 2001) : pollution (CO2, eaux usées, élimination des déchets de construction et domestiques, labels écologiques) : ressources naturelles (utilisation de combustibles fossiles dans l’énergie de chauffage, énergie électrique, flexibilité des habitats et des espaces communs) ; santé (climat intérieur, contrôle de l’humidité, de l’exposition au vent et au soleil, variété des plans de logements) ; bio-diversité (choix des plantes et gestion des eaux de pluie) ; production de l’alimentation (utilisation de compost, eaux de pluies, choix des plantations potagères et sols).

Il est requis un niveau de base pour tous les bâtiments ; le dépasser permet l’obtention de points. Ritta Jalkanen (entretien effectué en août 2003, au bureau d’urbanisme de la ville d’Helsinki), urbaniste à la municipalité d’Helsinki qui s’était très impliquée dans la maîtrise environnementale de cette zone, espère en utiliser les résultats pour accroître les exigences écologiques et économiques, lors des opérations d’aménagement urbain futures, en particulier sur le vieux port d’Helsinki à Kruunuvuorenrenta où est prévu un nouveau développement, dont le financement des logements serait moitié social, moitié privé, mais dont seulement 15% de constructions ne seraient pas contrôlées par l’Etat.

SOURCES :

Réalisation : CETE du Sud-Ouest/DAI/GPVT/N. BLONDEL et N. KOROBOFF- mai 2007

Culemborg : le quartier écologique d’Eva-Lanxmeer

Le quartier Eva-Lanxmeer à Culemborg aux Pays-Bas :
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Eva-Lanxmeer est un projet de construction d’un quartier écologique d’environ 250 logements sur une zone protégée de captage de l’eau. Lancé en 1994, le quartier est sur le point d’être achevé.

CONTEXTE

• Un projet impulsé par un personnage.

Au début des années 1990, Marleen Kaptein, sensibilisée au développement durable, initie un projet de quartier écologique dans la petite ville de Culemborg. Elle est convaincue qu’en matière de gestion environnementale, un changement des mentalités ne pourra intervenir que si l’on associe les habitants au projet dès son lancement. Le charisme et l’enthousiasme d’une personne sont donc à l’origine de ce projet. D’autres acteurs, intéressés par cette démarche, vont ensuite se greffer au processus de production.

• Les principes de la "deep ecology"

L’idée que l’Homme doit chercher à minimiser le plus possible l’empreinte qu’il a sur son environnement est au cœur du projet Eva-Lanxmeer. C’est la première fois aux Pays-Bas qu’at été autorisée une construction près d’une zone protégée de captage de l’eau potable. La condition fixée par les autorités locales est que les constructions doivent respecter les principes de la "deep ecology".

• Trois piliers dans le projet Lanxmeer

Les trois piliers principaux du projet sont :

les logements, bureaux et ateliers

le centre de formation

la ferme urbaine de Caetshage

Dès le démarrage du projet, la diversité sous toutes ses formes a été au centre des préoccupations. On trouve donc a Lanxmeer des espaces à vendre et d’autres à louer, des maisons familiales et des appartements pour personnes seules. Dans une partie du quartier, les logements sont disposés en courées. Dans tout la mesure du possible, il a été prévu des espaces permettant le travail à domicile.

DEMARCHE

• Un management par le bas


Le processus de production du quartier est, du début jusqu’à la fin, impulsé par la participation. Les futurs habitants, les architectes, les consultants, la municipalité, la compagnie d’électricité et de l’eau, et les promoteurs ont aidé à l’élaboration du plan d’aménagement du quartier. Tous ces acteurs ont participé à un processus d’incubation sociale : réunions régulières pour discuter du projet, des objectifs, du recyclage de l’eau... C’est un bon exemple d’aménagement par le bas où les futurs habitants se mettent eux-même d’accord sur leurs besoins au lieu d’être dirigé par un aménageur.

• L’éducation par la démonstration

Le projet vise avant tout à sensibiliser et à éduquer les citoyens sur leur environnement. En introduisant et en mettant en valeur les cycles écologiques dans la vie de tous les jours, les habitants prennent conscience de la beauté et de la fragilité des milieux naturels, et se sentent ainsi plus responsables de leur préservation.

• L’innovation éco-technologique au cœur du projet

Le projet Eva-Lanxmeer s’inscrit dans une démarche de recherche de nouvelles technologies qui permettent d’adapter les modes de vie humains aux milieux naturels. Pour cela, des partenariats sont créés avec des instituts de recherche et des bureaux d’études techniques pour mettre en place des solutions techniques économiquement viables.

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MONTAGE

• Une co-maîtrise d’ouvrage publique/privée


L’aménagement du quartier est une coproduction de la fondation privée EVA (centre écologique d’éducation, d’information et de conseil) et de la municipalité de Culemborg. Cette co-maîtrise d’ouvrage a donc réalisé le suivi et le montage du projet, en jouant le rôle d’intermédiaire avec les autres acteurs. Elle a décidé de diversifier le plus possible les maîtres d’ouvrage au niveau des parcelles. Il y a des immeubles réalisés sous mandat communal commanditant un bureau d’étude pour remettre un projet finalisé à un entrepreneur, des projets individuels ou collectifs d’habitants et des fondations ayant vocation de soutien au logement.

• Des aides financières multiples

Le projet est financé au niveau européen par le programme COST. Ce fond européen est un cadre intergouvernemental de coopération européenne en matière de recherche scientifique et technique. En outre, pour un grand nombre des habitations construites, la Banque Triodos a octroyé une hypothèque verte à un taux d’intérêt réduit car le VROM, le Ministère Néerlandais du Logement social, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, ayant délivré une attestation verte pour les habitations de Lanxmeer. Des subventions ont aussi été accordées par le Ministère Allemand de l’Education, de la Science, de la Technologie et de la Recherche, du fait de l’exemplarité du projet au niveau européen, et par un fond privé d’incitation à l’architecture.

• Un mode d’action itératif

Le terrain a été divisé en plusieurs zones de petite taille qui ont été aménagées par phases successives. Cela a permis d’améliorer, à chaque nouvelle phase d’aménagement, le montage du projet en utilisant l’expérience retirée de la phase précédente.

Le site est divisé en quatre secteurs correspondant à des phases dans le temps. La phase 1 a été réalisée en 2000 et comprend les deux premières courées. La phase 2 a été en grande partie réalisée en 2002 et comprend les troisième et quatrième courées. La troisième courée a été achevée en 2005. Dès le début, le projet a réservé sur une partie du terrain dite "le champ des pionniers", de la place pour des constructions expérimentales et des logements en propriété. La quatrième phase sera celle de l’achèvement de l’ensemble du quartier.

• L’exemple de l’immeuble "seniors" Het Kwarteel

L’immeuble d’appartements Het Kwarteel a été réalisé au cours de la troisième phase. Il s’agit là de l’initiative de seniors qui se sont dotés de logements pourvus de soins communautaires. Ce projet leur appartient entièrement en propre, de sa conception à sa réalisation en passant par le plan de développement. Le projet Lanxmeer a intégré dès le début un petit parc de bureaux qui se trouvait sur sa frontière nord. Par la suite, s’y est ajouté un ensemble plus important de bureaux et d’entreprises côté sud.

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• L’autosuffisance énergétique


Un des objectifs mis en avant est d’arriver à un bilan équilibré en terme d’énergie, c’est-à-dire entre consommation production d’énergie se compensent exactement. À l’échelle du quartier, cela se concrétise par l’installation d’une usine de production de biogaz, où les eaux usées, les déchets végétaux et les déchets de jardins sont transformés en gaz redistribué ensuite pour la consommation domestique. Un système central de chauffage, géré par la compagnie des eaux, utilise la géothermie pour chauffer tous les bâtiments du quartier. À l’échelle du bâtiment, le principe d’autarcie énergétique se traduit par l’installation de panneaux photovoltaïques, ainsi que de chaudières solaires.

• Une gestion durable de l’eau


Une technologie particulière a été mise au point pour assurer le traitement des eaux usées. Ces dernières sont captées, dirigées vers des serres, purifiées grâces à des plantes (roseaux), puis déversées dans des petits plans d’eau. Le système d’épuration est entièrement étanche afin de protéger la nappe phréatique située à proximité. L’eau pluviale provenant des toits est collectée dans de petits étangs situés sur la parcelle du bâtiment. L’eau pluviale qui s’écoule dans la rue est conduite jusqu’à des tranchées permettant l’infiltration de l’eau et, donc, le réapprovisionnement des nappes phréatiques. En cas d’inondation, des bassins supplémentaires de rétention de l’eau ont été aménagés dans d’anciens lits de rivières.

• L’architecture durable


Les habitations sont disposées en arc de cercle autour d’un jardin collectif semi-privé. Le mot français "courée" n’évoque que très imparfaitement la disposition de ces bâtiments en arc de cercle autour d’un jardin collectif, ou un square verdoyant.

La diversité se retrouve au niveau des maîtrises d’ouvrage : à Lanxmeer il y a des immeubles réalisés sous mandat communal donné à un bureau de développement qui a ensuite remis un projet finalisé à un entrepreneur, ; des projets individuels ou collectifs d’habitants, ; et des fondations ayant vocation de soutien au logement.

La flexibilité des plans architecturaux rend possible la réalisation d’extensions dans le futur. Les matériaux utilisés assurent une bonne isolation des bâtiments.

• La gestion sur le long-terme


Les habitants ont mis en place un plan de gestion du quartier (24ha), pour rester impliqués dans le fonctionnement après l’achèvement du quartier. Ainsi, les habitants veillent à ce que le quartier ne se dégrade pas avec le temps. Ils s’occupent ainsi de la maintenance des différents espaces publics du quartier (systèmes d’eau, espaces naturels...), trop nombreux pour que la ville puisse en assurer l’entretien à un coût acceptable. Afin de diminuer l’utilisation de la voiture, une norme de parking de 0,7 voiture par habitation a été instaurée. Et pour inciter les habitants à prendre les transports en commun, toutes les habitations se trouvent à proximité de la gare. Le quartier d’Eva-Lanxmeer respecte aussi le principe de mixité fonctionnelle avec l’implantation de bureaux, d’ateliers, d’un centre de formation et d’une ferme urbaine.

EVALUATION

• Une forme de responsabilité écologique


Le projet est une réussite totale en ce qui concerne les objectifs initiaux de sensibilisation et d’éducation des habitants aux questions environnementales.

Aujourd’hui, les habitants vivent en accord avec leur environnement : ils entretiennent les espaces semi-naturels, font attention à leur consommation énergétique... La question est de savoir si cette responsabilité écologique va se transmettre aux nouveaux habitants.

• La plus-value de l’approche participative

Une des clés de la réussite du projet est la participation. Tout le long du projet, les acteurs ont pris part au processus de production du quartier. Cela a permis d’impulser une dynamique de progression et de coopération sur le long terme. Le succès de cette démarche est aussi dû à l’existence d’une utopie, ce qu’on a appelé la " deep ecology", fédérant profondément les différents acteurs. L’émulation, créée par le sentiment de participer à un projet avant-gardiste, a insufflé la motivation nécessaire pour réaliser un projet aussi ambitieux.

• Un projet réplicable ?


Les paramètres implicites d’ordre motivationnel (utopie commune, émulation entre les acteurs) sont des conditions indispensables pour réussir un projet de quartier durable. Il est impossible de les insuffler artificiellement. Une phase préalable d’incubation entre les différents acteurs d’un projet urbain semble donc être indispensable pour répliquer la réussite de Culemborg.

• SOURCES


- La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
- www.cdu.urbanisme.equipement.gouv.fr
- www.assohqe.org

30/04/2009

Un projet de "éco-rénovation urbaine"

Le quartier Vesterbro à Copenhague au Danemark : une requalification qui intègre les habitants
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TYPE DE QUARTIER

Ville : Copenhague 500 000 habitants
Site : Quartier ancien de Vesterbro
Initiative, Volonté initiale : Etat du Danemark, puis ville de Copenhague

ACTEURS

La ville de Copenhague
Le bureau coopératif de consultants pour la rénovation urbaine
Le centre pour la rénovation de Vesterbro
L’Etat
Les associations de quartiers
Les propriétaires
Les consultants

CONTEXTE

Copenhague, ville capitale de 500 000 habitants, forme le coeur d’une région urbaine abritant 1,7 millions d’individus, soit près du tiers de la population danoise.

Copenhague appartient à la vaste région Öresund qui englobe les régions de Scanie (Suède) et du Zealand (Danemark). Depuis l’an 2000, le pont Öresund - qui assure la liaison directe entre Copenhague et Malmö - enjambe le détroit pour mieux les relier.

Construit entre 1850 et 1920, le quartier de Vesterbro autrefois appelé “Inner Vesterbro” aligne des immeubles de 5 ou 6 étages maximum datant, pour 90% d’entre eux, d’avant 1900. L’insalubrité y est répandue :

64% des appartements ne possèdent pas de chauffage central ni d’alimentation en eau chaude sanitaire,

71% ne sont pas équipés de salles de bain

et 11% n’ont pas de WC.

Environ 6 100 habitants vivent à l’origine dans ce quartier très dense : étudiants principalement, mais aussi immigrés, retraités, chômeurs,... souvent en grande précarité. Propriété de particuliers ou de la ville, la plupart des appartements étaient en location.

Inéluctablement, le quartier commence à se transformer en ghetto où règnent le trafic de drogue et la criminalité et où le taux de chômage (20%) est deux fois supérieur à la moyenne nationale.

À l’issue d’une enquête, le Gouvernement décrète un “Acte de renouvellement urbain et d’amélioration des logements” qui fixe les grandes lignes des actions à mener, charge aux municipalités d’assurer les projets de rénovation.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU QUARTIER

• Objectifs politiques et dispositifs de management du projet

En 1990, la ville de Copenhague crée un groupe de travail, au sein du département de l’Énergie, de l’Eau et de l’Environnement, chargé de réfléchir à la mise en oeuvre d’un plan de rénovation urbaine écologique sur le quartier ancien de Vesterbro.

Les premiers objectifs sur le quartier ont principalement pour but de réduire l’insalubrité ambiante.

En 2001, 10 objectifs de développement durable sont ajoutés :

système de chauffage urbain
énergie solaire passive
économies d’eau
économies d’électricité
murs végétalisés
gestion des déchets
pollution des sols
centre d’information écologique
mobilité
zones vertes

En 2004, la ville met en place des agences locales de l’Agenda 21 de Copenhague dans chacun des grands quartiers.

• Coproduction locale avec les habitants

L’une des originalités du projet de rénovation de Vesterbro est sans conteste la participation active des habitants à chaque étape du programme.

L’équipe de consultants a pu dialoguer avec les résidents pour finaliser les choix de rénovation. Pendant près d’un an avant le démarrage des travaux, un processus de concertation s’est déroulé selon plusieurs étapes, allant de la planification des axes et des objectifs généraux à une liste de priorités par blocs d’immeubles. Un délai de 8 semaines leur a été laissé pour faire connaître leurs objections au projet et leurs suggestions. Une fois les différentes remarques compilées et étudiées, les plans d’actions par îlots ont pu être définis.

Pendant la rénovation, certains résidents ont été relogés temporairement par la société de rénovation urbaine, en fonction de l’importance des travaux à réaliser dans les appartements. Quelques-uns uns ont été complètement refaits à neuf et voient leur surface habitable modifiée : combinaison de deux appartements pour n’en faire qu’un, division d’un grand appartement ou destruction et disparition de certains autres avec une expropriation à la clé...

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Les espaces semi-privatifs de l’îlot

• Suivi, évaluation, capitalisation et partage, bilan des impacts sur les modes de vie

Des critères d’évaluation, spécifiques au quartier, ont été mis en place. Ils assurent le suivi de l’opération dans son ensemble et des progrès réalisés. Les projets de rénovation alimentent également une banque de données nationales sur l’écologie urbaine.

PERFORMANCES ENVIRONNEMENTALES DU QUARTIER

• Energie

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L’objectif général est l’intégration de techniques de réduction de consommation d’énergie dans la rénovation des immeubles du quartier. Cette démarche recherche en priorité une bonne qualité de l’air intérieur, un confort thermique pour les occupants et des économies, grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Le choix s’est surtout porté sur le solaire. Bonne orientation (au sud) des bâtiments, chauffe-eau solaire, cellules photovoltaïques, etc... On notera aussi l’utilisation de compteurs électriques individuels.

• Eau

Des critères d’évaluation, spécifiques au quartier, ont été mis en place. Ils assurent le suivi de l’opération dans son ensemble et des progrès réalisés. Les projets de rénovation alimentent également une banque de données nationales sur l’écologie urbaine.

• Déchets


Les communes danoises gèrent l’ensemble des déchets (ordures ménagères, déchets industriels...) : 50% vont à l’incinération, 3% sont mis en décharge et 47% dont destinés au recyclage.

A Vesterbro, des containers sont mis à disposition dans les cours intérieures des immeubles pour effectuer le tri d’une douzaine de types de déchets : verre, plastique, fraction biodégradable, métal, journaux, emballage cartons, vêtements, médicaments, peintures, acides, outils de nettoyage, compost...

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• Déplacements

Durant ces dix dernières années, le trafic a augmenté de 15% à Copenhague. Les services municipaux ont donc décidé d’élaborer un nouveau plan de déplacements urbains respectueux de l’environnement.

Ce document détaille la stratégie pour une mobilité durable dans la ville et la manière dont les impacts sur l’environnement peuvent être réduits.

Quelque 45 000 appartements dans Copenhague sont exposés au bruit du trafic à un niveau supérieur à 65 dB. À Vesterbro, l’isolation renforcée des immeubles a été choisie à la fois pour ses performances thermique et phonique.

Conséquence inattendue de la rénovation du quartier, la hausse du nombre de voitures particulières - pour se rendre sur les lieux de travail, situés dans les banlieues, mais également pour partir en week-end à la campagne - due à la croissance des revenus des habitants.

Cette augmentation des véhicules génère des problèmes de stationnement et de maîtrise des espaces publics. En conséquence, des places de parking ont dû être aménagées en périphérie du quartier.

La ville de Copenhague soutient fortement l’utilisation de la bicyclette en zone urbaine. Elle entretient un réseau de pistes et de routes cyclables qui est un modèle en Europe, et poursuit ses efforts par des mesures pratiques : développement de location gratuite de vélos dans plusieurs endroits de la ville (système de consigne), construction d’abris...

À Vesterbro, grâce aux cheminements piétonniers, les habitants profitent des efforts engagés en matière de verdissement du quartier. La mixité fonctionnelle de ce dernier leur permet, la plupart du temps, de se rendre à pied au supermarché, chez le médecin, à l’école et au travail.

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

La ville de Copenhague applique la politique architecturale en vigueur au Danemark, à savoir privilégier le remplacement des vieux immeubles dont le caractère historique ou les éléments de façades ne sont pas indispensables à l’harmonie du quartier ou des îlots d’immeubles.

Encourager la construction de nouveaux bâtiments, dont l’architecture s’intègre au quartier, permet d’offrir des logements aux normes actuelles de qualité avec des espaces de vie plus grands.

Les bâtiments sont parfois dotés de murs végétalisés. Les anciennes cours intérieures des îlots ont été remplacées par des espaces verts pouvant être équipés d’abris pour les vélos, de containers à déchets, mais également d’étendoirs à linge.

Armés de ce principe, les architectes danois ont su créer à Vesterbro des blocs d’immeubles harmonieux mêlant des constructions d’architecture très contemporaine avec des bâtiments existants rénovés

• SOURCES Bibliographie/entretiens


www.miljoe.kk.dk/la21

www.areneidf.org
WWW.EUROPEANGREENCITIES.COM/DEM

Munich, une aire compacte, urbaine et verte.

Munich en Allemagne, "une ville durable" :

Le " München Perspektiv " est le schéma de planification de la ville. Il a été adopté en 1998 après plusieurs années de discussion entre les différents partenaires. Son slogan est de garder l’aire urbaine de Munich compacte, urbaine et verte. Ce plan couvre tous les domaines du développement urbain : l’économie, les problèmes sociaux, le transport, l’environnement et l’urbanisme. Le principal objectif est d’éviter l’expansion urbaine non maîtrisée en réutilisant systématiquement les friches urbaines et en promouvant la mixité fonctionnelle (résidentielle, commerciale et services) afin de garder la ville compacte.

CONTEXTE

• Un engagement ancien

Munich a participé en 1994 à la Conférence d’Aalborg. En signant la Charte du même nom, la Ville a adopté ses lignes directrices. Dès l’année suivante, la ville décide de créer son agenda 21.

• Une tradition de coopération

La ville de Munich a depuis longtemps laissé une place importante à la coopération et à l’engagement civique dans ses choix de développement.

Le principe de " négocier au lieu de diriger" traduit bien cette tradition de coopération.


DEMARCHE

• Une approche holistique


Le plan intègre les dimensions économiques, sociales, régionales et écologiques au développement spatial. Les directives du plan concernent l’emploi, la prospérité économique, la coopération dans la région, la compétitivité de l’espace économique, le renforcement du rôle des quartiers, l’utilisation des potentiels d’espaces existants en ville pour créer des structures d’habitat durables, la mobilité pour tous et la maîtrise de la circulation automobile.

Il adopte donc une approche intégrée qui décloisonne les différents domaines du développement urbain.

• Une structure flexible

Le " München Perspektiv " prend en compte cette culture coopérative grâce à sa structure ouverte et flexible.

Au lieu d’accumuler des mesures et des objectifs très détaillés, le plan propose des modèles, des cibles à atteindre et des principes généraux qui doivent être mis en oeuvre dans les projets pilotes.

Des objectifs plus précis sont ensuite concrétisés dans des programmes d’action budgétisés et minutieusement planifiés.

Ces programmes d’action sont en général élaborés avec la participation intensive des différentes chambres professionnelles, des associations, des entreprises et du public, en particulier avec les élus des 25 conseils d’arrondissements. Ils sont adoptés après de longues discussions publiques au sein du conseil municipal.

• Les grandes lignes

Le plan définit sept grandes lignes d’action pour le développement de Munich : la prospérité économique, la coopération régionale, l’apaisement social à travers des politiques sociales au niveau local, l’aménagement des quartiers, le développement du centre prioritairement au développement périphérique, une architecture mêlant tradition et modernité, une mobilité adaptée à la ville. Le " München Perspektiv " a été évalué et révisé deux fois en 2000 et 2005. De nouvelles grandes lignes ont été ajoutées concernant la sécurité, la cohésion sociale, la politique familiale, l’écologie, la culture, les nouveaux médias et le sport. Pour mettre en oeuvre les projets pilotes et les programmes d’action, des groupes de travail incluant les acteurs privés ont été créés.

MONTAGE

• Une myriade de projets

Les résultats de la consultation et de la planification ont été par exemple :

un recueil dont le titre est "Munich, une ville durable" où 60 contributions de différents partenaires et experts exposent la richesse des sujets liés au processus de l’Agenda 21 ;
un accord sur 44 projets conformes aux exigences du développement durable ;
un programme "Eco-profit" auquel participent 27 entreprises avec 13 000 salariés ;
la décision du parlement municipal de financer la construction de la "Maison du Monde" ;
en coopération avec les habitants et la Ville la création de la fondation " Munich durable " ; (Zukunftsfähiges München) qui soutiendra la réalisation des projets conçus dans le cadre de l’Agenda 21 ;
le projet " compas de la durabilité " qui vise à élaborer des indicateurs pour un développement durable de Munich.

• Une action pour les espaces naturels publics

Il faut mentionner par ailleurs l’adoption d’une série de décisions du parlement municipal qui vont dans le sens de la création d’espaces publics, dans la ville. Elles concernent, entre autres, la mise en réseau des espaces verts à l’intérieur de la ville, mais aussi leur liaison avec les corridors verts des environs, la mise en place d’un réseau de biotopes au sein de la ville, la réalisation d’une cartographie des biotopes, le développement d’une ceinture verte qui communique avec les environs, l’aménagement d’une partie des berges de l’Isar, la création d’un parc paysager de 200 ha à l’endroit où se trouvait l’ancien aéroport de Riem, à l’est de Munich, l’aménagement d’espaces paysagers dans la ville, l’enquête sur le besoin en terrains de jeux pour enfants, l’analyse, tous les trois ans, des arbres dans la ville aux rayons infrarouges.

• Une Gestion De L’eau Avant-Gardiste : création d’un " filtre naturel d’épuration de l’eau "

Tout commence il y a plus de quarante ans.

A cette époque, le système d’alimentation en eau de la ville à partir des eaux de la vallée du Mangfall est mis en place. Bien que distante de 40 km, cette vallée, qui assure aujourd’hui 80 % de l’approvisionnement de l’agglomération est choisie pour sa pluviométrie élevée, la capacité filtrante des sols, et surtout pour son altitude, qui permet une adduction gravitaire.

La municipalité procède à l’acquisition des terres agricoles du bassin hydrographique du Mangfall. La plupart des terrains sont ensuite boisés.

L’idée, avant-gardiste pour l’époque, est de créer un filtre naturel épurateur des eaux, lequel est "propriété de la ville " sur 1600 ha. La gestion et l’exploitation de ces boisements est assurée par le service forestier municipal pour le compte du service municipal des eaux. Une stratégie payante puisque - 1200 analyses microbiologiques et 200 tests chimiques mensuels en font foi - les 110 millions de m3 consommés chaque année par les habitants de Münich et ses 20 communes environnantes sont, sans traitement préalable, d’une qualité qui s’apparente à celle d’une eau minérale.

Début des années 90, toutefois, le service des eaux note la très lente (mais constante) augmentation des teneurs en polluants d’origine agricole. Certes, les chiffres sortis des éprouvettes sont loin d’être inquiétants, très loin de tout seuil de dangerosité mais l’alerte est tout de même prise très aux sérieux. Acquérir des terres dans le périmètre des zones de captages pour les boiser est une solution vite écartée compte tenu des tensions sur le foncier.

La ville décide donc d’encourager l’agriculture biologique sur l’ensemble des terres agricoles situées en amont de la vallée du Mangfall. Elle va intervenir très directement, sur tous les maillons de la filière, de la production à la commercialisation, se faisant par ailleurs fort d’assurer des débouchés aux produits biologiques dans ses propres établissements : crèches, cantines...

Par ailleurs des aides sont mises en place pour convertir les agriculteurs. La première année (1993) 23 exploitations contractualisent pour une surface totale de 800 ha. En 1999, ils sont 92 sur environ 2200 ha dont 1600 ha dans la zone proprement dite de conversion et 600 ha à l’extérieur. Il reste 15 derniers agriculteurs qui ne sont pas encore convertis. Pour la municipalité, le coût du programme de soutien à l’agriculture biologique - 0,83 M euros /an (soit 1 centime d’euro par m3 d’eau distribué) - n’est pas excessif dans la mesure où la ville évite de coûteux traitements. A titre de comparaison, le coût de la seule dénitrification est estimé en France à environ 30 centimes d’euros/m3. Le projet est une réussite, la progression de la pollution des eaux s’est arrêtée.


• La redistribution de la plus-value foncière

La ville de Munich a développé un modèle de prélèvement sur la plus-value foncière engendrée par des opérations d’aménagement. Les deux-tiers de l’augmentation du prix du foncier revenant normalement à un aménageur doivent être réinvestis dans l’amélioration des infrastructures et dans le logement social. Cette mesure découle de la loi fédérale sur l’équité sociale, adoptée en 1994. Selon cette loi, une municipalité peut décider de changer le statut d’occupation du sol d’un terrain à faible valeur foncière, comme par exemple un terrain industriel, en un terrain à haute valeur foncière, afin qu’il devienne un terrain destiné à recevoir des bureaux ou un terrain résidentiel, créant ainsi une augmentation artificielle du prix foncier. Un tiers de cette plus-value foncière revient au propriétaire, et le reste est redistribué pour les infrastructures et financement de logements sociaux.

• Le contrôle des projets urbains

Un comité consultatif examine attentivement chaque projet urbain avant la phase de réalisation. Il est constitué d’experts, de politiciens du conseil municipal et du conseil d’arrondissement ainsi que d’aménageurs et de techniciens de la ville qui vérifient que le projet ne s’oppose pas aux grandes orientations d’aménagement choisies pour l’agglomération.

• Un lieu d’interface : le bureau d’information sur l’aménagement urbain

Un bureau d’information sur l’aménagement urbain, " PlanTreff ", offre une interface entre les différents acteurs de l’aménagement. Il organise des manifestations, des expositions, des visites guidées pour le public intéressé, les comités de quartiers, les architectes, les universitaires, les médias... Il présente aussi des projets venant d’autres pays européens pour susciter le débat sur la manière de faire de l’aménagement urbain durable. Des cours et des concours sont organisés spécialement pour impliquer les jeunes générations sur la question de la ville durable.

EVALUATION

• Une gestion globale et évolutive du durable

Malgré la complexité de la tâche qu’elle s’était imposée, la ville de Munich a su développer une dynamique complète et évolutive de la gestion de son territoire créer grâce, notamment, à la participation de très nombreux acteurs. La municipalité a su être conciliante et attentive lors des phases d’élaboration, mais aussi ferme et entrepreneuse lors de la mise en place des projets.

Résultat : un espace réfléchi, maîtrisé, et en constante amélioration.

25/04/2009

Quartier Vauban : en résumé

L'écoquartier Vauban de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne : en chiffres et en résumé
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TYPE DE QUARTIER

Site : Situé en périphérie de Fribourg (263 000 habitants), à moins de 3 km du centre ville, le quartier Vauban s ‘étend sur 38 ha ou se trouvaient d’anciennes casernes de l’armée française, quittées par celles-ci en 1992.

AVANCEMENT DU PROJET


Début des travaux en 1994, fin en 2006.

LES ACTEURS

- Maîtrise d’Ouvrage publique : ville de Fribourg
Maîtrise d’Ouvrage construction : agence Stuttart Kohlhoff et Kohlhoff

EMPRISE AU SOL


Superficie de l’opération : 38 ha

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FORMES URBAINES

Hauteurs : 4 étages au maximum
Typologie : cité jardin

PROGRAMME


Nombre de logements : 200 dits alternatifs, 600 étudiants et 2 000 individuels et collectifs à terme = 5 500 habitants pour 2 000 logements

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ANALYSE
CONTEXTE


Début des années 1970 : mise en route d’une politique de transport écologique assortie d’un plan de déplacement : promotion des transports publics et mode de transport non motorisés, extension du réseau du tramway et cyclables.
Milieu des années 1980 , naissance du concept de planification énergétique insistant sur les énergies renouvelables et les économies d’énergie.
1989 : décision de classer les rues principales de Fribourg en zone 30 km/h
1996 : plan global de protection du climat adopté par le conseil municipal avec pour objectif de réduire de 25% les émissions de CO2 d’ici 2010.

Objectif :

Réaliser une cité jardin qui propose une synthèse entre la ville et la campagne
1997 : la viabilisation démarre
1998 : les premières constructions (450) sont livrées
1999 : la 2ème tranche démarre, elle concerne 86 parcelles d’une surface de 160 à 620 m2 destinées à la construction de maisons en bande, maisons jumelées et petits collectifs de 4 étages.

GOUVERNANCE ET PILOTAGE DU PROJET DE QUARTIER


Outils de management du projet (volonté politique, objectifs politiques)

Mixité des emplois, des habitations et des couches sociales
Création de 600 emplois regroupés pour la plupart sur les 6 ha destinées aux activités industrielles et artisanales.

Coproduction locale avec les habitants :

Association « Forum Vauban » au double objectif :
permettre à la population de participer au processus d’aménagement et de construction
coordonner cette participation

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DEVELOPPEMENT SOCIAL ET ECONOMIQUE DE L’UNITE DE VIE LOCALE

Outils de management du projet (volonté politique, objectifs politiques)

Respect du principe de mixité sociale
En 1995 la ville initie le processus de participation citoyenne et reconnaît l’association Forum Vauban, outil de participation qui est consulté dès le démarrage de la planification du quartier.

Démocratie locale

Une maison de quartier
Aménagement urbain dans le respect des personnes handicapées
Centre d’information « Forum Vauban »
Eglise, commerces le long du boulevard principal, marché de petits producteurs
Formation des enfants à la culture écologique.

Organisation de la mixité culturelle et générationnelle


Maison de quartier et centre socioculturel accueillant les associations locales : Burgerhaus 037 (ancienne baraque)
Les anciennes baraques rénovées sont occupées par le collectif SUSI (soit une partie des individus ayant occupé illégalement les casernes dès leur libération et qui sont à présent régularisés).
Forte participation citoyenne par la constitution de baugruppen (groupes désireux de construire leur logements et d’organiser la vie dans leur îlot).
Ecole élémentaire, jardins d’enfants.

PERFORMANCE DANS L’ENVIRONNEMENT DU QUARTIER

Energie, Eau et Déchet + Paysage et Biodiversité
Ambiances et formes urbaines

Le quartier Vauban est l’un des plus grands quartiers solaires d’Europe.

Les sols des terrains ont été dépollués Maîtrise énergétique, puisque la référence de consommation sera le label habitat à basse énergie (65KM/m2/an)
Préservation des biotopes du terrain (bord du ruisseau qui traverse le site)
Priorité accordée aux piétons, cyclistes et transports en commun
Utilisation rationnelle de l’énergie (réseau de chaleur de proximité sur la base d’une centrale de cogénération)
Préservation des arbres centenaires, jardins privatifs non clôturés d’où l’impression d’espace ouvert
Exploiter les eaux de pluie (lavage du linge, arrosage des jardins chasse d’eau des toilettes de l’école élémentaire)
La toiture des petits immeubles accueille 2 500 m2 de panneaux voltaïques raccordés au réseau national de distribution électrique qui rachète les KWh excédentaires et des panneaux solaires sont installés sur l’un des garages à silos du quartier

Objectifs de conception architecturale et urbaine (évolution, adaptabilité, réversibilité)

Découpage du terrain en petites parcelles
Recherche de la diversité architecturale selon des pratiques anciennes revisitées (mitoyenneté des maisons)
1 place de parking au maximum par logement
Personnalisation des logements par la couleur, fortement appréciée par les habitants.

QUALITE ARCHITECTURALE ET URBAINE

Diversité fonctionnelle, formelle et spatiale


1ère livraison : maisons en bandes et collectifs + commerces et 4 bâtiments rénovés de l’ancienne caserne.
11 des anciennes baraques ont été conservées et rénovées, elles occupent une superficie de 4ha. 4 d’entre elles sont affectées à 200 log alternatifs formant le collectif SUSI.

Accessibilité géographique, physique et sociale aux logements, emploi, équipements et services

Sécurité et risque, sûreté et santé.

Le piéton et le cycliste sont rois, tout le quartier et un grand nombre de larges ruelles leur sont réservés, les vélos sont tous équipés d’une remorque pour le transport.

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SOURCES


http://alliance21.org/fr/themes/territ/terr01.htm/
http://www.vauban.de
http://www.forum-vauban.de
http://www.susi-projet.de
http://www.genova-freiburg.de

Le programme "Home Energy Strategy"

Eco-réhabilitation à Leicester en Angleterre :
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Le programme " Home Energy Strategy " se focalise sur la réhabilitation énergétique des bâtiments existants en mettant en place des mesures réglementaires, incitatives et de sensibilisation.

CONTEXTE

• Pourquoi parler d’éco-réhabilitation ?

Parce que le quartier durable se fait à partir du quartier d’aujourd’hui. Ce n’est en effet qu’avec une action efficace et systématique sur le tissu urbain existant que la ville durable pourra se mettre en place. La priorité est de réduire la consommation énergétique des logements, qui représentent, selon l’Agence Internationale de l’Energie, plus du tiers de la consommation d’énergie dans le monde. L’amélioration de l’efficacité énergétique doit permettre de résoudre ce problème. Il existe beaucoup de solutions techniques pour améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment. La question n’est donc pas comment améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment, mais plutôt, comment inciter les propriétaires à réaliser les travaux et comment les aider à financer ces travaux?

• Le durcissement progressif de la réglementation nationale


En 1965, la " Building Regulations " introduit pour la première fois des objectifs énergétiques dans les constructions nouvelles.

Cette limite est fixée par la " u-value " qui mesure le total des pertes de chaleur par mètre carré pour chaque degrés Celsius de différence entre l’intérieur et l’extérieur.

En 2003, l’" Energy White Paper " formule des orientations pour une meilleure efficacité énergétique dans la construction des bâtiments. Et en 2006, la réglementation sur l’efficacité énergétique est renforcée. La "u-value " est remplacée par la " Dwelling Carbon Dioxide Emission Rate " (DER), qui mesure la quantité d’émissions de dioxyde de carbone par m2 de surface bâtie. Cet indice prend aussi en compte l’étanchéité à l’air d’un bâtiment, l’efficacité du système de chauffage et l’utilisation d’autres sources d’énergie. Pour la première fois, il devient obligatoire d’améliorer l’efficacité énergétique d’un bâtiment existant lors de travaux d’extensions ou de rénovations. Depuis août 2007, il est devenu obligatoire, conformément à la Directive Européenne, d’obtenir un d’un " certificat de performance énergétique " pour pouvoir vendre son logement.

En 1995, la loi HECA " Home Energy Conservation Act " oblige les autorités locales à promouvoir l’amélioration de la performance énergétique des logements sur leur territoire.

• Leicester, une ville leader


Leicester est engagée depuis longtemps dans le domaine de la maîtrise de l’énergie. En 1983, la ville a créé le " Leicester Ecology Trust " qui incite les instances européennes à financer un programme d’action sur dix ans portant sur la réhabilitation écologique du tissu urbain. La municipalité lance en 1991 une action globale de réhabilitation environnementale de la ville.

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DEMARCHE

• Le partenariat et des organismes pour multiplier les actions


1. Le " Groundwork Leicester & Leicestershire " est aujourd’hui l’association d’intérêt public la plus importante dans le domaine de l’environnement en Grande-Bretagne. Elle fournit des informations, des conseils et des aides techniques aux particuliers et aux organisations décidés à s’engager vers un future plus durable. Cette Agence de l’Energie de Leicester est chargée de promouvoir la maîtrise de la consommation énergétique auprès du grand public et des petites et moyennes entreprises.

2. Le Centre de l’Efficacité Energétique ouvert depuis 1998 est l’un des 43 centres britanniques soutenu par le "Energy Saving Trust" pour promouvoir la campagne nationale "Energy Efficiency Campaign" destinée à impliquer le public et à le sensibiliser aux questions d’efficacité énergétique.

Tous ces organismes aident la municipalité à mettre en place le programme "Home Energy Strategy".

• La démarche " Home Energy Strategy "

Le nombre de constructions nouvelles sur le territoire urbain est très limité. Par conséquent, la Ville a comme objectif prioritaire la réhabilitation du bâti existant. Cependant, la réhabilitation des immeubles par leurs propriétaires est ardu du fait de la situation économique difficile. Afin de réduire la consommation totale d’énergie de la ville (30% provient du secteur de logements privés), la Ville a défini le programme "Home Energy Strategy" qui vise à aider et inciter les propriétaires à réhabiliter leur logement.

MONTAGE

• Des mesures obligatoires

Différentes mesures ont été prises dans le cadre du programme " Home Energy Strategy ". En ce qui concerne les constructions nouvelles, les standards énergétiques doivent atteindre 9,5 sur l’échelle du " National Home Energy Rating Scheme " (NHER). Le NHER est le système national de classement énergétique dans l’habitat, qui va de 0 (mauvaise qualité), à 10 (très bonne qualité), la moyenne britannique se situant entre 4 et 5. De plus, quand la municipalité loue des logements, les lieux doivent être réhabilités. Malheureusement, ces mesures sont limitées à cause des contraintes budgétaires de la Ville. Si la Ville vend des terrains pour construire de nouvelles maisons, elle impose comme condition de vente, un standard NHER de 8 au minimum.

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• Des mesures incitatives

Dans le secteur des logements privés, la municipalité a développé une stratégie globale d’action pour informer et motiver cinq groupes cibles : les habitants, les artisans du bâtiment et de l’électricité, d’autres services de l’administration, les compagnies d’électricité, les banques et les sociétés de construction.

Cela permet de donner de la cohérence à l’ensemble du secteur.

En partenariat avec l’Agence de l’Energie, la municipalité a développé un service à destination des propriétaires afin de les inciter à investir pour réaliser des économies d’énergie. L’opération vise à développer un marché pour des technologies et services économes en énergie. Pour cela, les entreprises productrices de matériaux et d’équipements, ainsi que les installateurs et les vendeurs, sont invités à devenir gratuitement partenaires du l’opération.

Chez ces partenaires, les clients obtiennent une réduction sur présentation d’une carte. Les membres peuvent aussi demander gratuitement un bilan énergétique de leur logement pour calculer le meilleur moyen de faire des économies d’énergie et identifier les subventions dont ils peuvent bénéficier.

• Des mesures de sensibilisation

En 2000, le "Groundwork Leicester & Leicestershire", a développé avec le soutien du Conseil Municipal un modèle de maison écologique en rénovant une maison individuelle des années 1930. La maison écologique constitue une exposition permanente pour montrer comment réduire les dépenses énergétiques.

Des campagnes thèmatiques sont régulièrement organisées pour informer les gens des problèmes d’environnement qui les affectent directement et les encourager à une action simple et pratique pour améliorer leur qualité de vie et l’environnement.

Chaque campagne fait appel à des media locaux et régionaux pour diffuser largement son message. Des offres promotionnelles ou des subventions sont mises en place pour réduire la barrière des coûts et favoriser des actions simples et concrètes.

Pendant la campagne sur l’énergie, on pouvait ainsi acheter des panneaux réfléchissant la chaleur des radiateurs à prix coûtant et 30 000 ont été vendus. Les bénéfices individuels apportés par une participation à l’action, ainsi que les bénéfices pour l’environnement, sont mis en évidence pour motiver le public.

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EVALUATION

• L’importance de la communication

La ville de Leicester a bien compris l’importance de l’information et de la sensibilisation du public. Plusieurs organisations spécialisées dans ce domaine travaillent de façon coordonnée en partenariat avec le Conseil Municipal et des entreprises privées. Elles donnent en permanence des conseils pratiques adaptés aux besoins des particuliers et des formations à l’utilisation de technologies énergétiques.

SOURCES :


La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
http://www.energie-cites.org/
http://www.oecd.org
Damien Petit, stagiaire MAD (DGUHC)

Un projet de quartier durable situé sur la péninsule de Greenwich dans la banlieue est de Londres.

Greenwich Millennium Village à Londres en Angleterre :
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Le « Greenwich Millennium Village » est un projet de quartier durable situé sur la péninsule de Greenwich dans la banlieue est de Londres. Le projet se déroule en deux phases : une première phase, déjà achevée, de 1999 à 2006 où 1100 logements ont été construits et une deuxième phase de 2007 à 2014 durant laquelle 1650 logements supplémentaires doivent être construits.

CONTEXTE

• Le programme “Millennium Communities”

Ce programme a été lancé par l’agence nationale de rénovation urbaine, « English Partnerships », et par le ministère des collectivités et du gouvernement local afin de créer sept quartiers durables exemplaires au Royaume-Uni.
Le programme “Millennium Communities” se donne l’objectif de montrer comment des communautés durables peuvent être construites au XXIème siècle afin de donner de l’inspiration aux industriels du bâtiment et aux acheteurs.

• La reconversion de la péninsule de Greenwich

Le site de la péninsule de Greenwich, ancienne zone industrielle, fait l’objet d’une opération de reconversion de grande ampleur (121ha). Il s’agit de créer à l’est de Londres un nouveau quartier multifonctionnel comptant à terme 10 000 habitants. La construction proche du Dôme du millénaire, le plus grand du monde, a joué un rôle moteur dans cette opération. La péninsule est desservie par la ligne de métro Jubilee, récemment prolongée. L’originalité du projet est d’organiser un développement reposant sur le concept de développement durable, en utilisant des techniques d’aménagement et de construction d’avant-garde. C’est dans ce cadre que le quartier « Greenwich Millennium Village » a vu le jour.

DEMARCHE

• Un concours international

En juillet 1997, le vice-premier ministre, John Prescott lance un concours international pour trouver un aménageur capable de créer un quartier exemplaire en matière de développement durable. En février 1998, le vainqueur du concours est sélectionné. Le quartier va être aménagé par « Greenwich Millennium Village Limited », un consortium comprenant « Countryside Properties PLC », une société privée d’aménagement, et « Taylor Woodrow Developments Limited », un promoteur privé.

• Un quartier vitrine

Le « Greenwich Millennium Village » se veut un quartier vitrine des nouvelles techniques de construction plus durables. Les objectifs d’innovation technique fixés pour la première phase sont élevés : réduire la consommation d’énergie primaire de 80%, l’énergie utilisée pour la construction de 50%, la consommation d’eau de 30%, le prix de la construction de 30% et la durée des travaux de 25%. Les objectifs de la deuxième phase de 2007 à 2014 sont encore plus ambitieux.

MONTAGE

• L’application des labels environnementaux

Le projet met en application la « BREEAM Rating » (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) pour évaluer la qualité environnementale d’un bâtiment. C’est la méthode de labellisation la plus largement reconnue au niveau international. Elle a été initiée en 1990 par l’organisme principal de recherche dans la construction au Royaume-Uni, le BRE. L’évaluation est basée sur des cotations attribuées selon un ensemble de critères de performance. Les neufs critères principaux sont : la gestion, santé et confort, énergie, transport, consommation d’eau, matériaux, utilisation du sol, écologie du site et pollution. Le contenu de la méthode est mis à jour tous les ans pour s’assurer de la prise en compte des meilleures pratiques en vigueur et tenir compte des évolutions techniques et législatives.

• Un plan d’aménagement à taille humaine

Le plan d’ensemble du quartier est organisé autour d’un parc écologique. Le principe du square londonien est réintroduit afin de rendre l’espace public à taille humaine, vivant et convivial. Le parc écologique couvre 50 hectares. Il est constitué d’une dizaine de milliers d’arbres et d’arbustes. Un lac est relié à des étangs avec des roseaux et des îles pour attirer les oiseaux. La gestion de ce parc est assurée par English Partnerships. Le village promeut les modes de transport durable comme la marche à pied et le vélo. Une ligne de bus relie le quartier à la nouvelle station de métro situé dans le nord de Greenwich. Un important réseau de cheminements piétons et cyclables a été aménagé pour inciter les habitants à se déplacer à pied ou à vélo. De même, des stationnements pour vélo ont été installés un peu partout dans le quartier.

• L’efficacité énergétique des bâtiments

Tous les logements ont des équipements peu consommateurs d’eau et d’énergie. Le plan d’ensemble du quartier et l’orientation des immeubles ont été conçus pour maximiser les gains d’énergie solaire. La chaleur et l’électricité dont le quartier à besoin est produite directement sur le site grâce à des petites centrales combinées chaleur et électricité au gaz. Ces centrales ont l’avantage de produire une source d’énergie peu chère et peu polluante. Enfin tous les logements ont une isolation thermique de qualité.

EVALUATION

• Des résultats prometteurs

Les résultats de la phase initiale sont prometteurs. La consommation d’énergie primaire a été réduite de 65% (amélioration des standards d’isolation, utilisation combinée de la chaleur et de l’électricité), la consommation de l’énergie utilisée pour la construction de 25% (sélection de matériaux recensés par le « BRE green guide », utilisation de produit recyclés), la consommation d’eau de 25%. Enfin, le prix des constructions a été diminué de 20% grâce à une valorisation de l’ingénierie, à une coopération avec les fournisseurs et à une standardisation des procédés de construction.

• Mettre en marche le secteur privé

Derrière les performances techniques, ce qui est intéressant, c’est la volonté de l’Etat de mettre en marche le secteur du développement durable en stimulant le secteur privé. Des partenariats sur le long terme ont été arrangés avec les industriels de la construction. Ils sont ainsi encouragés à investir dans la recherche et l’innovation sur le développement durable.

SOURCES :

La ville durable en Europe, DGUHC/PA4
Damien Petit, stagiaire MAD (DGUHC)